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Le patronat belge tire la sonnette d’alarme
International 3 min. 07.09.2020

Le patronat belge tire la sonnette d’alarme

Si la Première ministre Sophie Wilmès a géré l’urgence de la pandémie sanitaire, la relance nécessiterait elle un «vrai gouvernement», estime le patron de la FEB, Pieter Timmermans.

Le patronat belge tire la sonnette d’alarme

Si la Première ministre Sophie Wilmès a géré l’urgence de la pandémie sanitaire, la relance nécessiterait elle un «vrai gouvernement», estime le patron de la FEB, Pieter Timmermans.
Photo: AFP
International 3 min. 07.09.2020

Le patronat belge tire la sonnette d’alarme

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Les faillites frapperaient 20% des entreprises dans les prochains mois et pourtant aucun plan de relance n’est prévu pour l’instant.

De notre correspondant Max Helleff (Bruxelles) - Le produit intérieur brut, le déficit public, la dette du pays : tous les indicateurs macroéconomiques se sont désespérément affolés depuis mars dernier et le début de la crise sanitaire. Il faut y ajouter la confiance perdue des consommateurs qui s'est traduite par des soldes catastrophiques, le tourisme bruxellois en plein marasme ou encore la redoutable montée en puissance du chômage. En un mot : l’économie belge ne va pas bien.

Conséquence : les milieux de l’entreprise sont inquiets. Dans ‘Le Soir’ de lundi, Pieter Timmermans, l’administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), estime que le plus difficile reste à venir. La faillite menacerait quelque 20% des 400.000 entreprises belges. Les secteurs les plus touchés sont le tourisme, l’événementiel, la culture, l’horeca. Mais le commerce, le textile, l’ameublement et l’alimentation pourraient également payer les pots cassés.


LAS VEGAS, NEVADA - SEPTEMBER 01: Senior student Arsen Topchyan divides an environmental sample into conical tubes to prepare it for experimentation during an in-person Phage Discovery Laboratory course by life sciences professor Dr. Christy Strong at UNLV amid the spread of the coronavirus (COVID-19) on September 1, 2020 in Las Vegas, Nevada. Strong has two other classes of 50 and 250 students that she teaches remotely. To lower the number of people on campus to allow for social distancing because of the pandemic, the university moved fall 2020 courses with more than 50 students, about 80 percent of its classes, to remote instruction, with 20 percent of courses held in-person or hybrid. UNLV is only using large classrooms with spaced out seating and under 50 percent capacity for in-person classes, which are now staggered to reduce density on the campus.   Ethan Miller/Getty Images/AFP
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Pour Pieter Timmermans, «la vraie crise est devant nous et elle va durer longtemps. On ne va vraisemblablement pas revenir à un niveau acceptable de croissance économique avant la mi-2021, les faillites vont arriver, la hausse du chômage structurel, l’impact sur le pouvoir d’achat.»  

Ce week-end, dans 'L’Echo', c’est le patron de la banque KBC, Johan Thijs, qui faisait un constat assez proche. «La crise est tellement profonde qu’il est utopique de croire que la contribution d’une petite minorité suffira», avertissait-il. «Nous devrons tous faire des sacrifices.»

Absence de plan de relance

Ces sorties ne sont pas fortuites. La Belgique a de bonnes chances de se donner un gouvernement fédéral dans les prochaines semaines. Son accord reste toutefois à négocier entre sept partis, et le monde patronal entend ne pas se faire oublier.

Pieter Timmermans regrette ainsi que la Belgique n’ait toujours pas de plan de relance. «Chez nous, la Première ministre Sophie Wilmès a géré l’urgence, elle a consulté, mais il n’y a pas de gouvernement. C’est d’autant plus grave qu’il y a aussi un plan qui a été décidé au niveau européen sur lequel la Belgique aura un droit de tirage. Autrement dit : pour en bénéficier, il faut venir avec des projets. Et pour cela, il faut une majorité gouvernementale qui a le mandat pour les déterminer. Bref, un vrai plan de relance avec un vrai gouvernement et des personnalités pour le porter», explique-t-il. Le patron de la FEB en profite pour identifier quatre piliers : la relance telle qu'il la conçoit sera «non seulement économique, mais aussi sociale, écologique et digitale.»


(From L) N-VA chairman Bart De Wever, King Philippe of Belgium and PS chairman Paul Magnette leave after a meeting with the King at the Royal Palace in Brussels, on July 31, 2020, regarding the formation of a new government after the federal elections of 26 May 2019. (Photo by NICOLAS MAETERLINCK / BELGA / AFP) / Belgium OUT
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L’exclusion de la N-VA de Bart De Wever des négociations gouvernementales en cours est assurément une mauvaise nouvelle pour le monde patronal. S’il peut compter sur les libéraux et les chrétiens-démocrates pour défendre ses intérêts dans la difficile équation économie/social/environnement, ces formations risquent de manquer de poids à certains moments face au Parti socialiste de Paul Magnette. A n’en pas douter, l’alliance qu’avait nouée Magnette et De Wever en août dernier avant de connaître l’échec eût davantage rencontré les aspirations des patrons. Conclue entre les deux principaux partis du pays, elle était le gage d’un équilibre plus clair entre la gauche et la droite.

Rien n’est toutefois acquis à ce stade. Une énième volte-face des chrétiens-démocrates flamands n’est pas exclue. Quant à Bart De Wever, il ne décolère pas, jugeant inadmissible que son parti, le plus important de Flandre, ne soit pas partie prenante à la négociation.

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