Changer d'édition

Le temps se gâte pour Paul Magnette
International 3 min. 02.12.2019

Le temps se gâte pour Paul Magnette

Paul Magnette a jusqu'au 9 décembre pour mener à bien la tâche qui lui a été confiée

Le temps se gâte pour Paul Magnette

Paul Magnette a jusqu'au 9 décembre pour mener à bien la tâche qui lui a été confiée
Photo: AFP
International 3 min. 02.12.2019

Le temps se gâte pour Paul Magnette

Une partie de la droite flamande demande que la mission d’information royale soit remise entre les mains du nationaliste Bart De Wever

De notre correspondant Max Hellef (Bruxelles) - Le temps se gâte pour Paul Magnette et son «arc-en-ciel», cette coalition unissant les socialistes, les libéraux et les écologistes qu’il aimerait voir demain gouverner la Belgique. A peine avait-il été confirmé une seconde fois dans sa mission d’informateur royal que les critiques se sont multipliées, singulièrement au nord du pays.

La charge a commencé avec une sortie dans la presse de Pieter Timmermans, l’administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). En résumé, le «patron des patrons» rappelle à Paul Magnette que toute politique, aussi généreuse soit-elle, implique un financement durable. Il demande au socialiste de presser le pas: «Je ne me prononce pas (sur la future coalition). Je dis qu’il est temps de revenir à la réalité, et de rédiger un accord de gouvernement circonstancié (…) Je soutiens qu’il faut aller vite, sans cela nous subirons sous peu un triple black-out : économique et social, écologique, politique et démocratique.»


La conciliation lancée par Paul Magnette se heurte notamment aux libéraux flamands.
Des bémols à l'optimisme de Paul Magnette
L’informateur belge présente un nouveau rapport au roi, ce lundi. Sa capacité à former un gouvernement « arc-en-ciel » reste toutefois à démontrer.

L’avertissement patronal a été suivi par la montée au créneau de plusieurs hommes politiques flamands. Ceux-ci souhaitent que la mission Magnette soit interrompue. Or, Paul Magnette a logiquement jusqu’au 9 décembre pour mener à bien la tâche qui lui a été confiée.

Ainsi, pour le chrétien-démocrate flamand Pieter De Crem, certaines propositions avancées par Paul Magnette sont impossibles à digérer.

Le chapitre social fait peur à la droite flamande. Pour les chrétiens-démocrates du CD&V, un retour sur l’âge de la pension (reportée à 67 ans par le gouvernement Michel dès 2030) ou l’octroi d’une indemnité aux travailleurs du privé démissionnaires sont inacceptables. «Quand ces mesures seront répercutées en Flandre, je pense qu’on sera arrivé au bout du rouleau», estime De Crem. Son collègue de parti, l’actuel ministre de la Justice Koen Geens, appelle pour sa part la N-VA et le PS à essayer à nouveau de s’entendre, ce qui annihilerait de facto une coalition de centre-gauche – «l’arc-en-ciel».


Minister-President of Belgium's French-speaking Walloon Region Paul Magnette delivers a speech during a debate about the EU-Canada Comprehensive Economic Trade Agreement (CETA) at the plenary session of the Walloon Parliament in Namur, on October 28, 2016.
Belgium announced a breakthrough on October 27, 2016 to save a landmark EU-Canada free trade deal, winning over domestic holdouts who threatened to torpedo the agreement and further damage Europe's international credibility. But news of the intra-Belgian agreement came too late for EU leaders and Canadian Prime Minister Justin Trudeau to sign as planned -- while Canada's Trade Minister Chrystia Freeland cautioned there was more work ahead. / AFP PHOTO / JOHN THYS
Mission prolongée pour Paul Magnette
Le président des socialistes belges se dit à nouveau optimiste quant à ses chances de mener à bien son travail en vue de la formation du prochain gouvernement. Le roi attend ses propositions pour le 25 novembre désormais.

Plus largement, des voix s’élèvent en Flandre pour demander que Bart De Wever reprenne le flambeau et tente à son tour de rassembler le PS et la N-VA dans un même gouvernement, en dépit des échecs constatés ces derniers mois. A défaut de réussir, la voie serait clairement tracée pour de nouvelles élections. Sans autre garantie de former toutefois un gouvernement...

Paul Magnette ne désespère pas pour autant. Au cours de la semaine écoulée, il a transmis aux dix partis qui participent à ses discussions de nouvelles propositions davantage acceptables par la droite. L’un de ses objectifs est d’emporter l’assentiment des libéraux flamands de l’Open-VLD, mathématiquement nécessaires à la formation d’un gouvernement arc-en-ciel. Mais ceux-ci sont divisés en deux camps: ceux qui craignent «l’aventure» proposée par Paul Magnette et ceux qui estiment qu’il faut oser se «déscotcher» de la N-VA. A la tête de ces derniers, on trouve la présidente du parti, Gwendolyn Rutten, pressentie pour devenir Première ministre.

Quant au nouveau leader du Mouvement réformateur (libéral francophone) Georges-Louis Bouchez, il se dit disposé à travailler avec la N-VA sur le socio-économique. Par contre, si le parti de Bart De Wever entend faire du communautaire – sous-entendu prôner une autonomie élargie pour la Flandre au détriment de la cohésion du pays -  «ce ne sera alors sans le Mouvement réformateur», a-t-il prévenu.   


Sur le même sujet

Les couleurs de l'arc-en-ciel se profilent en Belgique
Des indiscrétions trahissent le cap pris par l’informateur Paul Magnette, à rebrousse-poil de la politique défendue par la N-VA. Il serait même question de diminuer l'avantage lié à la voiture de fonction, si elle est à moteur thermique.
Paul Magnette a visiblement pris une orientation plus sociale afin de rassembler autour d'un programme de gouvernement.
La mission de Paul Magnette prolongée de deux semaines
En Belgique, l’informateur royal fera un nouveau rapport au roi Philippe le 9 décembre. C'est ce qui est ressorti d’un entretien ce lundi entre le chef de l’État et le chargé de mission. «Il est maintenant plus que temps de réussir», déclare ce dernier.
Prolongé dans sa mission d'informateur royal jusqu'au 9 décembre, le socialiste Paul Magnette constate que les «partis se comprennent beaucoup mieux.»
En Belgique, le Roi déplace le curseur vers la gauche
Une des grandes figures de la gauche en Belgique, le socialiste Paul Magnette, a été chargé mardi par le roi Philippe d'explorer les possibilités de formation d'une nouvelle coalition, dans un pays sans gouvernement de plein exercice depuis décembre 2018.
Le socialiste francophone Paul Magnette, bourgmestre de Charleroi, a accepté cette mission  d'informateur et fera rapport au Roi le 18 novembre
La Belgique sur un air de sirtaki
Le scénario d'un exécutif «à la grecque» associant les socialistes francophones aux nationalistes flamands s'écrit lentement, mais peut-être sûrement.