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«Le site d'Amnéville doit se professionnaliser»
Le zoo d'Amnéville est l'une des attractions phares de tout le pôe touristique du secteur.

«Le site d'Amnéville doit se professionnaliser»

Photo: Chris Karaba
Le zoo d'Amnéville est l'une des attractions phares de tout le pôe touristique du secteur.
International 6 5 min. 11.03.2019

«Le site d'Amnéville doit se professionnaliser»

Anne FOURNEY
Anne FOURNEY
Eric Munier, le maire de la commune mosellane, a annoncé mardi un investissement de 20 millions d'euros pour le réaménagement des voies d'accès du site touristique, qui poursuit son émancipation grâce aussi à l'injection de fonds privés.

La station touristique d'Amnéville va réaménager ses voies d'accès, a annoncé mardi sa société gérante présidée par Eric Munier, également maire de la localité. Ces 20 millions d'euros serviront aussi à enterrer l'imposante ligne à haute tension qui traverse le site en longueur, ainsi qu'à la réfection des parkings, qui resteront gratuits. Les travaux devraient débuter à la fin de cette année et durer jusqu'en 2022.

Eric Munier, élu en 2014, poursuit la gigantesque entreprise de feu Jean Kiffer, maire de la petite cité de 10.000 habitants pendant 46 ans et mort en 2011. Jean Kiffer avait édifié ce pôle de loisirs sur d'anciennes friches industrielles afin d'offrir une reconversion économique au secteur, qui représente aujourd'hui 1.500 emplois à l'année, 2.500 en haute saison et enregistre plus de trois millions d'entrées payantes par an. C'est donc sans compter les visiteurs qui viennent sans accéder aux attractions payantes, pour une balade en forêt, prendre un verre ou dans l'un des restaurants, qui sont plus d'une vingtaine sur le site.

Eric Munier, président de Destination Amnéville.
Eric Munier, président de Destination Amnéville.
Photo: Destination Amnéville

Le revers de la médaille, c'est qu'Amnéville a connu bien des déboires dans la gestion de ses attractions touristiques. Si elle n'est plus la «ville la plus endettée de France», elle doit encore s'acquitter de 12,5 millions d'euros de dettes. Les 20 millions de travaux seront financés par la vente de terrains immobiliers, cédés par la ville à la société gérante, Destination Amnéville. Ces aménagements permettront «de discuter plus facilement avec de potentiels investisseurs pour développer le site», prévoit Eric Munier. 

«La station touristique doit se professionnaliser: on veut des choses solides et intéressantes, attrayantes», explique le président de Destination Amnéville qui estime que ce n'est plus le rôle de sa commune de gérer le site et ses attractions, dont la plupart ont été confiées à des investisseurs privés. «Nous sommes davantage sur des gros projets. Un investisseur privé doit avoir des certitudes de rentabilité de son investissement.»

10 millions pour le Snowhall

Le Snowhall, seule piste de ski couverte de France, dont la Cour des Comptes préconisait la fermeture il y a trois ans, a été repris en 2018 par le groupe Labellemontagne, qui gère onze stations réparties entre les Vosges et les Alpes. Trois millions d'euros seront injectés dans le Snowhall lui-même pour remettre l'équipement au goût du jour, apporter une vraie ambiance de station de sports d'hiver au site. Sept millions seront injectés pour la création d'un «parc de la glisse» avec des activités de plein air semblables à celles que l'on peut trouver à La Bresse: tyroliennes, luges d'été, tours d'escalade notamment.

Parmi les principales attractions du site, le pôle thermal, qui reste pour le moment géré par une association, qui a accueilli 600.000 personnes en 2017 et autant en 2018 dans ses trois établissements confondus (Villa Pompéi, Thermapolis et la Cure Saint-Eloy), a rafraîchi certaines de ses installations fin 2018 pour 170.000 euros, selon nos confrères du Républicain lorrain. Une étude est en cours quant à de gros investissements à envisager, puisqu'une partie du pôle thermal accuse désormais le poids des années. Une «évolution  obligatoire» pour Eric Munier, conscient des investissements énormes faits par la concurrence: 140 millions pour Mondorf des rénovations dès cette année et pour une durée de cinq ans, et 98 millions pour la création d'un pôle thermal à Nancy dont l'ouverture est annoncée pour 2020. 

Le zoo, géré sous forme de coopérative dont les employés sont actionnaires, est «sorti de sa phase difficile» après avoir été placé en redressement judiciaire en 2016. Le Galaxie, en place depuis 1991, est la quatrième plus grande salle de spectacle de France avec ses 12.200 places et affiche aussi une meilleure santé après une mise en redressement judiciaire entre 2011 et 2014. «Le Galaxie fait plus de 150.000 euros de bénéfices par an et c'est la seule salle de spectacle non subventionnée en France», souligne fièrement Eric Munier. 

Le golf 18 trous est depuis fin 2017 géré par le groupe Gaïa, comme celui de Longwy.

Développer l'hôtellerie 

Le casino, propriété du groupe Tranchant depuis 2011 «est le premier du groupe en fréquentation et le quatrième en chiffre d'affaires». La holding investit plus d'un million d'euros par an dans son affaire amnévilloise, dont le prochain chantier consistera à une réfection complète de l'entrée.

Outre une vingtaine de restaurants, la station touristique d'Amnéville veut développer ses possibilités d'hébergement, car son offre de 1.325 lits (répartis entre hôtels, maisons d'hôtes et gîtes) est «souvent saturée». Eric Munier verrait bien un hôtel cinq étoiles s'installer là, afin de compléter l'offre hôtelière qui englobe des établissements de toutes catégories, y compris un quatre étoiles, mais pas encore de catégorie de luxe. 

Destination Amnéville est en pourparlers avec de potentiels investisseurs, mais Eric Munier n'a pas souhaité avancer de nom pour le moment. L'idée d'un parc Legoland, comme il l'évoquait dans une interview parue dans La Semaine en 2017, est toujours dans les cartons. Le site dispose d'«une réserve foncière de 45 hectares».

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