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Le drame des maisons de repos belges
International 3 min. 19.04.2020 Cet article est archivé

Le drame des maisons de repos belges

Après avoir annoncé la reprise des visites des familles dans les maisons de repos, les autorités belges ont dû battre en retraite.

Le drame des maisons de repos belges

Après avoir annoncé la reprise des visites des familles dans les maisons de repos, les autorités belges ont dû battre en retraite.
Photo: AFP
International 3 min. 19.04.2020 Cet article est archivé

Le drame des maisons de repos belges

Les séniories paient cher le manque de préparation du pays face à la pandémie. Plus d’un mort sur deux attribué au covid-19 est un pensionnaire.

De notre correspondant Max Helleff (Bruxelles) -  C’est un couac monumental dans la gestion de la crise du covid-19. Après avoir annoncé mercredi dernier la reprise des visites des familles et des amis dans les maisons de repos, les autorités belges ont dû battre en retraite. Ces visites sont à nouveau interdites et les pensionnaires des séniories laissés à la seule surveillance du personnel soignant.

La mesure prise le 15 avril dernier par le Comité national de sécurité était pourtant guidée par un souci d’humanité. Autoriser à nouveau les visites devait rendre espoir aux résidents des maisons de repos qui, pour certains d’entre eux, se laissent mourir à défaut d’être soutenus au quotidien par leurs proches. «Nous autorisons (les maisons de repos) à accueillir une personne désignée à l’avance, uniquement si cette personne n’a montré aucun symptôme de la maladie endéans les 15 jours de la visite et qu’il s’agit à chaque fois de la même personne. Les maisons de repos organiseront ces visites», avait précisé la Première ministre Sophie Wilmès.


A couple wearing protective face masks carry their groceries on April 5 , 2020, in Brussels, as a strict lockdown is been in place for the past 3 weeks to stop the spread of COVID-19, the disease caused by the novel coronavirus. (Photo by Aris Oikonomou / AFP)
La stratégie belge pour le déconfinement
La Belgique a désigné un groupe d’experts pour réfléchir à sa sortie de quarantaine. Aucun scénario ne sera simple à réaliser dans le pays de 11,5 millions d'habitants.

Mais cette déclaration avait immédiatement engendré une levée de boucliers chez les professionnels du secteur, démunis face à la mise en place soudaine de la logistique nécessaire à ces visites. Ils avaient été suivis par les ministres régionaux de la Santé, contre le fédéral. Ce week-end, la disposition controversée a été finalement annulée. Les pensionnaires des maisons de repos devront donc encore attendre avant les retrouvailles. Parmi les nouvelles conditions requises, il y a notamment le testing de l’ensemble des résidents et du personnel soignant. Cette procédure pourrait prendre deux semaines, voire plus. Seuls les personnes infectées resteront a priori confinées.

Les autorités sanitaires mettent les bouchées doubles. 46.000 tests ont été distribués dans les maisons de repos. Ce nombre est appelé à rapidement augmenter, selon les chiffres du ministre Philippe De Backer. Entre-temps, 22.000 tests ont été entièrement analysés. 85% étaient négatifs au covid-19 et 15% positifs.

La gestion de la pandémie dans les maisons de repos a fait tout au long du week-end l’objet de multiples critiques. «L’erreur, estime ainsi l’épidémiologiste Marius Gilbert dans les colonnes du Soir, a été de ne pas faire de tests de dépistage dans les homes. (…) Toute la capacité de tests, assez limitée à ce moment-là, est donc partie dans les hôpitaux. On a un peu laissé les maisons de repos livrées à elles-mêmes face à l’épidémie. Ajoutez-y le fait de ne pas avoir fourni suffisamment de protections, même si c’est un problème généralisé à l’ensemble du personnel des soins de santé. C’est tout cela qu’on paye aujourd’hui.»


A Belgian firefighter wearing protective equipment prepares to enter an ambulance to transfer a patient infected with the novel coronavirus COVID-19 to the hospital in Brussels, on April 09, 2020. (Photo by Aris Oikonomou / AFP)
La Belgique fait face à une hécatombe
Bien qu’il ait réussi pour l’instant à ralentir la propagation de la pandémie, le pays déplore une hausse impressionnante des décès.

Considérées comme appartenant à la «deuxième ligne», les maisons de repos auraient pour plus d’un expert fait les frais du nombre trop faible de tests dont dispose la Belgique. On estime qu’environ un décès sur deux attribué au Covid-19 intervient dans les séniories. Le sociologue Geoffrey Pleyers (UCLouvain) parle de 69%. Mais cette statistique serait gonflée par la propension des médecins à mettre au compte du virus nombre de morts constatées dans les homes sans avoir pratiqué d’autopsie.

Dimanche à 11h, 5.823 décès attribués au coronavirus avaient été rapportés. Du reste, la baisse continue du nombre d’hospitalisations démontrerait que le confinement se révèle efficace dans le contrôle de la pandémie.

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