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Le vœu de Juncker n'est pas exaucé: Où sont les femmes ?
International 02.08.2014

Le vœu de Juncker n'est pas exaucé: Où sont les femmes ?

Avec une représentativité des femmes qui pourrait chuter à 17% au sein de la prochaine Commission, M. Juncker risque fort de se voir retoquer son équipe par le Parlement.

L'échéance du 31 juillet avait été donnée aux gouvernements pour qu'ils annoncent leur candidat pour le poste de commissaire.

Vingt-deux ont rendu public leur choix. Des candidatures connues, seules quatre sont des femmes : Cecilia Malmström (Suède) qui rempile ; Vera Jourova (République tchèque) ; Alenka Bratusek (Slovénie) ; Federica Mogherini (Italie).

Jean-Claude Juncker s'attend à ce que les capitales proposent un maximum de cinq candidats de sexe féminin, un chiffre toutefois nettement en deçà de la précédente Commission (neuf femmes) et bien inférieur à l'engagement formulé pendant sa campagne de s'entourer de 40% de commissaires de sexe féminin : il faudrait alors au moins onze femmes ; on est loin du compte et ce n'est pas faute d'avoir promis un portefeuille important aux Etats membres qui proposeraient des femmes au poste de commissaire.

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, qui rempile pour un second mandat, s'en tient au chiffre de la Commission sortante : avec moins de neuf femmes dans ses rangs, la Commission n'obtiendra pas la majorité requise pour être investie lors d'un vote prévu en octobre. A l'automne 2012, la nomination d'Yves Mersch au directoire de la BCE avait été bloquée pour cette même raison de non-respect de la parité.

« Monsieur Juncker a clairement dit à maintes reprises qu'une Commission composée de seulement deux ou trois femmes ne serait ni légitime, ni crédible, et il n'acceptera pas cela », a confié la porte-parole du futur président de la Commission, Natasha Bertaud.

Tous les présidents de Commission ont été des hommes, sans exception, de Walter Hallstein en 1958 à Jean-Claude Juncker cette année. Les premières femmes ont fait leur apparition à la Commission en 1989 et c'est sous les deux mandats Barroso qu'elles ont représenté en moyenne un tiers de l'équipe.

Mais contrairement au Parlement européen, où leur représentativité a systématiquement été croissante, à la Commission cette progression est davantage en dent de scie.

Dominique Nauroy