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Le PS de Paul Magnette nettoie ses écuries
International 3 min. 04.08.2020

Le PS de Paul Magnette nettoie ses écuries

S'il veut prétendre à diriger la Belgique, le socialiste Paul Magnette doit faire le ménage derrière lui au sein du PS. Il s'y attache.

Le PS de Paul Magnette nettoie ses écuries

S'il veut prétendre à diriger la Belgique, le socialiste Paul Magnette doit faire le ménage derrière lui au sein du PS. Il s'y attache.
Photo : AFP
International 3 min. 04.08.2020

Le PS de Paul Magnette nettoie ses écuries

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Ces derniers mois en Belgique, le Parti socialiste francophone a multiplié les exclusions. On n’y badine plus avec la ligne et les valeurs.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Le Parti socialiste francophone vient de couper le lien qui l’unissait à Muriel Targnion, l’actuelle bourgmestre de Verviers, une commune de l’est de la Belgique. Avec d’autres élus PS et des partenaires de majorité, Muriel Targnion avait cherché à écarter un autre élu socialiste en raison de lourdes tensions. La manœuvre s’était toutefois retournée contre elle. La bourgmestre a fini par être exclue du parti à la rose.

Muriel Targnion reste toutefois à la tête du conseil communal de Verviers où elle siège à titre d’indépendante. Ses partisans continueront à la soutenir. Avec l’exclusion de Muriel Targnion, le PS francophone poursuit le nettoyage de ses écuries. En janvier dernier, c’est le bourgmestre de la commune de Saint-Josse (Bruxelles) Emil Kir qui en avait fait les frais.

Ce fils de l’immigration turque avait eu la mauvaise idée de rencontrer deux maires appartenant au MHP, un parti turc d’extrême droite proche de l’organisation paramilitaire ultranationaliste «Les Loups Gris». La commission de vigilance du Parti socialiste bruxellois l’avait exclu sur le champ. Le PS avait perdu par la même occasion un siège à la Chambre des représentants, puisque Emil Kir était aussi député fédéral.

« Chaque membre du parti sait qu'à partir de maintenant, aucune forme d'exception ne sera tolérée en ce qui concerne le cordon sanitaire. Aucune…», avait alors averti le président de la fédération bruxelloise du PS, Ahmed Laaouej.

Dérapages et autres embrouilles

La purge ne s’est pas arrêtée là. Un échevin de la commune de Neupré, Benoît Hons, s’était fendu d’un post Facebook dans lequel il s’en prenait aux gens du voyage. Il les avait qualifiés de «spécimens parasites» après que ses effets personnels eurent été volés lors d’un séjour en Espagne. Tollé. L’homme avait eu beau s’excuser («J’ai eu des mots dignes d’un vocabulaire nazi et j’en suis honteux. Mais j’ai eu un ''bug''»), il avait été lui aussi exclu du parti.

Il est loin le temps où Elio Di Rupo, alors président du PS, y allait d’une gueulante croquignolesque contre les barons de son parti : «J’en ai marre des parvenus». Les affaires se succédaient, les fédérations régionales n’en faisaient qu’à leur tête et certains caciques menaient un trop grand train pour n’être que d’honnêtes élus. 


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Quatre anciens managers de Nethys se sont partagé 18,6 millions d'euros avant de quitter l'entreprise liégeoise, dont 11 millions pour le seul homme d'affaires et ex-membre du PS Stéphane Moreau. Une affaire qui fait la une des journaux belges depuis plusieurs semaines et qui menace d'exploser à la face du gouvernement wallon.

«Marre des parvenus…» Ces mots prononcés en 2005 ont souvent été raillés depuis, l’incapacité des dirigeants d’un PS miné par le clientélisme à faire le ménage étant manifeste. Mais depuis 2017, le vent semble avoir tourné. Cette année-là, le scandale Publifin a coûté au PS son leadership en Wallonie.

Il a payé cher cette curieuse embrouille qui permettait de rémunérer grassement ses servants –mais aussi ceux d’autres partis– via une société intercommunale liégeoise qui ne connaissait guère leurs noms qu’au travers du virement de fin de mois. Si ces fidèles du parti étaient bien membres du conseil d’administration de Publifin, on ne les y voyait que très peu, voire pas du tout.


(From L) N-VA chairman Bart De Wever, King Philippe of Belgium and PS chairman Paul Magnette walk after a meeting with the King at the Royal Palace in Brussels, on July 31, 2020, regarding the formation of a new government after the federal elections of 26 May 2019. (Photo by NICOLAS MAETERLINCK / BELGA / AFP) / Belgium OUT
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Depuis, Elio Di Rupo a repris la ministre-présidence wallonne, laissant la direction du PS à Paul Magnette. Cette ère nouvelle semble devoir coïncider avec la bonne gouvernance promise au moment où le parti était en pleine turbulence. Car il importe désormais de donner des gages à l'opinion publique mais aussi au partenaire écologiste avec lequel le PS gouverne à Bruxelles et en Wallonie.

Sans oublier la Flandre nationaliste de Bart De Wever avec laquelle il pourrait demain diriger le pays. Les prochains jours devraient dire si cette perspective d’alliance est viable.

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