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Le (papy) boom économique de la Wallonie
International 3 min. 31.07.2019

Le (papy) boom économique de la Wallonie

Comme la plupart des régions et des Etats qui composent le monde occidental, la Wallonie s’apprête à faire face au vieillissement de sa population.

Le (papy) boom économique de la Wallonie

Comme la plupart des régions et des Etats qui composent le monde occidental, la Wallonie s’apprête à faire face au vieillissement de sa population.
Photo: Shutterstock
International 3 min. 31.07.2019

Le (papy) boom économique de la Wallonie

Et si la «Silver Economy» constituait demain un formidable pôle de développement régional...?

Par Max Helleff (Bruxelles)

Comme la plupart des régions et des Etats qui composent le monde occidental, la Wallonie s’apprête à faire face au vieillissement de sa population. En 2040, 24% des Wallons auront plus de 65 ans. Ils seront 4% à dépasser les 85 ans.

Les coûts du «papyboom» pour la société s’annoncent énormes, ici comme ailleurs. Un exemple: selon des chiffres communiqués à l’occasion du Silver Economy Forum qui s’est tenu début juillet en Finlande, 18,7 millions d’Européens âgés vivront avec une forme de démence, dont Alzheimer toujours incurable. Ils étaient 10 millions en 2015.

Tout à refaire

Pour tenter d’alléger le fardeau, l’idée d’une assurance autonomie a vu le jour ces dernières années en Wallonie. Elle s’inspire de ce qui existe déjà en Flandre où le vieillissement de la population est davantage prononcé. En résumé, durant sa vie active, le Wallon contribuerait à la facture engendrée à terme par le grand âge. Dès 26 ans, une cotisation obligatoire annuelle et individuelle de 36 euros lui serait demandée. Un montant somme toute dérisoire en regard du défi posé par la santé et le bien-être des seniors.

Mais la fin de la législature en a décidé autrement. En mai, lorsque les Wallons comme tous les Belges sont allés aux urnes, l’assurance autonomie n’avait pas passé la rampe au Parlement. Tout est donc à refaire.

Inflation de la facture

Quoique… Aujourd’hui, plusieurs partis politiques soutiennent toujours le principe de cette assurance, à commencer par les libéraux, les socialistes et les écologistes qui négocient précisément la formation du prochain gouvernement régional.

Avec toutefois une nuance: les Rouges et les Verts voudraient que l’écot de chacun soit fixé en fonction de sa capacité contributive. Ils ne veulent pas d’un forfait, fût-il sur le papier extrêmement modeste. Leur crainte est, qu’une fois accepté, le principe de l’assurance autonomie n’autorise une inflation de la facture qui pénaliserait rapidement les plus défavorisés.

Une demande

Comme pour conjurer le sort, la Wallonie se rêve aussi en pôle de compétitivité de la Silver Economy. La personne âgée dépense des sommes importantes pour se loger, se vêtir, manger, avoir des loisirs. 30,83% des dépenses totales des ménages wallons : c’est ce que représentent les plus de 60 ans.

Or selon l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps) qui a rédigé un longue note sur la «Silver Economy», une part importante des besoins exprimés par les aînés ne sont pas satisfaits. Il existe donc une demande. Y répondre permettrait assurément de trouver une nouvelle voie pour l’économie wallonne.

Gouffre financier

Deux axes. Le premier consisterait classiquement à assurer les conditions nécessaires à la bonne santé des Wallons vieillissants. Le second veillerait à répondre aux besoins fonctionnels les plus évidents des personnes âgées, afin de leur permettre de rester intégrées dans une société qui n’a de cesse d’évoluer. Cela va des loisirs à la robotique en passant par le sport ou encore des logements adaptés.

L’Histoire, faut-il le préciser, ne prend pas actuellement cette direction. La santé publique est un gouffre financier et la ministre fédérale Maggie De Block s’est jusqu’ici employée à en réduire la profondeur. Les Wallons savent ainsi qu’ils devront bientôt affronter une pénurie de médecins. Reste à voir si, demain, le politique aura l’audace de parier sur la Silver Economy et de dégager à cet effet des montants équivalents à ceux qui tentent toujours d’arracher la Région à la morosité engendrée par la crise du charbon et de l’acier. 

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