Changer d'édition

Le Portugal s'insurge contre le classement belge
International 2 min. 16.07.2020

Le Portugal s'insurge contre le classement belge

Pas question de mettre en péril les destinations les plus touristiques du Portugal, comme l'Algarve.

Le Portugal s'insurge contre le classement belge

Pas question de mettre en péril les destinations les plus touristiques du Portugal, comme l'Algarve.
Photo: Shutterstock
International 2 min. 16.07.2020

Le Portugal s'insurge contre le classement belge

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
L’Algarve et l’Alentejo ont été retirées de la "liste rouge covid-19" des autorités sanitaires belges sous la pression du ministère des Affaires étrangères portugais. Mais pour l'heure, les explications de Jean Asselborn, Xavier Bettel et Paulette Lenert n'ont pas suffi à rassurer Bruxelles sur le Luxembourg. Le pays reste toujours soumis à des restrictions de déplacement plus ou moins claires.

Il faut croire que les arguments d'Augusto Santos Silva sont plus audibles que ceux de son homologue luxembourgeois, le ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn (DP). En effet, après avoir constaté que la Belgique avait classé en "zone rouge" deux de ses régions parmi les plus touristiques, le ministre portugais a aussitôt décroché son téléphone pour faire connaître son opposition à cette mesure. Et l'appel a porté ses fruits, alors qu'au terme de deux jours d'échanges, le Luxembourg, lui, n'a pas changé de couleur (toujours en orange).

Pour le Portugal, la colère exprimée a bien entendu porté sur le choix des deux régions, sites touristiques par exemple du pays. Pas question, alors que les premiers vacanciers arrivent, de priver ces territoires d'une manne bienvenue après un début de saison bien terne. Mission réussie, même s'il convient de préciser que le Service public fédéral Affaires étrangères belge considère toujours , comme "zones rouges", les secteurs d'Amadora, Odivelas, Sintra (Queluz-Belas, Massamá-Monte Abraão, Agualva-Mira Sintra,  Algueirão-Mem Martins, Rio de Mouro, Cacém-São Marcos), Loures (Camarate, Unhos, Apelação/Sacavém-Pior Velho) et une partie de Lisbonne (Santa-Clara).


(FILES) In this file photo taken on April 19, 2020 a Belgian Police officer controls the documents of a person in a car at the border between Belgium and France during a police patrol in Quevy, enforcing the social distancing rules, as Belgium is in its fifth week of lockdown to fight the COVID-19 outbreak, caused by the novel coronavirus. - An European coordination for a return to free movement between European countries is delicate, between health imperatives and economic emergency, after the closings of the borders which have damaged a symbol of the European Union. (Photo by BENOIT DOPPAGNE / BELGA / AFP) / Belgium OUT
Pour la Belgique, le Luxembourg passe «à l'orange»
Avec 83 nouveaux cas observés dimanche, le nombre de nouvelles infections reste élevé au Luxembourg. Un fait qui amène le voisin belge à classer le Grand-Duché comme une zone à risque moyen, sans toutefois la moindre incidence sur le déplacement des travailleurs frontaliers.

Donc Philippe Goffin, le ministre belge, a été sensible aux arguments ibériques, mais toujours pas à ceux de son voisin luxembourgeois. Et à chaque heure qui passe, le dossier devient de plus en plus irritant côté grand-ducal. Car même si la problématique est plus sanitaire que diplomatique, visiblement la communication a du mal à passer entre les deux Etats depuis dimanche et le choix du classement "orange".

Encore des incohérences

Pourtant, les Affaires étrangères luxembourgeoises n'ont pas manqué de faire savoir aux partenaires soupçonnant le pays de devenir un nouveau cluster européen qu'il n'en était rien. La reprise des infections constatée est certes bien réelle, mais elle est (partiellement) en lien avec le nombre croissant de dépistages menés sur le pays. Dépistage intégrant résidents comme frontaliers (y compris les 40.000 salariés venus chaque jour de Belgique).

Ainsi, selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, ce ne sont pas 5.122 infections au covid-19 qu'il faudrait retenir dans le bilan national, mais les seuls cas liés à des résidents. Le chiffre tombe alors de 908 unités, pour "seulement" 4.214 cas "purement" luxembourgeois depuis le début de l"épidémie. Mais rien n'y fait. Pour l'heure, le Luxembourg reste "orange" pour Bruxelles; il est donc «possible d'y voyager» pour reprendre les termes officiels. Mais si le quotidien des frontaliers venus de Wallonie ou des environs n'a pas été bouleversé par la mesure, un trouble persiste. Pas étonnant car à consulter le site destiné aux voyageurs belges, tantôt les déplacements sont libres vers le Grand-Duché, tantôt tout retour depuis Luxembourg doit faire l'objet d'une mise en quarantaine et d'un test... Incohérent!

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Destination Innsbruck pour Luxair
Après un mois d'exploitation et avoir fait quasiment le plein sur les vols vers le Portugal, la compagnie luxembourgeoise a effectué son voyage inaugural pour rallier la capitale du Tyrol samedi dernier.
Luxair am Doppelpack
Le Luxembourg ambitionne «un tourisme plus qualitatif»
Pilier de l'activité économique selon Lex Delles, le secteur touristique doit se réinventer pour se relancer après avoir subi la crise sanitaire de plein fouet. Le marché de proximité sera valorisé de même que le tourisme d'affaires qui bénéficiera d'un nouveau label pour rassurer les visiteurs.
Osten , Fokus Schiessentümpel , Mullerthal , Foto: Guy Jallay/Luxemburger Wort
Les plages de Méditerranée n'attendent plus que vous
Si le déconfinement s'est amorcé un peu partout sur le Vieux Continent, la question des destinations de vacances autorisées reste d'actualité. Tour d'horizon des points de chute possibles durant les mois de juillet et août alors que l'accès aux pays situés hors UE sera exclu.
People enjoy the sunshine on the beach near Bournemouth Pier in Bournemouth, southern England on May 25, 2020, after some lockdown restrictions put in place to slow the spread of COVID-19 were eased earlier this month. - The British prime minister backed his top aide despite mounting pressure from within his own party to sack him over claims he broke coronavirus lockdown regulations. The prime minister faces the threat of his government's authority being undermined in the heat of a health crisis that has claimed nearly 37,000 lives in Britain and thrown one of the world's top 10 economies into its biggest downturn of modern times. (Photo by Glyn KIRK / AFP)