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Le roi consulte, les partis passent
International 3 min. 18.02.2020 Cet article est archivé

Le roi consulte, les partis passent

Alexander De Croo a le profil pour éventuellement ouvrir le jeu

Le roi consulte, les partis passent

Alexander De Croo a le profil pour éventuellement ouvrir le jeu
Photo: AFP
International 3 min. 18.02.2020 Cet article est archivé

Le roi consulte, les partis passent

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Philippe de Belgique devrait désigner un libéral flamand qui tentera à son tour de déblayer la voie vers une nouvelle coalition fédérale. Comme une bouée de secours, l’idée d’un gouvernement provisoire refait surface.

De notre correspondant, Max Hellef (Bruxelles) - La démission de Koen Geens a-t-elle sonné le glas des négociations politiques? A peine le départ du chrétien-démocrate flamand était-elle actée par le roi Philippe que Bart De Wever tentait d’opposer un «front flamand» au «petit parti» que serait le PS francophone. Pour Bart De Wever, il serait injustifiable de «monter dans un gouvernement de gauche» et de «plier». Il serait «difficilement compréhensible», a-t-il ajouté, que les libéraux et les chrétiens-démocrates du nord du pays «trahissent ce qu’ils ont convenu dans l’accord de gouvernement flamand». Ces deux formations politiques partagent en effet le pouvoir au niveau régional avec les nationalistes de De Wever.


10.02.2020, Belgien, Br¸ssel: Kˆnig Philippe von Belgien (l) begr¸flt den fl‰mischen Christdemokraten und amtierenden Justizminister Koen Geens zu einem Treffen im Kˆnigspalast. 260 Tage nach der Parlamentswahl in Belgien geht die Suche nach einer mehrheitsf‰higen Regierung in eine neue Runde. Kˆnig Philippe verl‰ngerte den entsprechenden Auftrag f¸r den fl‰mischen Christdemokraten Koen Geens am Montag um eine Woche. Foto: Thierry Roge/BELGA/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Philippe, un roi à la manœuvre
Le souverain belge tient son rôle de facilitateur du dialogue politique avec un certain brio, quitte à mécontenter ses adversaires. Depuis les élections législatives du 26 mai 2019, il a grandi à la faveur de l’imbroglio politique dans lequel se trouve le pays.

Lundi soir, dans une émission phare de la télévision publique flamande VRT – «Terzake» - Bart De Wever a soufflé le chaud et le froid, allant semer le doute quant aux chances de survie du pays. Selon lui, tout le monde semble d’accord pour dire que la Belgique est devenue «ingouvernable», qu’il est «inutile» de s’acharner dans l’union des Flamands et des francophones. «Le pouvoir administratif de la Belgique s’érode visiblement» a-t-il martelé, affirmant que des textes et un tableau budgétaire étaient sur la table de négociations avant que le PS de Paul Magnette ne «tourne le dos».

Alexander De Croo a le profil pour ouvrir le jeu

Toutefois, les partenaires de Bart De Wever au sein du gouvernement flamand ne s'inquiètent pas de ses coups de gueule outre mesure. «C'est un vocabulaire guerrier, mon parti ne marchera pas là-dedans», avait esquivé ce week-end Gwendolyn Rutten, la présidente des libéraux flamands. Et pour cause: selon certains échos relayés par la presse belge,  tout indique que le roi Philippe va désigner un libéral du nord du pays pour succéder à Koen Geens – et à la bagatelle de sept informateurs royaux revenus bredouilles.

A qui le tour? A Gwendolyn Rutten? A Patrick Dewael, le président de la Chambre? A Alexander De Croo, le vice-Premier en affaires courantes? Le Soir, qui mise sur ce dernier estime qu'«Alexander De Croo est perçu comme un représentant de l'aile droite de son parti. Il n'a jamais plaidé pour une coalition Vivaldi – c'est-à-dire sans la N-VA - il a donc le profil pour éventuellement… ouvrir le jeu.»

Quatorze mois après la chute du gouvernement Michel en décembre 2018, la recherche d’une coalition qui servirait de socle au prochain gouvernement fédéral passe de la procession au chemin de croix. Une douleur manifeste est perceptible dans les comptes publics qui échappent chaque jour un peu plus à la trajectoire fixée par la Commission européenne. D'où l'idée d’un gouvernement provisoire qui revient en force à l’heure où les partis oscillent entre le vain espoir de trouver une solution in extremis et des élections anticipées, cette dernière option gagnant chaque jour de nouveaux partisans. Même si d'aucuns, tel le président du Mouvement réformateur (libéral francophone) Georges-Louis Bouchez, ne veulent pas d'un autre scrutin.

En 2008, le libéral flamand Guy Verhofstadt était ainsi revenu aux affaires fédérales pour diriger pendant trois mois un exécutif «de secours» et pallier l'incapacité du chrétien-démocrate flamand Yves Leterme à former une coalition. Certains imaginent même qu’un tel gouvernement pourrait tenir jusqu'en 2024 et s’atteler aux urgences du moment: le budget, le social, l'environnement, l'approfondissement de la démocratie, etc.


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