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Le Grand-Duché épargné par la fumée de Lubriziol
International 2 min. 30.09.2019 Cet article est archivé

Le Grand-Duché épargné par la fumée de Lubriziol

Quatre jours après l'incendie, les établissements scolaires ont enfin pu rouvrir à Rouen et dans ses environs.

Le Grand-Duché épargné par la fumée de Lubriziol

Quatre jours après l'incendie, les établissements scolaires ont enfin pu rouvrir à Rouen et dans ses environs.
Photo: AFP
International 2 min. 30.09.2019 Cet article est archivé

Le Grand-Duché épargné par la fumée de Lubriziol

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Après l'incendie de l'usine pétrochimique située à Rouen, des inquiétudes sont nées de la dispersion du nuage de fumée issu de ce site classé pour sa dangerosité. Pour l'heure, les autorités n'ont pas relevé de «toxicité aiguë». Grâce au vent, le Luxembourg semble protégé de tout risque.

Le panache de fumée qui s'est échappé, jeudi 26 septembre, depuis l'usine Lubriziol de Rouen en feu n'en finit pas d'inquiéter les populations locales. Et même si, ce lundi, les autorités françaises ont autorisé la réouverture de 237 établissements scolaires dans l'agglomération normande, après contrôle et nettoyage, le doute persiste sur une éventuelle toxicité de ce nuage. Un dégagement qui a été visible sur plusieurs centaines de kilomètres.

Les inquiétudes sont en lien d'abord avec la nature même de l'usine impactée par cet incident. En effet, Lubriziol fait partie des 1.312 sites français classés Seveso. Des installations dont la dangerosité du process de fabrication ou des éléments nécessaires à la production impose des normes de sécurité renforcées. 

17 sites Seveso au Luxembourg

Pour mémoire, ce référencement fait écho à la tragédie de 1976, à Seveso en Italie, où l'explosion d'une usine chimique avait non seulement provoqué des centaines d'intoxications, la mort de milliers d'animaux d'élevage mais aussi la pollution de centaines d'hectares.

Au Luxembourg, 17 sites sont classés Seveso et se retrouvent donc suivis de près par les ministères de la Santé, du Travail, de l'Environnement et de l'Intérieur. Chez nos voisins belges, cette vigilance stricte est accordée à 381 installations, contre plus de 3.200 en Allemagne.

Les craintes des populations portent également sur la nature des produits ayant brûlé dans l'usine de Rouen: principalement des carburants et des additifs pour lubrifiants. Et quelques heures après les flammes, les habitants des alentours ont eu la désagréable surprise de constater des «pluies noires». Une suie préoccupante venant se déposer partout, bâtiments, rues, voitures, champs, jardins, vergers.

 

Signe que la confiance n'est pas encore revenue à Rouen, certains habitants n'hésitent pas à sortir équipés d'un masque anti-pollution.
Signe que la confiance n'est pas encore revenue à Rouen, certains habitants n'hésitent pas à sortir équipés d'un masque anti-pollution.
Photo: AFP

Cette suie n'a malheureusement pas seulement concerné Lubriziol et ses environs immédiats. Le nuage se déplaçant, ses retombées ont été visibles à plusieurs centaines de kilomètres à la ronde. Ainsi, dans la région des Hauts-de-France, des centaines de communes ont été impactées.

Elles ont fait le choix d'interdire «à titre conservatoire» la récolte des cultures et la mise sur le marché de tout aliment d'origine animale type lait, miel, œufs d'élevage en plein air. Une restriction prise même si, du côté de l'Etat français, les communiqués persistent à dire qu'«aucune toxicité aiguë» n'a été relevée. 

Des vents favorables

Au Grand-Duché, les autorités se veulent encore plus rassurantes. A commencer par l'administration de la qualité de l'air. En effet, aucune station de mesure en continu du pays n'a noté d'anomalie dans les relevés effectués depuis l'incident de Lubriziol. Et Pierre Dornseiffer, ingénieur à l'administration de l'Environnement d'expliquer notamment : «Le pays est situé à plus de 400 km de Rouen et la fumée parcourt difficilement pareilles distances.»

Mieux encore: la direction des vents. Depuis jeudi, les courants d'air n'ont pas été orientés de la Normandie vers le Luxembourg. Et puis, comme chacun a pu le remarquer dans la nuit de dimanche à lundi, les vents ont été particulièrement forts. «Tant mieux car cela favorise la dispersion des éventuels polluants», ajoute le spécialiste.