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Le Brexit sans accord pénaliserait le Royaume-Uni
International 2 min. 18.07.2019

Le Brexit sans accord pénaliserait le Royaume-Uni

Hier soir, Boris Johnson a encore fait le show à la télé britannique pour soutenir sa propre vision du Brexit.

Le Brexit sans accord pénaliserait le Royaume-Uni

Hier soir, Boris Johnson a encore fait le show à la télé britannique pour soutenir sa propre vision du Brexit.
Photo: AFP
International 2 min. 18.07.2019

Le Brexit sans accord pénaliserait le Royaume-Uni

Une sortie de l'UE en dehors de tout compromis entraînerait une récession en Angleterre, Ecosse, Pays de Galles et Irlande du Nord, selon des prévisions économiques publiées ce jeudi.

(AFP) - Le tableau présenté, ce jeudi, par l'Office de Responsabilité Budgétaire (OBR) est sombre. Selon les analyses de ses spécialistes, «le Royaume-Uni entrera en récession au 4ème trimestre 2019, pour une durée d'un an. Le PIB tombera de 2,1%», explique l'institut officiel britannique chargé des prévisions économiques et budgétaires. 

Ces chiffres font écho aux propos des deux candidats au 10 Downing Street, Boris Johnson et Jeremy Hunt, qui n'écartent pas l'hypothèse d'une sortie britannique de l'UE sans accord. Les prévisions de l'OBR s'appuient sur un scénario de «no-deal doux». 


Boris Johnson compte renégocier l'accord de Brexit conclu en novembre entre Bruxelles et Theresa May.
Boris Johnson «ne vise pas un Brexit sans accord»
L'ancien maire de Londres et candidat à la succession de la Première ministre Theresa May ne vise pas le «No Deal», même s'il est prêt à opter «en dernier recours» pour cette sortie brutale de l'Union européenne.

Dans cette hypothèse, un régime tarifaire temporaire annoncé par le gouvernement permettrait à 87% des produits importés d'être exemptés de taxes d'importation pendant un an, avant de passer aux taux pour les «nations les plus favorisées» par l'UE, autour de 4%. Les 13% de produits restants feraient, eux, immédiatement l'objet de tarifs douaniers.

Selon l'étude présentée, l'arrivée de barrières non tarifaires au commerce avec l'UE entraînerait une augmentation des prix des denrées importées. L'immigration nette au Royaume-Uni diminuerait de 25.000 personnes par an d'ici à la fin de la décennie, réduisant d'autant la main-d'oeuvre disponible.

Du mieux... en 2024

Selon l'OBR encore, la livre sterling chuterait de 10% immédiatement après le départ britannique de l'UE le 31 octobre dans ce scénario sans accord. Les prix de l'immobilier résidentiel tomberaient de près de 10% d'ici la fin de 2021. D'ici à la mi-2021, le PIB serait 4% plus bas que ce qu'avait prévu l'OBR en mars dernier en cas de Brexit avec accord.

Cependant, l'économie se reprendrait quelque peu ensuite. Début 2024, le PIB ne serait finalement inférieur que de 1,6% à ce que l'OBR envisageait en cas de Brexit avec accord. 

Mieux tenu le choc

«Le rapport montre que même la version la plus douce d'une sortie sans accord porterait un coup très fort à l'économie britannique (...) Mais cette version douce n'est pas celle dont discutent les chefs de file des Brexiters, ils parlent d'une version beaucoup plus dure, qui bouleverserait encore davantage notre économie», a prévenu Philip Hammond, ministre des Finances britannique.


Pour Michel Barnier, le négociateur en chef de l'UE, le Brexit n'a aucune valeur ajoutée.
Le Brexit, c'est «la lose-lose»
Pour Michel Barnier, le négociateur en chef de l'UE, le texte de retrait négocié par Theresa May avec Bruxelles est «le seul traité possible pour un retrait ordonné». Des propos qu'il a réaffirmés ce vendredi à Paris, alors que le processus pour la succession de la Première ministre britannique vient de débuter.

De son coté, Michel Barnier, négociateur en chef de l'UE sur la question du Brexit, a prévenu jeudi sur la BBC que le Royaume-Uni devrait «faire face aux conséquences» s'il venait à quitter l'UE sans accord. Les économistes redoutent les effets d'un Brexit sans accord depuis le référendum de 2016, toutefois jusqu'à présent l'économie britannique a mieux tenu le choc qu'espéré. 

Lors de sa désignation au poste de présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen s'était dite «prête» à un nouveau report du Brexit. Elle devra désormais composer avec le remplaçant de Theresa May, démissionnaire.

https://youtu.be/_FBTYW24dAg



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