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Le gouvernement wallon prend un nouveau départ
International 3 min. 20.01.2020 Cet article est archivé

Le gouvernement wallon prend un nouveau départ

 Pierre-Yves Dermagne (au centre), le ministre des Pouvoirs locaux, est qualifié de «chevalier blanc».

Le gouvernement wallon prend un nouveau départ

Pierre-Yves Dermagne (au centre), le ministre des Pouvoirs locaux, est qualifié de «chevalier blanc».
Photo: Twitter
International 3 min. 20.01.2020 Cet article est archivé

Le gouvernement wallon prend un nouveau départ

Les trois derniers mois ont été consacrés par l’exécutif régional à mettre de l’ordre dans Nethys, une filiale de l’ex-Publifin. Un travail chronophage, mais nécessaire.

De  notre correspondant, Max HELLEFF (Bruxelles) - Le gouvernement wallon qui unit les socialistes aux libéraux et aux écologistes a été porté sur les fonts baptismaux en septembre dernier. Depuis, il s’est surtout signalé par une impressionnante discrétion. Il a bien été question du photovoltaïque et d’un «stop au béton» qui en finirait avec l’étalement urbain. Mais, pour le reste, c’est le calme plat.

En réalité, depuis trois mois, le gouvernement Di Rupo s’est concentré sur le scandale wallon du moment: l’affaire Nethys. Pour rappel, Nethys est le bras opérationnel d’Enodia, le nouveau nom de l’intercommunale liégeoise Publifin. En 2017, Publifin fut prise dans une véritable tornade. La presse révéla que plusieurs partis politiques, PS en tête, se servaient de l’intercommunale pour rémunérer grassement leurs hommes et femmes liges, la plupart du temps à ne rien faire.    

En dépit des promesses faites par le gouvernement wallon de promouvoir enfin la bonne gouvernance, le scandale Publifin s’est offert une «repasse» ces derniers mois. Les hommes d’affaires liégeois à la tête de Nethys – dont l’ancien bourgmestre socialiste d’Ans Stéphane Moreau – sont accusés d’avoir commis une série d’opérations financières douteuses pour s’enrichir personnellement, sans en référer à la tutelle publique.


Le «casse du siècle» secoue le monde politique wallon
Quatre anciens managers de Nethys se sont partagé 18,6 millions d'euros avant de quitter l'entreprise liégeoise, dont 11 millions pour le seul homme d'affaires et ex-membre du PS Stéphane Moreau. Une affaire qui fait la une des journaux belges depuis plusieurs semaines et qui menace d'exploser à la face du gouvernement wallon.

La gestion politique de cette affaire s’est révélée extrêmement chronophage pour le gouvernement wallon. Et plus particulièrement pour le ministre des Pouvoirs locaux Pierre-Yves Dermagne, un homme qui incarne la nouvelle génération socialiste et que L’Echo qualifie de «chevalier blanc».

Pierre-Yves Dermagne a tour à tour fait annuler la vente des actifs à laquelle avaient procédé les gestionnaires de Nethys. Il a fait saisir les folles indemnités de licenciement qui leur avaient été allouées (11,6 millions d’euros pour le seul Stéphane Moreau). Dermagne commente dans Le Soir: «Tout cela m’a clairement choqué. J’ai eu l’impression d’être face à des comportements d’oligarques russes: l’entre-soi, l’achat à vil prix d’actifs publics dans l’intérêt de quelques-uns…»

Pierre-Yves Dermagne ne s’opposera pas au nouveau projet de vente du câblo-opérateur Voo (un des actifs de Nethys) au fonds américain Providence. Cette fois, en toute transparence…

Tout cela, c’est du gâchis.

Un tel investissement de temps et d’énergie valait la peine. La crédibilité du gouvernement wallon en dépendait. Les socialistes qui sont à sa tête  n’ont pas oublié en outre que, c’est en prétextant de leur responsabilité dans l’affaire Publifin, que Benoît Lutgen les a débarqués en juin 2017 de l’exécutif wallon avant de s’allier aux libéraux. Lutgen y a vu l’opportunité de sauver son Centre démocrate humaniste (CDH) de la dégringolade que lui promettaient les sondages.

Deux ans plus tard, les Wallons constatent que les «décrets gouvernance» adoptés par le précédent gouvernement libéral-humaniste n’ont pas fonctionné à plein. Que la machine a de nouveau dysfonctionné. Le ministre Dermagne s’abstient toutefois d’égratigner ses prédécesseurs: «Mon sentiment, c’est que personne n’avait l’ensemble du puzzle. Tout cela, c’est du gâchis. Le comportement outrancier et indécent de quelques-uns a décrédibilisé et dévoyé ce beau modèle. Et ça va laisser des traces…»

Le dossier Nethys étant sous contrôle, le ministre-président wallon Elio Di Rupo peut rappeler que son équipe a trois priorités pour l’avenir: «Une ambition sociale, une ambition écologique et une ambition économique».


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