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Le suspense continue en Italie
International 3 min. 23.08.2019 Cet article est archivé

Le suspense continue en Italie

Luigi Di Maio, le leader du Mouvement 5 Etoiles, a donné mandat à ses dirigeants pour négocier avec le Parti démocrate en vue d'un accord de coalition

Le suspense continue en Italie

Luigi Di Maio, le leader du Mouvement 5 Etoiles, a donné mandat à ses dirigeants pour négocier avec le Parti démocrate en vue d'un accord de coalition
Photo: AFP
International 3 min. 23.08.2019 Cet article est archivé

Le suspense continue en Italie

Le président Sergio Mattarella a décidé de donner jusqu'à mardi aux formations politiques pour s'entendre sur une nouvelle majorité, deux jours après la chute de la coalition formée par la Ligue de Matteo Salvini et le Mouvement 5 Etoiles (M5S).

(AFP). - Peu avant l'annonce du chef de l'Etat, le Mouvement 5 Etoiles (anti-système) a donné mandat à ses dirigeants pour négocier avec le Parti démocrate (PD, centre-gauche) en vue d'un accord de coalition.

«Certaines forces m'ont demandé de vérifier» la possibilité d'une majorité au parlement, a expliqué M. Mattarella, au terme de deux jours de consultations avec l'ensemble des groupes parlementaires.

Mais il faut faire «vite dans l'intérêt du pays», a-t-il souligné, annonçant qu'il «tiendra mardi de nouvelles consultations et prendra les décisions nécessaires». Il a averti qu'il donnerait son feu vert uniquement à un exécutif «capable d'obtenir la confiance» du parlement, avec une majorité solide, «autour d'un programme de gouvernement» précis.

Car l'Italie est «un grand pays» qui fait face à de nombreux défis: «le début de nouvelles institutions européennes» et «une situation politique et économique internationale incertaine.»


Italy's President Sergio Mattarella meets victims' relatives prior to the mass for the first anniversary of the Morandi bridge fall, on August 14, 2019 in Genoa. - Italy on August 14, 2019 marks a year since the Genoa motorway bridge collapse that killed 43 people, as the country grapples with a political crisis sparked by far-right leader. The ceremony takes place close to the spot where a section of the Morandi highway fell during heavy rain on August 14, 2018, hurling dozens of cars and several trucks onto railway tracks below. (Photo by Alberto PIZZOLI / AFP)
Une nouvelle coalition gouvernementale discutée en Italie
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A défaut, a-t-il reconnu, il n'y aurait plus d'alternative à un retour immédiat aux urnes, une perspective qui l'inquiète car ce scrutin tomberait au milieu de l'élaboration du budget 2020 de la troisième économie de la zone euro, endettée et en panne de croissance.

Dix points 

Les promoteurs d'un mariage PD-M5S disposent donc d'un délai supplémentaire de quatre jours. Le chef du M5S Luigi Di Maio, qui mènera les négociations pour son parti, a égrené 10 points impératifs pour une nouvelle «majorité au service des citoyens.»

D'abord la réduction du nombre de parlementaires (à 600 contre 950, un record en Europe), qui attend d'être adoptée en dernière lecture au parlement. Autre revendication: «un budget équitable», avec l'instauration du salaire minimum ainsi que des aides aux familles, des baisses d'impôts pour les entreprises et un plan d'investissement pour le Sud.

Après avoir fait éclater la coalition populiste, Matteo Salvini n'exclut pas une nouvelle alliance avec le Mouvement 5 Etoiles
Après avoir fait éclater la coalition populiste, Matteo Salvini n'exclut pas une nouvelle alliance avec le Mouvement 5 Etoiles
Photo: AFP

Le patron du PD, Nicola Zingaretti, a estimé que les propositions de Di Maio et celles du PD «font émerger un cadre qui permet à coup sûr de commencer à travailler». M. Di Maio a en revanche fermé la porte à une réconciliation avec son ex-allié Matteo Salvini, critiquant «des caprices d'été», à propos de l'annonce abrupte le 8 août par le chef de la Ligue (extrême droite) de la «rupture unilatérale» de leur alliance.

Aux yeux de Di Maio, le M5S ne peut pas retourner aux urnes comme le réclame M. Salvini, car il y a «encore tant de choses à réaliser». Dans ses dix points, le vice-Premier ministre sortant n'a pas mentionné l'Europe, alors que le PD lui a demandé «une confirmation de la vocation européenne de l'Italie», parmi cinq conditions «non négociables».

Une femme?

Les quatre autres conditions posées par le PD sont la «centralité du Parlement», une croissance respectueuse de l'environnement, un changement de cap radical dans la gestion des migrations et un virage économique vers davantage de redistribution et d'investissements.

Le M5S, né du rejet de la vieille classe politique, a fondé une partie de son succès sur ses critiques envers l'Europe, mais pour cette formation tombée de 32% aux législatives de 2018 à environ 15-16% des intentions de vote aujourd'hui, un scrutin anticipé serait un suicide, selon les analystes.

Avant les Cinq Etoiles, Matteo Salvini était monté au palais présidentiel du Quirinal pour réitérer son exigence d'élections immédiates: «la voie royale ne peut pas être celle de jeux de pouvoirs, de manoeuvres de palais, c'est celle des élections». M. Salvini aurait voulu capitaliser sur les sondages, qui créditent son parti de 36 à 38% des voix, et plus de 50% à l'ensemble de la droite.

Si une majorité PD-M5S se dégage, il faudra aussi une personnalité pour diriger le gouvernement. Un nom aurait les faveurs du président, celui de Marta Cartabia, 56 ans, vice-présidente de la Cour constitutionnelle, au profil de médiatrice et ouvertement pro-européenne. Ce serait une première pour l'Italie, qui n'a jamais été dirigée par une femme. 


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