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«Le Green Deal, un énorme gisement d'emplois»
International 4 min. 20.01.2020 Cet article est archivé

«Le Green Deal, un énorme gisement d'emplois»

Nicolas Schmit a insisté sur l'acquisition de compétences tout au long d'une carrière professionnelle.

«Le Green Deal, un énorme gisement d'emplois»

Nicolas Schmit a insisté sur l'acquisition de compétences tout au long d'une carrière professionnelle.
Photo: Lex Kleren
International 4 min. 20.01.2020 Cet article est archivé

«Le Green Deal, un énorme gisement d'emplois»

Invité à un dialogue citoyen, organisé à Belval ce lundi, Nicolas Schmit, le commissaire européen à l'Emploi et aux Droits sociaux a balayé les grands dossiers dont il a hérité. Pour l'ancien ministre LSAP du Travail, le pacte climatique pourrait offrir de nombreux débouchés.

(DH) - Du salaire minimum européen au Green Deal en passant par l'acquisition de compétences et même à la reine Elisabeth II: Nicolas Schmit (LSAP), le commissaire européen à l'Emploi et aux Droits sociaux, a parfois fait le grand écart, mais il est toujours retombé sur ses pieds.  

Il était invité par la Représentation de la Commission européenne au Luxembourg et l'EDIC Université du Luxembourg, ce lundi à Belval, à s'exprimer sur le thème «Ma mission: renforcer la dimension sociale de l'Europe». Et pendant plus d'une heure, il a abordé toutes les questions avec conviction, avec pédagogie aussi en raison des nombreux étudiants ayant pris place dans la salle.


13.6. IPO / Min du Travail / ITV Nicolas Schmit , Loi Compte-Epargnes Temps Foto:Guy Jallay
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D'entrée dans le vif du sujet avec une première question portant sur le salaire minimum européen, le Luxembourgeois de l'équipe von der Leyden, a d'abord rappelé qu'il avait lancé les consultations sur «l'opportunité» d'intervenir au niveau européen  sur les salaires minimums. «Et non sur le fait de fixer un salaire commun à tous». 

«Nous voulons rétablir la dignité du travail», a rappelé celui qui dispose d'un budget de plus de 100 milliards d'euros. Car, en Europe, «des millions de gens sont dans une situation de pauvreté parce que les salaires sont trop bas».

Pour parvenir à la mise en place d'un salaire minimum, Nicolas Schmit a appelé de ses vœux «plus de transparence», «davantage de dialogue social» et «plus de conventions collectives». Car, selon lui, la mesure ne suffit pas. «La fixation des salaires devrait être élaborée au travers des conventions collectives», comme il est de coutume en Suède ou au Danemark.

«Pas de cadre spécial pour le Luxembourg»

Quant à l'impact sur le Luxembourg que pourrait avoir l'instauration d'un salaire minimum dans l'UE, le commissaire européen a esquissé un sourire. «J'aurais dû m'attendre à cette question», a-t-il indiqué. «Je rappelle que notre revenu minimal est le plus élevé en Europe (…) et qu'il faut aussi prendre en compte tous les transferts (prestations familiales, pensions de retraites, allocations de chômage, etc.) qui l'accompagnent». «Je ne vais pas faire un cadre spécial pour le Luxembourg. Chaque pays verra les indicateurs que nous allons mettre dans ce cadre et nous verrons si des adaptations seront utiles.»

«Il faut que l'Europe s'assure une économie forte, et je ne parle pas uniquement des taux de croissance», a ensuite martelé Nicolas Schmit. «Il faut que l'Europe réussisse sa transition écologique. Dans le Green Deal, existe un énorme gisement d'emplois... à condition que les jeunes y soient préparés.»

Nicolas Schmit et le Dr Elena Danescu qui a réalisé la modération des débats.
Nicolas Schmit et le Dr Elena Danescu qui a réalisé la modération des débats.
Photo: Lex Kleren

Et le socialiste de rebondir sur une statistique européenne affirmant qu'un travailleur faiblement qualifié sur 25 bénéficie de l'apprentissage tout au long de son parcours professionnel. Les échanges ont ainsi logiquement porté  sur l'éducation et l'acquisition de compétences. 

«Nous ne savons pas quel sera l'impact de la digitalisation et de l'intelligence artificielle sur l'emploi (...) Mais nous estimons qu'il faut requalifier 50% de la force de travail européenne dans les cinq années à venir.» Au bas mot, 120 millions de personnes sont donc concernées au sein de l'UE. 

Pour Nicolas Schmit, l'acquisition de compétences permettra aux jeunes sans emploi de s'intégrer dans un marché où «un million d'emplois sont inoccupés, notamment dans les nouvelles technologies». Une opportunité qui concernerait «entre 4 et 62% des jeunes selon les régions européennes». 

«Seulement, si nous voulons gagner en compétences, il faudra aussi donner une chance à tous les enfants», a encore souligné le commissaire européen en référence à la statistique indiquant qu'un enfant sur quatre est exposé au risque de pauvreté et d'exclusion sociale. 

Si la question d'un minimum vieillesse n'est pas du ressort de la Commission, la question de l'égalité de traitement, et «la nécessité de transparence en matière de salaire», devra «impérativement» être évoquée. De même que l'impact du Brexit, «qui dépendra en grande partie de l'attitude de notre partenaire». Un partenaire dirigé par un Premier ministre qu'il ne tient pas à évoquer en public, au contraire de sa reine pour qui il éprouve un «profond respect».


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