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Le moment de vérité pour Paul Magnette
International 3 min. 09.12.2019

Le moment de vérité pour Paul Magnette

Paul Magnette pourrait proposer ce lundi un gouvernement arc-en-ciel, condamnant ainsi la N-VA à l’opposition

Le moment de vérité pour Paul Magnette

Paul Magnette pourrait proposer ce lundi un gouvernement arc-en-ciel, condamnant ainsi la N-VA à l’opposition
Photo: AFP
International 3 min. 09.12.2019

Le moment de vérité pour Paul Magnette

Stop ou encore? Ce lundi, on connaîtra le sort réservé à la mission d'information qu'a reçue Paul Magnette le 6 novembre dernier. Après un mois de discussions et la collecte probable d’une série de compromis, le président du Parti socialiste fera à nouveau rapport au souverain.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Proposera-t-il de mener à bien le gouvernement arc-en-ciel qui lui tient à cœur ou passera-t-il au contraire la main? Toute la question est là.  

Jusqu'au dernier moment, Paul Magnette aura consulté les uns et les autres, dont le leader de la N-VA Bart De Wever. Les deux hommes se sont vus samedi, on imagine davantage par devoir que par plaisir.

«J'aurai de la visite. Pas du père Noël, mais de quelqu’un du Sud», avait auparavant indiqué en radio le nationaliste flamand Bart De Wever, affirmant que «quelque chose pourrait se décider ce soir» quant aux contours de la future formation fédérale. 


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Ce week-end, aucune annonce n’est toutefois venue confirmer la prophétie de Bart De Wever. Mais chacun sait que Paul Magnette tente de finaliser la coalition arc-en-ciel qui réunirait les socialistes, les écologistes et les libéraux, du nord et du sud du pays, pour les quatre prochaines années. Quatre ans,  car si une législature dure cinq ans en Belgique, le pays s'apprête à acter le premier anniversaire de son gouvernement en affaires courantes.

Les chrétiens-démocrates flamands sollicités

La principale inconnue réside dans la décision des libéraux flamands de l'Open-VLD de rejoindre l'arc-en-ciel ou au contraire de rester en dehors du jeu. La présidente des «bleus» Gwendolyn Rutten et son entourage plaident en faveur d'une alliance avec le PS et les Verts. Mais la base, elle, lui est plus que rétive. Elle craint de voir le parti perdre son âme dans une coalition étiquetée de gauche et d'assister en réaction au départ de ses militants pour la N-VA - dont le programme économique est proche de celui de l'Open-Vld.

Réussir à construire une coalition arc-en-ciel constituerait un succès retentissant pour Paul Magnette. Sur le site d'information Newsmonkey, l'influent commentateur Wouter Verschelden écrit que le socialiste serait plutôt bien reçu en Flandre. Pour son charisme - qui n'est pas sans rappeler celui de l'ancien Premier ministre Guy Verhofstadt – et bien sûr pour son bilinguisme.

Il reste qu'à ce stade un gouvernement arc-en-ciel n'aurait qu'un siège d'avance à la Chambre et ne disposerait de surcroît que d'une faible minorité dans le groupe linguistique flamand.

D'où les appels du pied de Paul Magnette aux chrétiens-démocrates flamands du CD&V. S'il parvient à les convaincre de monter à bord, la majorité arc-en-ciel «élargie» disposera de 12 députés supplémentaires à la Chambre. Le gouvernement aura une assise plus confortable avec 88 sièges sur 150, mais il restera en légère minorité côté flamand (42 sièges sur 89).


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Joachim Coens, le nouveau président du CD&V, s'est cependant montré peu prolixe ces derniers jours sur la situation au fédéral. Il se dit disponible pour discuter, mais préfère laisser les manettes au ministre sortant de la Justice, son camarade de parti Koen Geens

Autre solution: convaincre les humanistes du CDH – l'ex-parti social-chrétien francophone– de rejoindre l'arc-en-ciel. Ceux-ci se tâtent. S'ils franchissent le pas, leur président Maxime Prévot devra expliquer pourquoi il a opté pour la participation gouvernementale, alors qu'au lendemain des élections du 26 mai il avait clairement opté pour une cure d'opposition à tous les niveaux de pouvoir. Mais la tentation, on le devine, est grande.


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