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Le télétravail, moins vert qu'il n'y paraît?
International 3 min. 07.08.2022
Etude

Le télétravail, moins vert qu'il n'y paraît?

Certains éléments, comme l'augmentation de la consommation d'énergie à domicile, viennent contrecarrer les effets bénéfiques du télétravail.
Etude

Le télétravail, moins vert qu'il n'y paraît?

Certains éléments, comme l'augmentation de la consommation d'énergie à domicile, viennent contrecarrer les effets bénéfiques du télétravail.
Photo: Shutterstock
International 3 min. 07.08.2022
Etude

Le télétravail, moins vert qu'il n'y paraît?

Mélodie MOUZON
Mélodie MOUZON
Selon une étude européenne, le travail à domicile, même s'il contribue à réduire le nombre de déplacements, n'aurait pas que des impacts positifs sur l'environnement.

Le télétravail serait-il plus néfaste pour l'environnement qu'on pourrait le penser? Cette question, des chercheurs l’ont posée et ils en tirent le constat suivant: le travail à domicile n'a pas forcément un impact positif sur le climat.


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Mais l'étude publiée par Eurofound, la fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail, relève aussi des aspects plus négatifs au télétravail.

Des distances allongées?

L'étude indique ainsi que les emplois «télétravaillables» ont tendance à être concentrés dans les villes et les grands centres urbains plutôt qu'à la campagne. Mais avec les loyers élevés, les prix de l'immobilier qui ne cessent de grimper et le coût de la vie également plus cher en ville, les employés sont de plus en plus nombreux à envisager de s'éloigner du bureau pour s'installer à la campagne. 

Ainsi, le télétravail, au lieu de réduire le nombre de trajets domicile-travail, pourrait allonger les distances à long terme et augmenter dans certains cas les émissions de CO2. «La possibilité de bénéficier du télétravail et d'éviter de faire la navette certains jours pourrait inciter les travailleurs à accepter un trajet plus long les jours de la semaine où ils se rendent au bureau», souligne l'étude. 

Dans la région de Dublin, 8% des personnes interrogées dans le cadre de l'enquête nationale sur le travail à distance ont déménagé plus loin dans le pays suite à la crise sanitaire. Et 24% ont déjà envisagé de le faire.  

Plus d'énergie consommée à domicile

L'étude pointe aussi un autre effet négatif du travail à domicile, «qui annule au moins en partie les avantages de la réduction des déplacements»: l'augmentation de la consommation d'énergie domestique. Travailler depuis chez soi implique des besoins plus accrus en chauffage, climatisation, éclairage, connexion internet ou encore en équipements de bureau à domicile,...

Les auteurs ciblent aussi la «pollution numérique» qu'engendre le télétravail, avec l'augmentation de l'utilisation des écrans et le recours plus accru aux plateformes et services en ligne.

Revoir les réglages de température

Les auteurs de l'enquête s'interrogent aussi sur la capacité des employeurs à réduire les espaces de bureau. Même s'ils apprécient travailler depuis chez eux, la plupart des travailleurs aiment retourner au moins de temps en temps au bureau. La réduction potentielle de la consommation d'énergie des bureaux dépendra donc de la politique de gestion mise en place pour optimaliser l'occupation des locaux. «Si les bureaux continuent à être ouverts à temps plein, l'augmentation de la consommation d'énergie à domicile aura un effet additif sur l'énergie consommée par les immeubles de bureaux».


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Les personnes travaillant à domicile devront également revoir la manière dont ils gèrent la température de leur habitation. En hiver, le chauffage est plus efficace dans les immeubles de bureaux grâce aux systèmes centralisés et à la proximité des employés. Chauffer une maison en permanence est par contre particulièrement énergivore à la mauvaise saison. 

Mettre en place des mesures spécifiques

Alors, est-ce vraiment écolo de faire du télétravail? Pour les auteurs, c'est oui, à condition seulement de mettre en place des mesures spécifiques, comme permettre aux travailleurs habitant loin du bureau de télétravailler autant que possible, d'étendre les infrastructures d'espaces de coworking ou encore d'utiliser de manière flexible les espaces de bureaux pour rationaliser l'énergie.

Les chercheurs concluent en insistant sur le fait de «continuer à soutenir l'amélioration de l'efficacité énergétique des bâtiments, le passage à des moyens de transport à faible émission de carbone et la transition vers des sources d'énergie renouvelables.» 

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