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Le «Coquelicot» cherche à éclore en Wallonie
International 3 min. 24.06.2019 Cet article est archivé

Le «Coquelicot» cherche à éclore en Wallonie

Après que les négociations avec les communistes ont échoué, le PS d'Elio di Rupo envisage une coalition minoritaire avec les écologistes en Wallonie.

Le «Coquelicot» cherche à éclore en Wallonie

Après que les négociations avec les communistes ont échoué, le PS d'Elio di Rupo envisage une coalition minoritaire avec les écologistes en Wallonie.
Photo: AFP
International 3 min. 24.06.2019 Cet article est archivé

Le «Coquelicot» cherche à éclore en Wallonie

Une coalition minoritaire PS-Ecolo incluant des personnalités issues de la société civile est sur la table de négociations.

Par Max Helleff (Bruxelles) ; C’est une première. Cette semaine, les socialistes et les écologistes vont tenter de former une coalition dont l’originalité est double. Elle serait d’abord minoritaire. Elle inclurait ensuite la société civile. Si les négociations aboutissent, cette alliance aura à gouverner la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles pendant cinq ans. Son nom: «Coquelicot».

Sur la RTBF jeudi dernier, le coprésident d’Ecolo Jean-Marc Nollet en avait relancé l’idée: «Pour la première fois, les acteurs de la société civile seraient associés à la rédaction de la déclaration de politique gouvernementale, pour en faire quelque chose de plus solide, de plus puissant», résumait-il. Le politique reste responsable, mais il doit arrêter de penser qu’il a le monopole parce qu’il est élu (…) Il faut oxygéner la démocratie».

A la suite des scandales (Publifin, Samusocial, …) qui ont marqué l’année 2017, Ecolo a fait de la bonne gouvernance son leitmotiv. L’invitation lancée à la société civile en est la concrétisation. Elle permet en outre aux Verts de proposer une alternative au retour des libéraux, lesquels ont gouverné la Région wallonne avec les humanistes du CDH de juillet 2017 aux élections du 26 mai dernier. «Pour Ecolo, mieux vaut être minoritaire qu’être avec le Mouvement réformateur de Charles Michel», résume ,Le Soir‘.

Quant au PS d’Elio Di Rupo, il ne peut faire autrement que de se montrer réceptif à la montée en puissance d’Ecolo, désormais troisième parti wallon. Les communistes du PTB refusent de revenir dans la négociation et les humanistes se cantonnent dans l’opposition. En jachère, les libéraux de Charles Michel rongent leur frein. Reste que dans les rangs socialistes, on est plutôt pessimiste quant aux chances de voir le «Coquelicot» éclore.

 La société civile, cela fait des lustres qu'elle est engagée. 

Au cours de la semaine à venir, les travaux menés par le PS et Ecolo porteront sur «la rédaction de documents dressant les axes centraux de déclarations gouvernementales ambitieuses, qui traduisent le plus loin possible la volonté politique d’une transition écologique, solidaire et démocratique». Ecolo demande en outre que ces documents «fassent l’objet d’une consultation de la société civile».

Qu’en pense ladite société civile? Elle est pour le moins dubitative. Pour la secrétaire générale du syndicat chrétien CSC Marie-Hélène Ska par exemple, tout cela «n'est pas très créatif». «La société civile, cela fait des lustres qu'elle est engagée. L'idée n'est pas neuve», estime-t-elle. La semaine dernière, quarante représentants d'associations regroupés au sein de la «Coordination» s’étaient montrés prudents face à l'appel du coprésident d'Ecolo, Jean-Marc Nollet. «La société civile doit rester centrée sur son objectif. Pas sur le pouvoir», déclaraient-ils dans un communiqué.

Interrogations multiples

Plus d’un observateur fait remarquer que cet appel à la société civile tient d’un évident calcul. Car il s’adresse aussi à des associations proches du CDH, avec l’intention évidente de mouiller au gouvernement wallon les humanistes qui ont officiellement choisi de rejoindre l’opposition à tous les niveaux de pouvoir.

Sur les réseaux sociaux, des sympathisants d'Ecolo s’interrogent encore sur la légitimité d’une opération qui consisterait à appeler à la rescousse la société civile lors des tractations wallonnes, en la tenant au contraire à distance à la Région bruxelloise et au fédéral. Cette question enfin, comme un préambule: à quoi sert-il d’aller aux élections si les partis recourent à des non-élus pour gouverner? 


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