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Le revenu universel bientôt testé en Allemagne
International 2 min. 07.09.2020

Le revenu universel bientôt testé en Allemagne

Les opposants au revenu universel craignent que la mesure n'incite les actifs à quitter leur emploi et les chômeurs à délaisser les recherches.

Le revenu universel bientôt testé en Allemagne

Les opposants au revenu universel craignent que la mesure n'incite les actifs à quitter leur emploi et les chômeurs à délaisser les recherches.
Photo: Pixabay
International 2 min. 07.09.2020

Le revenu universel bientôt testé en Allemagne

Anne-Sophie de Nanteuil
Anne-Sophie de Nanteuil
Un revenu de base à 1.200 euros mensuels pendant trois ans: voilà ce que promettent un institut allemand de recherche et une association à 122 volontaires. 1,6 million de personnes s'étaient portées volontaires, une semaine seulement après le lancement du projet-pilote.

Après la Finlande en 2017, le revenu universel signe un retour en force. L'institut apolitique allemand DIW a annoncé mi-août sa décision de mener l'expérimentation consistant ainsi à verser une somme mensuelle fixe aux citoyens d'un pays, et ce sans contrepartie particulière et indépendamment du statut social ou ressources financières. 

Le centre de recherche économique évaluera au fil des mois l'impact social, mais aussi les conséquences de la mesure sur le marché du travail ou sur le marché de l'immobilier. Elle sera financé par l'association militante «Mein Grundeinkommen» («mon salaire de base»).  

Critiques virulentes

L'expérience a très vite suscité l'engouement de la population. En quelques jours seulement, plus de 1,6 million de personnes majeures s'étaient déjà portées volontaires pour y participer, mais seuls 120 candidats ont toutefois été retenus. Dès février 2021, les heureux élus recevront donc un revenu de base de 1.200 euros tous les mois durant trois années et devront régulièrement répondre à des questions. 

Sans surprise, l'éventuelle mise en place d'un revenu universel sur le long terme suscite toutefois les critiques. Parmi les principaux arguments, le possible dévoiement de la «valeur travail» ou incitation à la fainéantise. Certains opposants craignaient en effet que la mesure n'incite les actifs à quitter leur emploi et les chômeurs à délaisser les recherches. Les réticences portant sur son coût pour les caisses de l'État sont également nombreuses, estimé à près de 100 milliards d'euros par an. 

Précédents en Europe

Par ailleurs, la taille de la population test choisie, faute d'argent, par DIW est pointée du doigt. Certains la jugent en effet trop petite - 120 personnes sur plus de 83 millions d'habitants - pour en tirer de quelconques enseignements. Mais sur ce point, l'institut se défend : «Nous ne tirerons de conclusions à partir de nos observations sur le terrain que si nous pouvons les corroborer empiriquement avec nos modèles économiques», explique Jürgen Schupp.

Si l'Allemagne, première puissance économique en Europe souhaite étudier concrètement la question, elle n'est en revanche pas la première à tenter l'expérience. En juin 2017, la Finlande avait elle aussi réalisé l'expérimentation à grande échelle durant un an avec les chômeurs du pays. Les conclusions de l'étude s'étaient révélées quelque peu décevantes : malgré une amélioration notable du bien-être de ces citoyens, l'effet sur l'emploi était, lui, inexistant. 


People wearing face masks walk at a market in front of the Eiffel Tower in Paris, on August 27, 2020, as face masks will become mandatory in the city. - France's prime minister on August 27 announced face masks will become compulsory throughout Paris, expressing concern over an "undeniable" trend of expanding coronavirus infection in the country. Jean Castex said 19 more departments have been added to a map with "red" zones of active virus circulation, meaning 21 of France's 94 departments are classified as such. Official figures released on August 26 showed more than 5,400 confirmed new cases in just 24 hours, with admissions to hospital and intensive care units on the rise. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)
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Malgré tout, l'idée continue de séduire un peu partout en Europe. En pleine crise sanitaire, l'Espagne a ainsi mis en place «un revenu minimum vital» de 440 euros par mois pour les plus démunis ne pouvant prétendre aux allocations-chômage. Outre-Manche, quelque 170 parlementaires britanniques ont par ailleurs soutenu l'idée auprès du gouvernement Johnson à l'orée du confinement en mars dernier. Au Luxembourg, la question n'a en revanche jamais été soulevée.

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