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Le plan «Get up Wallonia» se dégonfle
International 3 min. 26.05.2021

Le plan «Get up Wallonia» se dégonfle

Elio Di Rupo doit reconnaître que les plans de sortie de crise covid pour la Wallonie n'ont pas porté leurs fruits.

Le plan «Get up Wallonia» se dégonfle

Elio Di Rupo doit reconnaître que les plans de sortie de crise covid pour la Wallonie n'ont pas porté leurs fruits.
Photo : Reuters
International 3 min. 26.05.2021

Le plan «Get up Wallonia» se dégonfle

Max HELLEFF
Max HELLEFF
La presse et l’opposition estiment que le nouveau plan de redressement de la Wallonie manque cruellement de moyens.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Les quolibets se sont multipliés au vu du sort peu glorieux réservé au plan Get up Wallonia, plan censé transformer la Wallonie en une terre d’avenir. Plusieurs médias ont brocardé le ministre-président Elio Di Rupo, l’homme qui n’a cessé au cours des vingt dernières années de promettre aux Wallons des lendemains qui chantent. La réalité est beaucoup moins rose. 


Belgium's Walloon Minister President Elio Di Rupo delivers a speech at a meeting of the Walloon parliament in Namur on March 17, 2020, held to grant special powers to the government. - Belgium's federal government announced drastic measures on March 12, 2020,  to attempt the spreading of Covid-19. Restaurants and cafes are closed, only shops selling food are open, school lessons are suspended. (Photo by BRUNO FAHY / various sources / AFP) / Belgium OUT
Les caisses wallonnes sont vides
Moins de rentrées fiscales et plus de dépenses : le covid plombe les finances de la Région belge voisine.

Cette mauvaise humeur trouve son origine dans la décision du gouvernement wallon de «mutualiser» ou d’«intégrer» l’ensemble des plans et des initiatives devant permettre à la région de redresser la tête. Au bout du compte, une dizaine de milliards d’euros devront lui permettre de se relancer d’ici 2024. 

Cependant, à bien y regarder, cette somme reprend des financements qui étaient déjà planifiés  - mais ont été mis sur pause en raison du covid - ainsi que des aides européennes précédemment annoncées. Get up Wallonia, soit le plan qui devait impulser le redressement tant attendu, ne pèse pour sa part «que» 3,15 milliards.

L'industrie dépassée

Cette somme est jugée insuffisante, bien en deçà de ce qui serait nécessaire à la Wallonie pour tourner enfin le dos aux difficultés nées de la crise du charbon et de l’acier. A fortiori après avoir essuyé le choc de la crise sanitaire, avec son cortège d’entreprises menacées de faillites et de chômeurs temporaires ou non. Récemment encore, le gouvernement régional a annoncé que les exportations avaient reculé de 5,3% en 2020. Cette chute est toutefois relativisée par le ministre de l'Économie Willy Borsus qui table sur un montant de 50 milliards d'euros cette année.

Tout n’est pas noir, loin s’en faut. La pénurie mondiale qui touche les bois de construction augure d'exportations wallonnes rémunératrices en 2021, vers les Etats-Unis ou la Chine. Le secteur de la biotechnologie réalise des prouesses. Mais le tissu industriel reste dépassé en bien des secteurs. Le taux d’emploi wallon reste inférieur à la moyenne européenne.


La Belgique prolonge ses aides jusqu'en septembre
Le gouvernement belge a décidé lundi soir de continuer à verser le chômage partiel, le soutien aux indépendants ou encore de renforcer l'accompagnement des jeunes pendant trois mois supplémentaires. Objectif: soutenir une relance économique encore incertaine.

En février dernier, le socialiste Elio Di Rupo admettait dans La Libre Belgique que les plans mis en place pour redresser la Wallonie n'avaient pas obtenu les résultats escomptés. «Pourquoi les plans précédents n'ont-ils pas porté leurs fruits? Parce que, vraisemblablement, nous n'avons pas eu le temps de faire adhérer à ces plans un nombre important d'acteurs économiques et sociaux», avait-il concédé.

Le plan Get up Wallonia resserré a fait hurler l’opposition au Parlement wallon. François Desquesnes, le chef du groupe humaniste, parle de «malhonnêteté intellectuelle» et déplore de n’avoir «aucune réponse sur la mise en œuvre des projets» programmés. La presse dénonce un flou persistant autour des chantiers qu’est censé financer ce plan et se demande comment la région va trouver l’argent pour le verdissement tant attendu de son bâti et de son économie.

Un trou de 600 millions

Le temps presse pourtant. Car au terme de la sixième réforme de l’Etat - conclue en 2011 sous l’égide du même Elio Di Rupo alors futur Premier ministre au fédéral – une partie de la solidarité nord-sud va diminuer graduellement dès 2025. Autrement dit, moins d’argent flamand arrivera dans les caisses wallonnes. Il est question d’un trou de 600 millions d’euros, soit 5% du budget régional actuel. 

Ce n’est pas catastrophique, mais il est plus que temps pour la Wallonie de se préparer à cette redistribution des moyens. D'autant que la qualité de cette transition dira dans quelle mesure les régions sont à la hauteur (ou non) de l’importante autonomie qui leur a été attribuée ces dernières années.

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