Changer d'édition

Le Parlement européen s'apprête à couper le cordon
International 3 min. 29.01.2020 Cet article est archivé

Le Parlement européen s'apprête à couper le cordon

L'histoire est en marche. Tim Barrow, le représentant du Royaume-Uni auprès de l'UE, a présenté ce mercredi matin les derniers documents.

Le Parlement européen s'apprête à couper le cordon

L'histoire est en marche. Tim Barrow, le représentant du Royaume-Uni auprès de l'UE, a présenté ce mercredi matin les derniers documents.
Photo: AFP
International 3 min. 29.01.2020 Cet article est archivé

Le Parlement européen s'apprête à couper le cordon

Bruxelles va ratifier le traité de retrait sur les modalités du divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, dernière étape majeure pour parachever le Brexit, deux jours avant la sortie des Britanniques.

(AFP) - Le vote historique est prévu aux alentour de 18h après un débat de deux heures où chacun pourra prendre la parole. Le scrutin ne durera que quelques minutes et devrait se conclure sans surprise par le feu vert du Parlement, à la majorité simple des voix exprimées.

«C'est une blessure pour nous», a commenté le président du Parlement européen David Sassoli dans un entretien à CNN, à la veille de cette journée particulière. «Mais nous devons respecter la volonté des citoyens britanniques». Le représentant du Royaume-Uni auprès de l'UE, Tim Barrow, a de son côté déposé mercredi matin au Conseil européen le document officiel montrant que Londres a rempli toutes ses obligations légales pour sortir de l'UE.

La toute dernière étape sera l'adoption par procédure écrite jeudi du traité par le Conseil (les Etats membres). Après 47 ans d'une relation souvent difficile, le Brexit sera effectif vendredi à minuit.


Ursula von der Leyen (à g.) et Charles Michel ont paraphé le document sous le regard de Michel Barnier
Commission et Conseil de l'UE signent l'accord de Brexit
Ursula von der Leyen et Charles Michel ont signé vendredi l'accord de Brexit approuvé par le Royaume-Uni pour permettre sa ratification par le Parlement européen, a annoncé la présidente de la Commission européenne.

Il y a une semaine, la commission parlementaire chargée du dossier a recommandé un vote en faveur de l'accord, à une très large majorité. Sur les 26 membres, seuls trois s'y sont opposés, des élus britanniques issus du parti travailliste, des LibDem et du parti national écossais (SNP). A cette occasion, Guy Verhofstadt, qui a présidé le groupe de contact pendant toute les négociations sur le traité, a rappelé qu'il ne s'agissait pas de bloquer le divorce. «Le choix est entre un Brexit ordonné et un Brexit dur», a-t-il insisté.

Comment se dire adieu

Le vote de mercredi scelle le départ des députés britanniques, sans que l'UE ne sache vraiment comment leur dire au revoir. Le moment est peu glorieux pour le bloc: après des années d'élargissement, c'est la première fois qu'un membre s'en va.

La signature du traité de retrait au milieu de la nuit de jeudi à vendredi la semaine passée par les présidents des institutions Ursula von der Leyen et Charles Michel, en catimini, sans présence des médias, a surpris. Pas de cérémonie protocolaire non plus pour le retrait des drapeaux britanniques.

«Ce sera fait avec toute la dignité nécessaire», a promis une porte-parole du Parlement, précisant qu'un exemplaire serait conservé au Musée de l'Histoire européenne à Bruxelles. L'eurodéputée du Brexit Party, Claire Fox, n'a pas hésité à qualifier cette attitude de «lâche».

«Ils devraient être prêts à honorer» ce départ «avec un sens du rituel plutôt que de refuser aux gens le droit d'avoir une cérémonie pour ce moment historique», a-t-elle dit.

Le vote en plénière sera suivi d'une déclaration du président du Parlement David Sassoli. Ce dernier invitera ensuite les eurodéputés britanniques et les chefs de groupes politiques à une «courte cérémonie». Le Royaume-Uni a en effet participé mardi à son dernier conseil des ministres de l'UE.

«C'est une semaine historique pour le Royaume-Uni et l'Union européenne», a commenté le représentant britannique Christopher Pincher, ministre pour l'Europe et les Amériques. «Nous nous réjouissons d'un monde très différent et d'une relation très différente», a-t-il ajouté.


ARCHIV - 10.04.2019, Großbritannien, London: Die Sterne einer EU-Fahne scheinen durch eine britische Fahne hindurch. Am 31.01.2020 soll Großbritannien die EU verlassen.  (zu dpa «"We will miss them"») Foto: Yui Mok/PA Wire/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
A la recherche de l'impossible accord commercial
L'Union européenne entrera samedi dans la seconde phase des négociations avec Londres, celle portant sur la relation future, en particulier au niveau économique. Etat des lieux avant ces discussions qui s'annoncent intenses.

Un chapitre se ferme, mais une nouvelle période de négociations tout aussi difficile s'ouvre: pendant la période de transition, au cours de laquelle le Royaume-Uni continuera d'appliquer les règles communautaires, l'UE et Londres vont devoir s'entendre sur leur future relation, en particulier un accord commercial.

A quatre jours du Brexit, le négociateur de l'UE Michel Barnier a averti qu'il était «absolument clair qu'il y aura des conséquences négatives». «Quel que soit l'accord que nous atteindrons sur notre future relation, le Brexit sera toujours une opération visant à limiter les dégâts», a-t-il déclaré.    


Sur le même sujet

Le Brexit approuvé après trois ans de crise
Cette fois, «it's done»: les députés britanniques ont donné leur feu vert au grand saut. Londres va enfin pouvoir quitter l'Union européenne, même si les négociations à venir s'annoncent délicates à mener même pour un Boris Johnson conforté par ce vote.
A video grab from footage broadcast by the UK Parliament's Parliamentary Recording Unit (PRU) shows tellers announcing the result of a vote on the third reading of the European Union (Withdrawal Agreement) Bill, in the House of Commons in London on January 9, 2020. - The European Union (Withdrawal Agreement) Bill has cleared the House of Commons after getting its third reading by 330 votes to 231. (Photo by HO / PRU / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - NO USE FOR ENTERTAINMENT, SATIRICAL, ADVERTISING PURPOSES - MANDATORY CREDIT " AFP PHOTO / PRU "
May une nouvelle fois «humiliée» par les députés
La presse britannique était sévère, mardi, après le vote lundi soir au Parlement d'un amendement permettant aux élus d'influer sur le processus du Brexit. Un vote qui complique encore un peu plus une affaire mal engagée.
A handout photograph released by the UK Parliament shows Britain's Minister for the Cabinet Office and Chancellor of the Duchy of Lancaster David Lidington (L), Britain's Prime Minister Theresa May (C) and Britain's Chancellor of the Exchequer Philip Hammond (R) listening to questions in the House of Commons in London on March 25, 2019 on the next steps that parliament will take in the Brexit process. - Prime Minister Theresa May admitted Monday she had still not secured the votes needed to get her Brexit deal through parliament, raising again the prospect that Britain could crash out of the European Union in two weeks' time. (Photo by Jessica TAYLOR / UK PARLIAMENT / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - NO USE FOR ENTERTAINMENT, SATIRICAL, ADVERTISING PURPOSES - MANDATORY CREDIT " AFP PHOTO /JESSICA TAYLOR/ UK Parliament"
Semaine cruciale pour le Brexit
Theresa May réunit lundi matin son gouvernement à l'entame d'une semaine stratégique pour le Brexit, qui pourrait voir le Parlement britannique dicter ses desiderata sur le processus de sortie de l'UE face à une Première ministre aux abois.
Theresa May s'empêtre dans les refus
Le parlement britannique a rejeté jeudi à nouveau trois options face au Brexit: le nouvel accord négocié par Theresa May à Bruxelles, le «no deal» et l'organisation d'un nouveau référendum. La sortie de l'UE pourrait être reportée au 30 juin.
Theresa May à la sortie du Parlement britannique jeudi soir.