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Le ton monte entre Londres et Bruxelles
International 4 min. 07.09.2020

Le ton monte entre Londres et Bruxelles

Londres pourrait remettre en cause certains de ses engagements passés. Une approche qui a suscité pas mal de réactions du côté de l'UE.

Le ton monte entre Londres et Bruxelles

Londres pourrait remettre en cause certains de ses engagements passés. Une approche qui a suscité pas mal de réactions du côté de l'UE.
Photo: AFP
International 4 min. 07.09.2020

Le ton monte entre Londres et Bruxelles

Il règne une certaine tension entre le Royaume-Uni et l'Union européenne à la veille de la reprise de négociations sur leur relation post-Brexit. Boris Johnson menace de claquer la porte mi-octobre et il pourrait, selon le Financial Times, revenir sur certains engagements passés.

(AFP) - A l'approche de la fin de la période de transition pendant laquelle les règles européennes s'appliquent sur le sol britannique, fin décembre, le chef du gouvernement conservateur britannique a répété que le Royaume-Uni ne transigerait pas sur son indépendance pour arriver à un accord de libre-échange. «L'UE a été très claire au sujet du calendrier. Moi aussi. Il doit y avoir un accord avec nos amis européens d'ici au Conseil européen le 15 octobre pour qu'il entre en vigueur d'ici à la fin de l'année», a souligné Boris Johnson.

Bruxelles avait déjà évoqué la nécessité d'un accord d'ici à fin octobre pour permettre une ratification européenne dans les temps. Si ce n'est pas le cas, Londres se retirera des négociations, a averti Boris Johnson, et «acceptera» ce résultat, redouté des milieux d'affaires pour ses potentielles conséquences économiques désastreuses en cette période déjà difficile en raison de la pandémie de coronavirus.


(FILES) In this file photograph taken on January 29, 2020, British members of the European Parliament from the Group of the Progressive Alliance of Socialists and Democrats pose for a group photograph wearing scarves depicting the European Union and the Union Jack flags at The Europa Building in Brussels. - British and European Union officials on April 15, 2020, have agreed to schedule three new rounds of post-Brexit trade talks, starting next week, after the coronavirus epidemic disrupted their negotiating timetable.  A joint statement following a call between EU negotiator Michel Barnier and UK counterpart David Frost made no mention of postponing the end of Britain's transition out of the bloc beyond December 31. (Photo by JOHN THYS / AFP)
Pas d'accord sur le Brexit avant fin juillet
David Frost a déploré ce jeudi qu'aucun accord ne puisse être trouvé avant le 31 juillet comme l'avait espéré le Premier ministre britannique Boris Johnson.

Signe des inquiétudes croissantes des investisseurs, la livre sterling s'est nettement orientée à la baisse lundi sur les marchés financiers. L'ambiance déjà orageuse s'est encore tendue avec des informations du Financial Times. Selon le quotidien économique, le gouvernement britannique va présenter un texte de loi mercredi qui «éliminerait» la portée juridique de certaines parties de l'accord encadrant la sortie de l'UE le 31 janvier dernier, dont les règlementations douanières en Irlande du Nord.

Les dispositions en question prévoient le maintien de certaines règles de l'UE dans la province britannique afin de garantir l'absence de frontière physique et éviter la résurgence de tensions dans cette région, ensanglantée par trois décennies de «Troubles». Une porte-parole du gouvernement britannique a déclaré que celui-ci travaillait à «protéger la place de l'Irlande du Nord dans notre Royaume-Uni».

 L'intégrité du marché unique est en jeu

«Tout ce qui a été signé dans le passé doit être respecté. C'est le gage de la confiance pour l'avenir», a rappelé lundi le négociateur européen post-Brexit, Michel Barnier, sur France Inter. De son côté, le ministre des Affaires étrangères irlandais, Simon Coveney, a jugé qu'un tel projet de loi serait une «manière très imprudente de procéder».

Des propos qui ont été confirmés par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Cette dernière a averti que le Royaume-Uni était tenu «en vertu du droit international» de respecter l'accord de retrait de l'UE signé avec Bruxelles. «Je fais confiance au gouvernement britannique pour mettre en oeuvre l'accord de retrait, une obligation en vertu du droit international et une condition préalable à tout futur partenariat», a-t-elle tweeté.

Selon le Financial Times, le gouvernement britannique envisage une nouvelle législation qui menacerait les compromis trouvés sur le statut de l'Irlande du Nord dans les relations commerciales avec l'UE. Afin de sauvegarder les accords de paix, le protocole irlandais vise à éviter le retour d'une frontière physique sur l'île d'Irlande à la fin de la période transitoire post-Brexit en décembre, durant laquelle le Royaume-Uni reste soumis aux règles européennes.

Il prévoit que l'Irlande du Nord, province britannique, fasse partie du territoire douanier du Royaume-Uni. Mais si des marchandises y transitent avant d'entrer dans l'UE, les autorités britanniques devront alors appliquer les droits de douanes et respecter la réglementation de l'UE en la matière.


ARCHIV - 29.01.2016, Belgien, Brüssel: Eine Flagge Großbritanniens weht vor dem Gebäuder der Europäischen Kommission. (zu dpa: «Politik und Wirtschaft wollen Klarheit für Zeit nach Brexit») Foto: Laurent Dubrule/EPA/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Londres et l'UE lancent une négociation marathon
Britanniques et Européens affichent un optimisme prudent au moment d'entamer ce lundi cinq semaines d'intenses discussions, destinées à progresser enfin sur la relation post-Brexit et éviter un «no deal» catastrophique en fin d'année.

«Le protocole sur l'Irlande/Irlande du Nord est essentiel pour protéger la paix et la stabilité sur l'île et l'intégrité du marché unique», a insisté lundi Ursula von der Leyen. L'article du Financial Times a suscité des critiques à Bruxelles. «Si le Royaume-Uni choisissait de ne pas respecter ses obligations internationales, cela saperait sa position internationale», a estimé un diplomate européen. «Qui voudrait conclure des accords commerciaux avec un pays qui n'applique pas les traités internationaux? Ce serait une stratégie désespérée et, en fin de compte, vouée à l'échec», a-t-il ajouté.

Un autre a regretté qu'il n'y ait «eu absolument aucun mouvement côté britannique dans les négociations». «Si cette approche ne change pas rapidement, nous serons sur la voie du ''no-deal'' avec toutes ses conséquences économiques négatives», a-t-il averti.


La pêche s'invite au cœur des négociations post-Brexit
Michel Barnier a averti mercredi qu'un accord commercial avec le Royaume-Uni ne serait possible qu'à condition qu'un compromis sur la pêche soit trouvé. Il accuse Londres d'utiliser ce sujet comme «monnaie d'échange» dans les négociations.

Le Royaume-Uni a formellement quitté l'UE le 31 janvier, près de quatre ans après un référendum historique marquant la fin de presque 50 ans d'appartenance à l'Union européenne. Mais il reste régi par la réglementation européenne jusqu'à la fin de l'année, tandis que les deux parties tentent de conclure un accord de libre-échange. 

Les négociations butent notamment sur la pêche et les conditions de concurrence équitable. Elles doivent reprendre mardi à Londres, sans que les rencontres précédentes n'aient permis de réel progrès.

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