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Le spectre de l’extrême droite hante la Belgique
International 3 min. 16.12.2019 Cet article est archivé

Le spectre de l’extrême droite hante la Belgique

Le dernier sondage place le Vlaams Belang de Tom Van Grieken en tête avec 27,3% des intentions de vote.

Le spectre de l’extrême droite hante la Belgique

Le dernier sondage place le Vlaams Belang de Tom Van Grieken en tête avec 27,3% des intentions de vote.
Photo: AFP
International 3 min. 16.12.2019 Cet article est archivé

Le spectre de l’extrême droite hante la Belgique

Un sondage confirme la première place du Vlaams Belang en Flandre, les extrémistes profitant de toute évidence de la tournure prise par les négociations au niveau fédéral.

De notre correspondant Max Hellef (Bruxelles) - Si des élections législatives devaient avoir lieu demain, elles pourraient consacrer le Vlaams Belang en tant que premier parti politique de Flandre et de Belgique. Telle est la principale leçon du «Grand Baromètre» publié ce week-end par plusieurs médias belges.

Ce n'est pas la première fois que l'extrême droite flamande se hisse en tête de ce sondage. En septembre dernier, elle avait déjà ravi la première place. Elle la consolide désormais avec 27,3% des intentions de vote, ce qui la place loin devant la N-VA de Bart De Wever (22,1%).  


Paul Magnette a visiblement pris une orientation plus sociale afin de rassembler autour d'un programme de gouvernement.
Les couleurs de l'arc-en-ciel se profilent en Belgique
Des indiscrétions trahissent le cap pris par l’informateur Paul Magnette, à rebrousse-poil de la politique défendue par la N-VA. Il serait même question de diminuer l'avantage lié à la voiture de fonction, si elle est à moteur thermique.

Le sondage a été réalisé du 29 novembre au 6 décembre, moment où le socialiste francophone Paul Magnette tentait de former une coalition «arc-en-ciel» réunissant les socialistes, les libéraux et les écologistes.   

Montée des extrêmes  

Ces discussions ont clairement nié la question du confédéralisme chère à Bart De Wever et aux nationalistes flamands. Le mécontentement qui s'ensuit auprès d'une partie de l'électorat du nord du pays profite de toute évidence au Vlaams Belang qui, historiquement, appelle à la fin de l'Etat belge au profit d'une Flandre indépendante.

«L'électorat en Flandre est en colère. Il se radicalise un peu plus encore. La N-VA version ultra, avec Theo Francken en voltigeur, trouvera dans ce sondage des raisons de durcir le ton, ce que Bart De Wever a, du reste, commencé à faire ces derniers temps, flairant sans doute l'embrouille», écrit Le Soir.

Côté wallon, ce sont les communistes du PTB qui font la bonne opération en recueillant 16,5% des intentions de vote, soit 2,7 points de plus par rapport aux législatives du 26 mai (13,8% des voix). Cette montée des extrêmes se conjugue d'un tassement de la gauche en Wallonie - où le Parti socialiste de Paul Magnette est en recul - et surtout en Flandre. 

Si l'on sait enfin que les libéraux flamands de l'Open-VLD dégringolent sous la barre des 10%, on comprend que les sondés ont essentiellement voulu punir les partis qui cherchent à prendre le pouvoir à travers le futur gouvernement fédéral, tout en laissant la N-VA en rade.

Les libéraux flamands accusés de trahison

Il n'y a pourtant plus grand monde aujourd'hui pour croire que la N-VA puisse revenir au centre des négociations. Les deux nouveaux informateurs – le libéral francophone Georges-Louis Bouchez et le chrétien-démocrate flamand Joachim Coens -  ne ferment officiellement aucune porte. 


Des «débutants» aux commandes des négociations belges
Le francophone Georges-Louis Bouchez et le Flamand Joachim Coens reprennent la mission d’information de Paul Magnette.

Mais on voit mal comment Bart De Wever, qui a multiplié les diatribes ces derniers temps contre d'une part Paul Magnette et les électeurs wallons, d'autre part contre les libéraux de l'Open-Vld accusés de trahison, pourrait faire un négociateur crédible en dépit de ses offres de services.

Le scénario qui tient la corde reste l'arc-en-ciel, mais «élargi» aux chrétiens-démocrates flamands. Le reste s'apparente au jeu du «puant» («de Zwarte Piet ») où chacun cherche à reporter sur l'autre la responsabilité d'une issue insatisfaisante, mais inéluctable.

Une telle coalition aura un prix: elle ne pourra compter qu'avec une minorité flamande à la Chambre. De quoi rendre plus féroce encore l'opposition qui sera essentiellement aux mains des nationalistes de la N-VA et des ultras anti-immigration du Vlaams Belang.

«Vous avez eu Leterme, puis De Wever, demain vous aurez Van Grieken, le président du Vlaams Belang»,  prédisait récemment Hendrik Vuye. Cet ex-responsable et député de la N-VA déplorait qu'on puisse exclure «48 % de l'électorat flamand, celui de la N-VA et du Belang». La fracture belge n'en serait qu'à ses débuts…  


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