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Le G7 à Metz adopte une charte non contraignante
International 3 min. 07.05.2019

Le G7 à Metz adopte une charte non contraignante

Le G7 à Metz adopte une charte non contraignante

Photo: AFP
International 3 min. 07.05.2019

Le G7 à Metz adopte une charte non contraignante

Les ministres de l'Environnement du G7 réunis deux jours à Metz ont adopté lundi une charte pour la biodiversité, non contraignante. Au moment même où un groupe d'experts de l'ONU lance un vrai cri d'alarme sur l'état catastrophique de la nature.

(MF avec AFP) – Après deux jours de discussions à Metz, qui ont finalement peu impacté les frontaliers, les sept pays les plus industrialisés (France, Canada, Allemagne, Etats-Unis, Italie, Japon, Royaume-Uni) sont parvenus à la rédaction d'un communiqué final commun, lundi soir. Mais avec un paragraphe différent pour marquer les divergences avec les Etats-Unis sur le climat.


Décadence accélérée des richesses de la nature
Écosystèmes ravagés, eau polluée, air vicié, un million d'espèces menacées d'extinction... La nature nécessaire à l'humanité «décline plus vite que jamais dans l'histoire humaine», selon le rapport du groupe d'experts de l'ONU sur la biodiversité publié ce lundi.

«Andrew Wheeler a vraiment œuvré pour que nous puissions avoir ce communiqué commun», a assuré le ministre français de la Transition écologique, François de Rugy, en parlant du patron de l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA), qui de son côté a assuré que les discussions ont été «productives».

La touche américaine

Pour autant, les Etats-Unis ont refusé de s'associer au paragraphe 25 «sur le fait de rehausser notre ambition en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre» et ont «demandé que soit adjoint un petit texte, qui est donc le paragraphe 26 et qui est leur position propre», a précisé M. de Rugy.

Brune Poirson
Brune Poirson
Photo: AFP

Ce paragraphe indique que «les Etats-Unis réitèrent leur intention de se retirer de l'Accord de Paris sur le climat». «Nous reconnaissons le besoin de mesures transformatrices, à la hauteur du défi mondial posé par la biodiversité, et sommes déterminés à assumer notre part de cette tâche», assure par ailleurs le texte.


Le quotidien des frontaliers peu impacté par le G7 à Metz
Si l'accès à «la plus belle gare de France», dans la capitale mosellane, est restreint en raison de la venue de plusieurs ministres internationaux en ce premier weekend du mois de mai, les difficultés de circulation dans le quartier impérial n'ont pas découragé les frontaliers à se rendre au Luxembourg.

Le commissaire européen à l'Environnement et neuf pays invités (Mexique, Chili, Niger, Gabon, Egypte, Inde, Indonésie, îles Fidji, Norvège) ont aussi participé à cette réunion à Metz. La charte adoptée par les pays du G7 et une partie des pays invités servira de «socle» aux politiques publiques, a expliqué la secrétaire d'Etat française à la Transition écologique, Brune Poirson.

Rendez-vous à l'automne à Kunming

Ce texte non contraignant comporte trois points pour «accélérer et intensifier nos efforts pour mettre fin à la perte de biodiversité», «encourager l'engagement d'autres acteurs» et «soutenir l'élaboration et la mise en œuvre d'un cadre mondial post-2020 pour la biodiversité», sans aucun objectif précis ou chiffré.

A l'automne 2020 doit se tenir la réunion des Etats membres de la Convention de l'ONU sur la diversité biologique (COP15) à Kunming, en Chine, à l'automne 2020. Elle doit fixer un agenda pour protéger la biodiversité dans les années à venir, après l'échec à remplir la plupart des engagements pour 2011-2020.

Les responsables politiques pourront s'appuyer sur le rapport publié lundi par le groupe d'experts de l'ONU sur la biodiversité (IPBES). Le constat est sans appel: un million d'espèces animales et végétales sont menacées d'extinction et le déclin de la nature ne pourra être enrayé sans des changements majeurs de société.


Metz, capitale mondiale de l’environnement
Ces dimanche 5 et lundi 6 mai, la ville lorraine accueille un G7 tout spécial sur les enjeux de la transition énergétique. La société civile s'est également invitée pour dénoncer «la mascarade» des grandes puissances face à «l'urgence climatique».

Là où le G7 reconnaît «les possibilités économiques inhérentes à une bonne gouvernance environnementale» l'IPBES appelle à penser au-delà du PIB comme mesure de la richesse. «Ces déclarations de bonnes intentions (...) ne permettent pas de remettre en cause un modèle économique qui privilégie les intérêts des multinationales», critique Greenpeace dans un communiqué.

Pour Lucie Dufour de Réseau action climat (RAC), «ces déclarations d'intention étaient indispensables, mais font l'impasse sur des enjeux clés, comme celui de la fin des subventions aux énergies fossiles». La France espère «progresser en termes de négociations diplomatiques pour que les engagements soient plus précis» d'ici le G7 fin août à Biarritz, a fait savoir M. de Rugy.