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Le gouvernement hongrois met fin à sa campagne anti-Juncker
International 3 min. 03.03.2019

Le gouvernement hongrois met fin à sa campagne anti-Juncker

Jean-Claude Juncker et George Soros apparaissaient dans une campagne électorale hongroise avec le slogan: "Vous avez le droit de savoir ce que Bruxelles prépare".

Le gouvernement hongrois met fin à sa campagne anti-Juncker

Jean-Claude Juncker et George Soros apparaissaient dans une campagne électorale hongroise avec le slogan: "Vous avez le droit de savoir ce que Bruxelles prépare".
AFP
International 3 min. 03.03.2019

Le gouvernement hongrois met fin à sa campagne anti-Juncker

Le parti du Premier ministre hongrois Viktor Orban a mené une campagne électorale contre le président de la Commission européenne et George Soros, ce qui pourrait lui valoir l'exclusion de son parti, Fidesz, des élections européennes.

(AFP) - Le gouvernement hongrois a annoncé samedi qu'il mettait fin à sa campagne d'affichage très controversée accusant le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le milliardaire et philanthrope George Soros d'être des suppôts de l'immigration illégale. 

Cette «campagne d'information (...) arrivera à son terme, comme prévu à l'origine, le 15 mars», a déclaré le porte-parole du gouvernement, Zoltan Kovacs, sur Twitter. La Commission européenne avait réfuté cette semaine «point par point» les allégations du Premier ministre national-conservateur Viktor Orban, les qualifiant d'«au pire carrément incorrectes sur le plan factuel ou au mieux très trompeuses». 

La campagne europhobe de M. Orban a suscité la colère au sein de la droite européenne qui pourrait décider d'exclure prochainement son parti Fidesz. La série de tweets de M. Kovacs a été postée en réponse à une interview du chef de file du Parti populaire européen (PPE), l'Allemand Manfred Weber, dans laquelle il estime qu'«avec ses déclarations et sa campagne d'affichage, Viktor Orban a considérablement nui au PPE». 

Le PPE, auquel appartient le Fidesz présidé par M. Orban, regroupe des formations de droite et de centre droit à l'échelle européenne. M. Juncker en est membre. «C'est pour cette raison que j'attends de lui qu'il présente ses excuses et cesse cette action», avait exigé M. Weber du Premier ministre hongrois. 

La campagne d'affichage hongroise avait été lancée la semaine dernière sous le slogan «Vous aussi avez le droit de savoir ce que Bruxelles prépare». Les affiches sont illustrées par les visages ricanant de Jean-Claude Juncker et du milliardaire américain d'origine hongroise George Soros, bouc émissaire de M. Orban et des nationalistes. 

Les deux hommes sont accusés de vouloir obliger les pays de l'UE à accepter des réfugiés et de chercher à affaiblir les gardes-frontières nationaux. Depuis, plusieurs partis au sein du PPE ont fait part de leur intention de sanctionner Viktor Orban et, éventuellement, de soutenir une procédure d'exclusion du parti Fidesz. 

Après Juncker et Soros, Frans Timmermans

Toutefois, le porte-parole a rétorqué dans ses tweets que «si le gouvernement hongrois est disposé à écouter toutes les critiques, la décision du peuple hongrois est plus importante à nos yeux que la discipline de parti». 

Dans une interview diffusée samedi soir sur le site internet de l'hebdomadaire allemand Welt am Sonntag, M. Orban a cependant fait savoir qu'une nouvelle campagne d'affichage commencerait après le 15 mars montrant le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans aux côtés de M. Soros. 

«Le rôle joué par Soros dans la politique européenne ne peut pas être passé sous silence et tout le monde a le droit de savoir que Timmermans est ouvertement son allié», a affirmé M. Orban. «Dans la prochaine phase de la campagne électorale, vous y verrez une autre figure sur les affiches... M. Timmermans», a-t-il dit. 

Frans Timmermans, qui est néerlandais, a endossé le rôle de chef de file des socialistes aux élections européennes de mai prochain. Pour déclencher la procédure d'exclusion d'un parti du PPE, il faut que sept partis issus d'au moins cinq pays en fassent officiellement la demande. Interrogé à ce sujet, M. Orban a répliqué qu'«en réalité les attaques proviennent de la gauche, pas pour nous affaiblir mais pour affaiblir le PPE». 


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