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Le point sur l'agression «à caractère terroriste» de militaires près du Louvre
International 4 min. 03.02.2017 Cet article est archivé
Armé d'une machette

Le point sur l'agression «à caractère terroriste» de militaires près du Louvre

Des policiers près du musée du Louvre le 3 février à Paris.
Armé d'une machette

Le point sur l'agression «à caractère terroriste» de militaires près du Louvre

Des policiers près du musée du Louvre le 3 février à Paris.
AFP
International 4 min. 03.02.2017 Cet article est archivé
Armé d'une machette

Le point sur l'agression «à caractère terroriste» de militaires près du Louvre

Un homme a attaqué vendredi à la machette au cri d'«Allah Akbar» des militaires en patrouille à l'entrée de la très touristique galerie du Carrousel du Louvre à Paris, avant d'être grièvement blessé par le tir d'un soldat, une agression «à caractère terroriste», selon le Premier ministre.

(AFP) - Un homme a attaqué vendredi à la machette au cri d'«Allah Akbar» des militaires en patrouille à l'entrée de la très touristique galerie du Carrousel du Louvre à Paris, avant d'être grièvement blessé par le tir d'un soldat, une agression «à caractère terroriste», selon le Premier ministre.

Dans un contexte de menace très élevée en France, frappée depuis 2015 par une série d'attentats qui ont fait 238 morts, cette nouvelle attaque à cette fois visé le cœur touristique de la capitale, le jour où Paris a lancé sa campagne internationale en vue d'obtenir l'organisation des JO-2024.

L'identité et les motivations de l'auteur restent à déterminer, mais s'il «faut être prudent», il s'agit «visiblement» d'une «attaque à caractère terroriste», a déclaré le Premier ministre Bernard Cazeneuve, en déplacement à Bayeux. Le parquet antiterroriste a été saisi de l'enquête.

Les faits se sont produits vers 10H00 dans l'escalier qui descend dans cette galerie marchande en sous-sol donnant accès au musée le plus fréquenté du monde: un homme «armé d'une machette au moins, peut-être d'une deuxième arme» s'est avancé vers quatre militaires de la force Sentinelle en proférant des «menaces» et en criant «Allah Akbar», a déclaré à la presse le préfet de police de Paris Michel Cadot.

«Le militaire le plus proche, semble-t-il, a tiré pour se défendre face à l'agression», tirant cinq balles, «blessant sérieusement l'assaillant», notamment au ventre, selon le préfet de police. A la mi-journée, il était au bloc opératoire, son pronostic vital engagé, selon une source proche de l'enquête.

«J'étais dans les escaliers quand j'ai entendu des coups de feu. »C'était bizarre, personne ne savait quoi faire, j'ai vu des gens courir, tout le monde était paniqué«, raconte Svetlana, une architecte travaillant dans la galerie, qui s'est cachée dans un vestiaire après avoir entendu les coups de feu.

Un des militaires, légèrement blessé au cuir chevelu, a été de son côté pris en charge à l'hôpital militaire Percy à Clamart. Les soldats, du 1er Régiment de chasseurs parachutistes (1er RCP) de Pamiers, font partie des 3.500 militaires de Sentinelle déployés à Paris.

Une deuxième personne, »au comportement suspect« a été interpellée, selon M. Cadot, très prudent sur son implication éventuelle.

Le parquet antiterroriste a ouvert une enquête de flagrance pour »tentatives d'assassinats aggravées en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle«, a annoncé le parquet de Paris.

Après une réunion place Beauvau consacrée à cette attaque, le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux doit se rendre sur les lieux dans l'après-midi avec ses homologues de la Défense Jean-Yves Le Drian et de la Culture, Audrey Azoulay.

'Triste et choquant'

Plus d'un millier de personnes se trouvant dans le musée ou la galerie du Carrousel ont été confinées. Le temps que tout danger soit écarté et notamment que les démineurs s'assurent que les deux sacs à dos de l'assaillant ne contiennent pas d'explosifs.

Des policiers vêtus de gilet pare-balles interdisaient les accès au musée, aux jardins et au Carrousel, selon le porte-parle du ministère de l'Intérieur Pierre-Henry Brandet.

Peu après midi, les personnes confinées ont commencé à sortir par grappes.

Roland, 75 ans, était »à proximité de la Joconde« au moment des faits. »On nous a fait évacuer la salle et on nous a mis dans la salle des arts océaniques« où plusieurs centaines de personnes ont été confinées »pendant 2h30« selon lui.

»Ils nous ont fouillés à la sortie mais c'était très calme. Ils nous ont d'abord parlé d'un incident et d'une alerte, puis après on nous a expliqué«, indique un employé du Louvre sous couvert d'anonymat.

»C'est si triste et choquant (...) on ne peut pas les laisser gagner, c'est terrible, horrible", se désole Gillian Simms, une touriste anglaise en visite chez sa fille à Paris.

Depuis les attentats du 7 janvier 2015, les attentats et tentatives se sont multipliées, les assaillants, pour la plupart téléguidés par le groupe Etat islamique (EI), s'en prenant à diverses cibles, des lieux de culte (Villejuif en avril 2015, Saint-Etienne-du-Rouvray en juillet 2016) aux attaques contre les policiers ou militaires.

Le 13 juin 2016, un jihadiste se réclamant de l'EI, Larossi Abballa, a ainsi tué un policier et sa compagne dans leur pavillon de Magnanville (Yvelines). L'attaque du Louvre intervient deux ans jour pour jour après l'attaque au couteau de trois militaires en faction devant un centre communautaire juif de Nice, par un homme qui avait été aussitôt arrêté.


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