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Le moteur thermique ne paie plus en Belgique
International 3 min. 20.05.2021

Le moteur thermique ne paie plus en Belgique

Avec la fin des centrales nucléaires, la Belgique devra  construire des centrales au gaz pour s'approvisionner en électricité. Lesquelles libèrent du CO2 dans l'atmosphère.

Le moteur thermique ne paie plus en Belgique

Avec la fin des centrales nucléaires, la Belgique devra construire des centrales au gaz pour s'approvisionner en électricité. Lesquelles libèrent du CO2 dans l'atmosphère.
Photo: Shutterstock
International 3 min. 20.05.2021

Le moteur thermique ne paie plus en Belgique

En 2026, seules les voitures électriques seront fiscalement déductibles pour les entreprises, mais ce système vertueux a ses vices.

De notre correspondant Max Helleff (Bruxelles)- Le dossier a pollué toute la législature précédente. Jamais en effet le gouvernement Michel n’est arrivé à trouver un accord pour bannir – ou revoir en profondeur – la fiscalité sur les voitures de société. La nouvelle majorité pilotée par le libéral Alexander De Croo, elle, y réussit en partie.


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Pour payer moins d’impôts, le secteur privé belge a coutume de payer moins ses employés tout en leur fournissant une voiture de société, gratuite en tout ou en partie. L’avantage est double : un salarié sur cinq n’a pas à financer son propre véhicule et l’employeur peut l’amortir fiscalement, donc être moins imposé.

En 2026, ce dispositif ne vaudra plus pour le moteur thermique. Seules seront fiscalement déductibles les voitures électriques. A 100% dans un premier temps, puis à 67,5% dès 2031. L’employeur n’aura d’autre choix que de promouvoir cette technologie s’il veut payer moins d’impôts. Un tel incitant ne sera pas de trop pour populariser la nouvelle formule : sur un million de véhicules de société en circulation, la part de la motorisation totalement électrique est à peine supérieure aujourd'hui à 2 %. Une règle transitoire s’appliquera aux voitures à carburant fossile acquises avant le 1er juillet 2023. Leur déductibilité ira en décroissant, rendant finalement caduc l’avantage fiscal qu’elles présentaient jusqu’alors.

Cette petite révolution n’a pu être obtenue que parce que certains partis présentés habituellement comme des défenseurs acharnés de la voiture de société ont accepté de revoir leurs positions. Ainsi le Mouvement réformateur (MR, libéral francophone) de Georges-Louis Bouchez a-t-il mis de l’eau dans son vin. «Très bon accord sur les voitures de société, qui pérennise durablement le mécanisme en passant progressivement à un parc automobile zéro émission», s’est réjoui celui-ci dans un tweet. Le libéral flamand Alexander De Croo a estimé que la « verdisation du parc automobile est définitivement enclenchée », qu’il y a là « une étape importante pour limiter les émissions de CO2 et accélérer l’innovation et les technologies vertes ».

Ces innovations passeront fatalement par l’amplification du réseau de stations de recharge actuel. Elia, le gestionnaire du réseau de transport haute tension, a prévu 1,5 million de véhicules électriques d’ici 2030. De leur côté, les entreprises qui investiront dans une borne accessible au public dans les trois années à venir obtiendront un avantage fiscal.


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Enfin, la «verdisation» de la voiture de société a un effet collatéral bien compris: pour ses critiques, même propre, elle perpétue un système fiscal qui nie l’égalité des employeurs et des employés face à la norme salariale. Et elle n’aidera en rien à réduire le nombre de véhicules sur les routes.

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