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«Le Luxembourg pour moi, c’est très sentimental»
International 17 min. 04.10.2022
Anton Dolin, critique cinéma russe en exil

«Le Luxembourg pour moi, c’est très sentimental»

Anton Dolin: «Je ne pensais pas que ce serait une vraie guerre, je savais qu’il y avait un conflit larvé depuis 2014. Mais un conflit avec des chars et des bombes, je ne l’aurais jamais cru.»
Anton Dolin, critique cinéma russe en exil

«Le Luxembourg pour moi, c’est très sentimental»

Anton Dolin: «Je ne pensais pas que ce serait une vraie guerre, je savais qu’il y avait un conflit larvé depuis 2014. Mais un conflit avec des chars et des bombes, je ne l’aurais jamais cru.»
Photo: Anouk Antony/Luxemburger Wort
International 17 min. 04.10.2022
Anton Dolin, critique cinéma russe en exil

«Le Luxembourg pour moi, c’est très sentimental»

Megane KAMBALA
Megane KAMBALA
Le vendredi 30 septembre dernier, le célèbre critique de cinéma russe Anton Dolin était présent à Luxembourg-ville sur invitation de l'association RuHelp. Rencontre.

Bien avant son exil en Lettonie pour opposition à Vladimir Poutine, le critique de cinéma de renommée mondiale Anton Dolin était notamment l'homme qui avait fait sortir le réalisateur Ridley Scott de ses gonds pendant une interview Zoom fin 2021.


«Nous ne sommes pas tous des oligarques!»
Soutenir le peuple ukrainien tout en se mobilisant pour faire mentir l’assertion selon laquelle tous les Russes sont pour la guerre, c’est le combat de Sergey Terentyev et de ses amis, avec lesquels il a fondé l'asbl RuHelp.

Invité d'honneur d'une soirée caritative qui a réuni plusieurs membres de la communauté russophone du Grand-Duché vendredi dernier, sa présence a été l'occasion de rencontrer en amont celui qui s'est illustré dès le début de la guerre en Ukraine comme un opposant au conflit.

Monsieur Dolin, vous avez quitté la Russie une semaine après le début de la guerre en Ukraine le 24 février dernier. En tant qu'opposant au régime, qu'est-ce qui vous a décidé à partir?

«C'était une sorte de coïncidence. Ce qu'il faut savoir avant toute chose, c'est qu'à la base, ma femme et moi, nous sommes des gens avec un certain succès dans nos domaines respectifs: elle s’occupe de la distribution de films et moi je suis critique de cinéma et journaliste.

Nous avons notre public, de bons salaires, nos enfants fréquentent de bonnes écoles. Nous étions des privilégiés et n'avions jamais eu l'intention de quitter le pays, jamais. Quand la guerre a commencé, j'avais l’intention de lutter comme je pouvais à l'intérieur du pays, à mon niveau. C’est pourquoi je me suis adressé à mon public, via une vidéo de prise de position sur ma chaîne Youtube qui rassemble tout de même un peu plus de 250.000 personnes pour une chaine culturelle.

Ma planche de salut, je la dois à une invitation au festival Artdocfest de mon ami Vitaly Manksy, un Ukrainien qui est réalisateur documentaire.

Anton Dolin

Je l'ai postée le deuxième jour de la guerre, elle rassemblait tous mes collègues qui sont eux aussi contre cette guerre: réalisateurs, acteurs, scénaristes, et même des opérateurs. Le jour suivant, une loi a été promulguée, actant le fait de nommer la guerre comme passible de prison. Et le fait de se prononcer carrément contre assure actuellement d’aller en prison encore plus longtemps qu'en la nommant. Ce que j’avais fait était donc très dangereux.

A cette période, je n'ai d’ailleurs pas vu mes collègues dans d'autres pays écrire ou prononcer le mot guerre, mais ils parlaient plutôt d'un risque de mobilisation. Qu'on pourrait donc m'appeler, mais aussi mon fils aîné, âgé de 19 ans à cette période. C’est là que la pression est montée d'un cran supplémentaire.

A quoi devez-vous votre planche de salut?

«Je la dois à une invitation au festival Artdocfest de mon ami Vitaly Manksy, un Ukrainien qui est réalisateur de documentaires. Il m'avait invité avant le début des hostilités à Riga où il vit depuis 2014 pour raisons politiques après avoir quitté la Russie. Alors que je pensais que l’ensemble des festivals allaient être annulés, il m'a confirmé le maintien de l'Artdocfest, car les documentaires ne sont pas du divertissement. J'ai alors considéré la chose, de rester sur place deux ou trois semaines.

Nous avons fait nos bagages avec toute ma famille et au moment où on quittait notre appartement, nous avons découvert un Z énorme sur la porte d'entrée. C'est un signe que les services secrets font pour vous signifier qu'ils savent où vous trouver. Et il faut se mettre en tête que nous n'habitions pas dans une résidence où l'on entre facilement… Qu'ils connaissent mon adresse et que dans la même journée, nous ayons reçu beaucoup de messages hostiles sur nos messageries privées avec de faux profils a achevé de me convaincre. D'une simple idée, partir était devenu une certitude.

Pouvez-vous nous raconter votre périple pour arriver en Lettonie?

«Lorsque nous sommes partis, tous les vols internationaux avaient été annulés, alors que normalement, il faut une heure et demie pour se rendre en Lettonie depuis la Russie. Il fallait pourtant que nous traversions la frontière, ce qui nous a finalement pris un peu plus de 24h. Nous avons d'abord pris un train de nuit pour aller le plus loin possible, un bus, et nous sommes ensuite allés jusqu’à la frontière à pied.

Nous y avons été longuement interrogés pendant plus de trois heures avant de pouvoir continuer notre chemin. A aucun moment nous n'avons mentionné le festival, car mes fils n'étaient pas invités en propre: nous avons prétendu aller en France pour voir ma mère, car elle a une petite maison en France. C'était de l’improvisation totale mais plausible, puisqu'il n'y avait plus d'avions pour s’y rendre.

Deux ou trois heures après ce passage et notre arrivée à Riga, j’ai pu lire sur une chaîne télégramme anonyme qu’''Anton Dolin le traitre de son pays est en France''. Cela a conforté mon impression d’être surveillé, puisque les infos recueillies le jour même à la frontière ont directement été retransmises aux services secrets, voire au Kremlin pour ce que j’en sais. L’Europe était donc notre meilleure option.

Il faut savoir qu'il règne une grande hypocrisie dans le système russe. On pouvait travailler pour un grand média d'Etat et être un opposant.

Anton Dolin

Est-ce que vous avez vu ce conflit arriver?

«Oui, mais je ne pensais pas que ce serait une vraie guerre. Je savais qu'il y avait un conflit larvé depuis 2014. Mais un conflit avec des chars et des bombes, non, je ne l'aurais jamais cru.

Avez-toujours été un opposant notoire au régime de Poutine?

«Oui, depuis toujours, mais pour quelqu'un qui vit dans une société démocratique c'est peut-être difficile à concevoir. Il faut savoir qu'il règne une grande hypocrisie dans le système russe. On pouvait travailler pour un grand média d'Etat et être un opposant, même en l'écrivant sur Facebook ou en participant à des manifestations, si tant est que jamais les opinions ne soient exprimées sur une chaîne télé ou station radio d'Etat.

Moi je présentais des films, donc ça allait, je ne parlais ‘que de cinéma’. Même si d'une certaine façon, on peut prendre position via les critiques de films qu'on fait, en démolissant un film de propagande par exemple. J’ai d'ailleurs perdu deux emplois à cause de ça, mais je restais le critique cinéma le plus populaire du pays, donc j'ai toujours retrouvé du travail.

Je travaillais même pour une radio d'Etat depuis cinq ans, dépolitisée certes mais tout même. A la télé je passais sur la première chaine, très regardée et très propagandiste. Mon show était humoristique, pour parler de films. Cependant, j'avais dans le même temps un contrat chez Medusa, un média maintenant ennemi d'Etat en raison de son opposition affichée. Le vrai point de rupture a été la guerre en ce qui me concerne. Depuis le 24 février, d’un Etat autocratique, la Russie est vraiment devenue un régime totalitaire.

La soirée caritative «Parlons de cinéma et pas seulement» a eu lieu à la Banque de Luxembourg le 30 septembre 2022.
La soirée caritative «Parlons de cinéma et pas seulement» a eu lieu à la Banque de Luxembourg le 30 septembre 2022.
Photo: Anouk Antony/Luxemburger Wort

Vous avez été l'invité d'honneur de RuHelp ce vendredi 30 septembre pour la soirée caritative «Parlons de cinéma et pas seulement». Qu’est-ce qui vous a poussé à accepter l’invitation et à venir en personne au Luxembourg à la rencontre de sa communauté russophone?

«Il y a deux raisons, la première c'est que la communauté russophone qui a fui la guerre est très dispersée et très désespérée. Ces personnes trouvent un certain apaisement lorsque je les rencontre, alors je considère que c'est un honneur d'aller vers elles. La deuxième raison est personnelle, j'ai un lien très particulier avec le Luxembourg.

Ce n'est pas la première fois que vous venez ici?

«C'est la troisième fois. La première, c'était il y a 25 ans, j'étais un jeune correspondant d’une radio d'information et j'avais été envoyé ici pour un sommet de l'Otan qui s’est tenu au Luxembourg et à Bruxelles. Je faisais donc partie d'un petit groupe de journalistes russes. Je déteste les informations conventionnelles, donc pendant le trajet entre Bruxelles et Luxembourg, j'ai lu les nouvelles concernant les résultats du Festival de Cannes et il y avait le film ‘Les idiots’ de Lars Von Trier. Il n'avait pas gagné de prix mais il avait fait beaucoup parler de lui.

J'avais trouvé le papier très intéressant et quand le bus est entré au Grand-Duché, j'ai vu plein d'affiches du film qui était alors en salle. J'ai donc pris un billet pour aller le voir le soir même. Cela m'a beaucoup marqué, la façon dont le film avait été filmé pour l’époque et ce qu'il montrait. C'était très radical. De là, je me suis dit qu'après tout, si un journaliste russe pouvait être envoyé en Europe pour un sommet, c'était aussi possible de couvrir le Festival de Cannes.

Un conflit à notre époque, c'est le rare moment d'impuissance des documentaires. Nous sommes dans l'ère des téléphones mobiles avec appareil photo et caméra intégrée. C'est instantané, ça a plus de pouvoir que n'importe quelle production artistique

Anton Dolin

A mon retour j'ai donc demandé à mon chef de m'y envoyer. L'année d'après, j’y étais et c'était le début de ma carrière de critique de cinéma. Donc tout est lié. L’année suivante, j'épousais ma femme et nous avons fait notre voyage de noces au Benelux et sommes repassés par le Luxembourg. Nous sommes retournés au cinéma, cette fois pour voir ‘Sleepy Hollow’ de Tim Burton. Le Luxembourg, c’est très sentimental pour moi, une autre coïncidence qui fait partie de l’histoire de ma vie.

En tant que critique de cinéma, comment caractériseriez-vous le rôle de l'art pendant un conflit?

«C'est une grande question, je ne suis pas sûr d'avoir une réponse toute faite. D'une certaine façon, l'art est inutile, parce que quand on tue quelqu'un, l'art, tout comme la religion, ce n'est de mon point de vue pas d’une grande aide. Ça peut consoler les personnes qui y sont déjà sensibles mais même là, ce n'est pas garanti. Et de toute façon, ça ne constitue qu'un refuge quelque peu indécent. C'est compréhensible de se cacher dans l'art, mais ça n'aide pas à résoudre les problèmes.

Mais l’art, cela peut être aussi une sorte de mémento de ce qui se passe au moment des conflits…

«J'ai abordé la question avec mon ami Mansky encore hier au Monténégro et on se disait justement qu'un conflit à notre époque, c'est le rare moment d'impuissance des documentaires. Nous sommes dans l'ère des téléphones mobiles avec appareil photo et caméra intégrée. C'est instantané, ça a plus de pouvoir que n'importe quelle production artistique. Même si tu es un artiste sur le champ de bataille!

J'assume le choix que j’ai fait de m’opposer à la guerre, je ne suis pas une victime, et avant d’être en exil, j’étais un privilégié et j’en ai conscience.

Anton Dolin

On est pris entre ce besoin d’être au plus proche de la réalité brute et celui de prendre de la distance pour analyser ce qu'on voit et ce qu'on veut montrer. Heureusement, les guerres ne sont pas éternelles, un jour celle-ci se terminera. C'est à ce moment qu'on se demandera quoi faire pour que ça ne recommence pas et que l'art reprendra toute sa force. Il sera plus puissant que n'importe quelle philosophie, travail journalistique ou travail d’historien. L'art est numéro un pour pousser à la réflexion et c'est aussi une médecine qui peut guérir, pour celui qui produit ou celui qui regarde.

J'ajouterais toutefois que parmi les films que j’ai regardés cette année - chose qui a été difficile pour moi dans un premier temps -, je suis à présent capable d'analyser et voir ce qui est actuellement lié à la guerre. Je citerais l'ultime film du réalisateur lituanien Mantas Kvedaravicius, tué début avril à Marioupol en Ukraine. C'est sa femme qui a sauvé son corps et son travail, ce qui a permis de monter le film en à peine quelques semaines pour qu'il soit présenté à Cannes. C'est bien du cinéma mais en même temps, c'est un vrai morceau de la guerre, une combinaison rare dont le prix a été la vie du cinéaste.

Pourquoi avoir attendu un certain temps avant de regarder à nouveau des œuvres?

« C'est dur à expliquer, mais je m'y suis finalement remis parce que le cinéma documentaire apporte des réponses que le cinéma de fiction ne peut donner. Il y a les visages, les voix, les corps réels et c'est important. Actuellement, le travail le plus représentatif pour moi c'est celui d’un réalisateur ukrainien réfugié en Europe, Sergueï Loznitsa. 

Il a sorti le documentaire 'Babi Yar. Contexte' qui raconte l'un des épisodes les plus sombres de l'histoire de l'Ukraine, avec le massacre de 33.771 Juifs en 1941 pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est un sujet encore toujours tabou en Ukraine. Cela place le pays comme une scène de guerre, avec un passé qui renvoie au présent, sans besoin de préciser quoique ce soit.

«Je dirais seulement qu'en tant que Russe, je ne peux pas juger les Européens, et d'ailleurs, je me sens moi-même Européen.»
«Je dirais seulement qu'en tant que Russe, je ne peux pas juger les Européens, et d'ailleurs, je me sens moi-même Européen.»
Photo: Anouk Antony/Luxemburger Wort

Mais je ne renie pas le pouvoir de la fiction, le dernier film des frères Dardenne présenté au Festival de Cannes cette année, 'Tori et Lokita', m’a beaucoup touché. Cela raconte comment deux jeunes migrants venus d'Afrique survivent en Belgique et comment on peut basculer dans l'illégalité pour s'en sortir. Cela me renvoie à mon statut de Russe qui pour le moment a un visa valide, mais qui n'en aura peut-être plus, ce qui me renverrait en Russie, avec des conséquences peu réjouissantes. La nuance est que dans mon cas, j'assume le choix que j'ai fait de m’opposer à la guerre, je ne suis pas une victime, et avant d'être en exil, j'étais un privilégié et j'en ai conscience.

Concernant la guerre en Ukraine et ses conséquences, vous avez déclaré dans une interview en juillet dernier que vous ne croyez pas en la notion de honte collective mais à celle de responsabilité collective pour vous et vos compatriotes. Pouvez-vous préciser votre pensée?

«La notion de responsabilité pour mon peuple, c'est le fait que ses membres adultes, qui peuvent réfléchir par eux-mêmes, font partie d'un grand corps national qui commet actuellement un crime devant les yeux du monde. Ce n'est pas une question de honte de faire partie de tout cela, d'être là et ne pas pouvoir l'empêcher.

La honte pour moi, c'est une sensation, une émotion, mais on ne peut pas systématiquement l'imposer à quelqu'un, ça ne marche même pas forcément avec les enfants.

Tous les Russes sont d'une certaine façon rendus responsables dans l’esprit collectif, même si on ne peut pas affirmer ce que chacun d’eux pense…

Anton Dolin

Mais la responsabilité est là, même si on se dit non-coupable. Les conséquences sont là: il n'y a plus de MacDonald, plus de Starbucks, plus de week-end à Paris sur un coup de tête. C'est comme lorsqu'on commet un crime, on peut dire, oui je suis coupable ou non je ne le suis pas, mais c'est le juge en face qui décide à la fin. Tous les Russes sont d'une certaine façon rendus responsables dans l'esprit collectif, même si on ne peut pas affirmer ce que chacun d’eux pense…

Avez-vous actuellement des projets en cours en tant que critique de cinéma free-lance et écrivain?

«Oui je travaille et heureusement, pour Medusa notamment: toute la rédaction a quitté Moscou et s'est installée à Riga, là où elle avait été fondée au départ. Donc j'ai un salaire. Par contre, tous mes autres contrats sont perdus, pour toujours ou pas, la suite le dira.

Vous avez déclaré en avril dernier que votre décision de quitter la Russie était une forme d’abandon en tant qu’opposant au régime de Poutine et que cela constituait un échec par rapport à votre souhait de placer la Russie sur la carte de l’Europe. Que pensez-vous justement des derniers débats qui ont lieu sur la scène européenne, notamment sur la question des visas accordés aux ressortissants russes?

«Je crois que c'est une question très sensible. Je dirais seulement qu'en tant que Russe, je ne peux pas juger les Européens, et d'ailleurs, je me sens moi-même Européen. Je perçois l’Europe comme actuellement très divisée. On l’a vu pendant le covid. On pourrait d'ailleurs nommer trois actes qui prouvent le grand mirage de l’unité absolue de l’Union européenne.

D’abord le Brexit, ensuite le covid, avec la fermeture des frontières et le piétinement des droits constitutionnels. Et enfin la guerre en Ukraine. Quand on regarde le passé colonial de certains pays, on comprend que ça puisse être dur de se positionner sur ce qui se passe actuellement.

Pourtant, dans le même temps, les personnes avec des origines et des noms russes ont eu des problèmes avec leurs banques un peu partout en Europe, ce qui va à l’encontre des principes démocratiques… C’est un grand bazar, mais je ne dirais pas que de façon générale l’Europe est partisane de la cancel culture pour les Russes. Oui certains Ukrainiens sont pour le boycott et on peut le comprendre. Mais face à ça, les réponses de part et d’autre sont très différentes dans l’Union.

Si j’apprenais qu’on boycotte les films russes quelque part, je comprendrais. Même si de toute manière, mon accord ou mon désaccord ne changent rien à la finalité des choses!

Anton Dolin

Par exemple, je me suis promené en ville tout à l’heure et je suis passé devant une librairie, en vitrine, il y avait un livre d’une auteure ukrainienne, et près d’elle, trois classiques russes. Pour moi ce serait plus logique de voir des auteurs français, anglais ou autres, mais c'était ces livres-là. Preuve que la cancel culture qui viserait les Russes n'est pas à l’œuvre partout.

Je vis à Riga où le gouvernement est ouvertement contre les Russes, alors que la population est russophone. Comment tout ça va évoluer? La question est ouverte… Tout est abstrait. Ma communauté sur ma chaine est tellement hétéroclite que je ne sens pas ce boycott annoncé. Mais dans tous les cas, si j'apprenais qu’on boycotte les films russes quelque part, je comprendrais. Même si de toute manière, mon accord ou mon désaccord ne changent rien à la finalité des choses!

Au vu des dernières actualités, comment envisagez-vous la suite pour vous et votre famille ? Pensez-vous que le conflit est amené à durer dans le temps?

«Je n’ai plus qu'une vision à court terme. Tout dépend de Poutine. Je ne sais pas où tout ça va nous mener. Notre situation est plus confortable que celles de nos frères ukrainiens qui souffrent, même si rien n'est très arrêté et peut très vite changer.»

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