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Le rendez-vous new-yorkais de la Belgique
International 3 min. 06.01.2020 Cet article est archivé

Le rendez-vous new-yorkais de la Belgique

Philippe Goffin a pris la succession de Didier Reynders à la tête de la diplomatie belge.

Le rendez-vous new-yorkais de la Belgique

Philippe Goffin a pris la succession de Didier Reynders à la tête de la diplomatie belge.
Photo: Belga
International 3 min. 06.01.2020 Cet article est archivé

Le rendez-vous new-yorkais de la Belgique

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Le royaume participe au Conseil des Nations unies en tant que membre non permanent. Son nouveau chef de la diplomatie, le libéral francophone Philippe Goffin, est à la manœuvre.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) -  Il a d'emblée annoncé que sa mission serait « provisoire ». Provisoire, oui, mais jusqu'à quand? Philippe Goffin,  le nouveau ministre belge des Affaires étrangères et de la Défense, a hérité le 1er novembre dernier du portefeuille de Didier Reynders devenu commissaire européen. 

Un libéral francophone en a ainsi remplacé un autre. A priori, Philippe Goffin devrait abandonner ce poste le jour où le nouveau gouvernement fédéral sera porté sur les fonts baptismaux. Mais tout indique qu'on en est encore loin.

Un siège pour l'UE?

Philippe Goffin (52 ans) a donc de longs mois devant lui pour apprendre le métier. Sous la précédente législature, le député liégeois présidait la commission Justice de la Chambre. Aujourd'hui, il reprend le flambeau de la diplomatie belge, en réitérant ses credo: construction européenne et partenariat atlantique, équidistance dans la question israélo-palestinienne, expertise dans les Grands Lacs,...

Depuis le 1er janvier, ce rôle se double de la participation de la Belgique au Conseil des Nations unies en tant que membre non permanent, et cela pour deux ans. A l'invitation de la présidence belge, Josep Borrell, le nouveau Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère, fera une intervention devant le Conseil le 25 février. La Belgique entend aussi plaider à son tour en faveur de l'attribution d'un siège à l'Union européenne au sein de l'organe onusien.

La Belgique prendra la présidence tournante du Conseil de sécurité au mois de février 2020. Trois priorités: les enfants dans les conflits armés, la justice transitionnelle (d'autres mécanismes, à côté de la justice classique, se révèlent utiles dans la gestion des conflits) et bien sûr l'Europe (avec le renforcement de la coordination entre ses représentants au sein du Conseil).

Question: la Belgique commencera-t-elle par balayer devant sa porte? L'actualité vient en effet de mettre à nouveau en lumière la terrible problématique des enfants belges enfermés dans les camps syriens. Régulièrement, la presse se fait l'écho de la piètre existence de ces fils et filles de djihadistes confrontés au froid et à la maladie. Plusieurs d'entre eux n'ont pas survécu. En dépit de plusieurs décisions de justice intimant au gouvernement en affaires courantes de tout faire pour les rapatrier, seuls cinq mineurs sont rentrés au pays en 2019.  

La politique de Trump épinglée 

La présidence belge du Conseil de sécurité croisera forcément la montée des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran. Après la mort du général iranien Qassem Soleimani lors d'un raid américain, Philippe Goffin a rappelé que «l'ordre juridique international doit être respecté et la protection des ambassades, de même que les missions diplomatiques, doit être assurée - la Belgique possède une ambassade en Jordanie». Il a appelé «tous les acteurs à la prudence et à éviter toute nouvelle escalade…»

Dans Le Soir, le nouveau chef de la diplomatie belge n'hésite pas à étriller les Etats-Unis de Donald Trump: «C'est un pays qui, de par la politique menée par son président, a cette tendance – qui est tout à fait contraire me semble-t-il à la bonne marche du monde – de repli sur soi. Ce n'est pas un bon signal aujourd'hui. Nos relations privilégiées avec les Etats-Unis connaissent cette période un peu particulière de repli sur soi: tout à fait l'inverse de ce que la Belgique prône.» 

Un peu de sincérité ne peut nuire en diplomatie...