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Le Luxembourg débloque 120 millions
International 3 min. 28.09.2015 Cet article est archivé
Financement international de l'action climatique

Le Luxembourg débloque 120 millions

La ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg ; le ministre de la Coopération et de l'Action humanitaire, Romain Schneider, et le Premier ministre, Xavier Bettel
Financement international de l'action climatique

Le Luxembourg débloque 120 millions

La ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg ; le ministre de la Coopération et de l'Action humanitaire, Romain Schneider, et le Premier ministre, Xavier Bettel
Copyright : ministère d'Etat
International 3 min. 28.09.2015 Cet article est archivé
Financement international de l'action climatique

Le Luxembourg débloque 120 millions

Le Premier ministre, Xavier Bettel, a annoncé dimanche, à la tribune des Nations unies, que l'engagement du Luxembourg dans le cadre de la lutte contre le dérèglement climatique se portera à 120 millions d'euros, sur la période 2014 - 2020. En marge du sommet, un nouveau programme de coopération a été signé entre le Luxembourg et le Niger.

(DN avec AFP) - Le Premier ministre, Xavier Bettel, a annoncé dimanche, à la tribune des Nations unies, que l'engagement du Luxembourg dans le cadre de la lutte contre le dérèglement climatique se portera à 120 millions d'euros, sur la période 2014 - 2020.

Ces moyens s'ajoutent à ceux débloqués à destination de l'aide publique au développement (APD).

M. Bettel, accompagné du ministre de la Coopération et de l'Action humanitaire, Romain Schneider, et de la ministre de l’Environnement, Carole Dieschbourg, représentait le Luxembourg au sommet qui a adopté le programme de développement durable à l'horizon 2030.

Xavier Bettel, en plénière du sommet des Nations unies sur le développement durable à New York
Xavier Bettel, en plénière du sommet des Nations unies sur le développement durable à New York
Photo: Reuters

Il a rappelé le lien entre les crises humanitaires et environnementales: « Nous n’allons pas surmonter les crises majeures – les migrations, les guerres et la faim – sans restituer la dignité des hommes et des femmes dans le respect de la terre qui nous nourrit. »

L'ONU parie sur un monde meilleur d'ici 15 ans

Le sommet des Nations unies sur le développement durable visait, plus globalement, à assurer la poursuite des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), qui portaient sur la période 2000 - 2015.

L'objectif numéro un est "d'éliminer la pauvreté sous toutes ses formes": 836 millions de personnes vivent encore avec moins de 1,25 dollar par jour.

Copyright : ministère d'Etat

Il faudra aussi assurer l'accès de tous à l'éducation et à la santé, lutter contre les inégalités croissantes, promouvoir les femmes et la bonne gouvernance et, enfin, limiter le réchauffement de la planète.

S'ajouteront à ces défis la forte croissance démographique attendue d'ici 2030 en Afrique subsaharienne, l'urbanisation à outrance ou le vieillissement de la population, qui alourdit les comptes sociaux. 

Dans ce cadre, Romain Schneider a signé, en marge du sommet, un nouveau programme indicatif de coopération avec le Niger, portant sur la période 2016 - 2020. Il porte sur l'éducation de base et la formation professionnelle, sur l'accès à l'eau et à l'assainissement et finalement sur le développement rural. Il touchera notamment des régions particulièrement vulnérables dans le sud-est du pays, touchées par les effets néfastes du changement climatique et par les violences du Boko Haram.

Un chantier pharaonique

M. Bettel a salué l'ambitieux agenda adopté par les 193 pays membres de l'ONU, précisant qu'il « nécessitera des sources de financement diversifiées et mutuellement complémentaires. L’APD garde toute sa pertinence, et restera un levier crucial pour apporter des capitaux supplémentaires ».

Car il faudra, selon les experts, trouver entre 3.500 et 5.000 milliards de dollars par an sur 15 ans, voire davantage, pour le financer. C'est plus que le PIB de la France, du Royaume-Uni ou de l'Allemagne.

Or, l'aide au développement accordée par les Etats riches aux plus pauvres est en baisse pour cause de crise économique. 

Et comme le rappelait l'ambassadrice américaine à l'ONU, Samantha Power, "une guerre civile dans un pays en développement peut ramener l'économie de ce pays 30 ans en arrière".

Le Premier ministre luxembourgeois a salué que l’ONU ait prévu des indicateurs précis afin de juger les progrès accomplis par chaque pays. Mais chaque pays restera libre d'appliquer ou non les objectifs et choisira les moyens de le faire.

Les précédents « Objectifs du Millénaire » : résultats mitigés

Les résultats du précédent plan sont mitigés. Extrême pauvreté et mortalité infantile ont chuté de moitié par rapport à 1990, des maladies comme le paludisme sont en net recul et 92% de la population des pays en développement a désormais accès à la téléphonie mobile (contre 10% en 2000).

Mais l'environnement a souffert de la croissance accélérée en Chine ou en Inde et les inégalités se sont creusées, l'Afrique subsaharienne et l'Asie du sud restant à la traîne.

Une personne sur quatre est mal nourrie en Afrique subsaharienne, alors qu'on gaspille 1,3 milliard de tonnes de nourriture chaque année dans le monde, et 57 millions d'enfants ne sont pas scolarisés.

Deux milliards et demi de Terriens n'ont pas accès à des toilettes et 1,3 milliard ne disposent pas encore d'un réseau électrique moderne.


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