Changer d'édition

Le plan de relance s’esquisse enfin en Belgique
International 3 min. 13.01.2021

Le plan de relance s’esquisse enfin en Belgique

La Belgique ambitionne notamment d’aller vers un monde où les émissions de gaz à effet de serre appartiendront au passé et où le développement numérique sera total.

Le plan de relance s’esquisse enfin en Belgique

La Belgique ambitionne notamment d’aller vers un monde où les émissions de gaz à effet de serre appartiendront au passé et où le développement numérique sera total.
Photo: AFP
International 3 min. 13.01.2021

Le plan de relance s’esquisse enfin en Belgique

Un accord est intervenu pour le partage de la manne européenne qui sera dédiée à des projets durables.

De notre correspondant, Max Helleff (Bruxelles) - La Belgique touche du bout du doigt son plan de relance. Un accord est intervenu entre le fédéral et les Régions, sous l’égide du secrétaire d'Etat socialiste Thomas Dermine. Les 5,95 milliards d’euros promis par l’Europe pour relancer la machine économique après la crise sanitaire sont répartis comme suit : 1,25 milliard pour le fédéral, 2,2 milliards pour la Flandre, 1,5 milliard pour la Wallonie, 395 millions pour Bruxelles (qui crie au scandale). La petite communauté germanophone (70.000 personnes) s’en tire avec 50 millions d’euros.


La Belgique ne veut plus être un cancre climatique
Le royaume avance plusieurs propositions au plan européen pour la réduction des gaz à effet de serre.

Cet argent sera investi dans cinq orientations stratégiques. Celles-ci ont l’ambition d’aller vers un monde où les émissions de gaz à effet de serre appartiendront au passé et où le développement numérique sera total. Elles passent par la mobilité (rail, vélo, mobilité électrique et intelligente…), le social et le vivre-ensemble (soins de santé, enseignement…), la durabilité (rénovation énergétique des bâtiments, énergies renouvelables, etc.) ; les chantiers numériques (5G, fibre optique, cybersécurité…) et la productivité (recherche, entrepreneuriat…).

25 milliards d’euros  

Ce plan était attendu depuis des mois, le Premier ministre Alexander De Croo n’ayant de cesse d’appeler à la patience. Ce temps ne pouvait toutefois être infini, la remise des copies ayant été fixée à la fin de ce mois par l’Europe. D’où cet accord qui répartit presque à égalité l’argent entre Flamands et francophones, même s’il reste des tiraillements. Pour Thomas Dermine, «sur la base de l’accord intervenu ce lundi, la Belgique sera dans les temps par rapport à cet objectif européen important».

Reste que l’argent européen ne suffira pas à financer les nombreux projets de relance dont le coût est estimé à 25 milliards d’euros. S’il est clair que la Belgique entend profiter du séisme provoqué par le covid pour se moderniser et rompre (en partie) avec le passé, il faut trouver les fonds. Les taux d’intérêt étant au plus bas, l’essentiel passera par l’emprunt.


08.01.2021, Baden-Württemberg, Ludwigsburg: Ärztinnen, Pflegerinnen und weiteres medizinisches Fachpersonal kümmern sich auf einer Intensivstation des RKH Klinikum Ludwigsburg um einen Covid-19-Patienten, der gerade aus einem anderen Krankenhaus verlegt wurde. In Baden-Württemberg wird die Belegung der Intensivstationen mit einem Clusterkonzept gesteuert. Zwischen den Kliniken der sechs Versorgungsgebiete können Intensivpatienten verlegt werden, um eine bessere Verteilung zwischen den Krankenhäusern zu erreichen. Foto: Sebastian Gollnow/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
La Belgique passe le seuil des 20.000 morts
La méthode statistique utilisée explique en partie cet impressionnant bilan macabre.

A suivre le gouvernement De Croo, il ne devrait donc pas y avoir de nouvelles taxes durant cette législature en dépit des sommes faramineuses déboursées pour soutenir l’économie et l’emploi durant les confinements successifs. Sauf sur les comptes-titres.

Cette taxe est fixée à 0,15% et vise les comptes-titres dont la valeur est supérieure à 1 million d’euros. Elle s’appliquera aux actions, obligations et autres produits dérivés détenus par des Belges au pays ou à l’étranger, et aux comptes-titres détenus en Belgique par des étrangers.

Un projet de loi fédère pour l’instant les partenaires de la majorité au pouvoir. Mais il y a tout de même un écart entre la volonté du Parti socialiste de Paul Magnette de taxer les riches et celle du Mouvement réformateur (libéral francophone) de Georges-Louis Bouchez de réduire la ponction au maximum. Magnette veut taxer «jusqu’à 2 ou 3% les vraiment hyper, hyper riches». Les libéraux s’en tiennent au seuil d’un million d’euros, sans progressivité de la taxe. Quant aux écologistes, ils disent apprécier la «solidité» d’un texte qui fédère dans les largeurs les partenaires de la coalition Vivaldi. L’objectif du gouvernement est de récolter ainsi près d’un demi-milliard d’euros.


(FILES) In this file photo taken on January 31, 2020 A man carries a flag of St George, the English national flag, along with a Union Flag as he walks along Westminster Bridge by the Houses of Parliament in London. - The United Kingdom has endured in one form or another for hundreds of years but between Brexit and the coronavirus, the country is creaking and some suggest it may be on the verge of breaking up entirely. (Photo by Glyn KIRK / AFP)
La Belgique fait ses comptes en marge du Brexit
Si la Flandre sera davantage touchée, la Wallonie compte bien faire valoir ses intérêts en termes de compensations.

«Solidité» politique ? Cela reste à prouver. Et quid du droit ? Il n’est pas impossible que le texte soit bloqué par la Cour constitutionnelle, le seuil d’un million d’euros - qui veut préserver la classe moyenne - apparaissant déjà arbitraire auprès de certains possesseurs de comptes-titres.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet