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Le Brexit propulse un village bavarois au cœur de l'UE
International 6 2 min. 29.01.2020 Cet article est archivé

Le Brexit propulse un village bavarois au cœur de l'UE

Gadheim est amené à devenir le centre géographique de l'Union européenne au 1er février.

Le Brexit propulse un village bavarois au cœur de l'UE

Gadheim est amené à devenir le centre géographique de l'Union européenne au 1er février.
Photo: AFP
International 6 2 min. 29.01.2020 Cet article est archivé

Le Brexit propulse un village bavarois au cœur de l'UE

Sur un vaste champ à Gadheim, humble village de Bavière, trois drapeaux, un rocher et une table de pique-nique marquent le point qui, à partir de ce 1er février, deviendra le centre géographique de l'Union européenne.

(AFP) - Parmi les quelques dizaines d'habitants de Gadheim, «les sentiments sont mitigés, entre timide fierté locale et regret de voir partir un Etat membre», raconte Karin Kessler, propriétaire des terres. Que le hasard géographique soit tombé sur ce bourg lui semblait relever du poisson d'avril en 2017, neuf mois après le référendum où le Royaume-Uni a voté pour sa sortie de l'UE, se souvient-elle.    

Le calcul de l'Institut Français de l'information géographique et forestière, reposant sur un «modèle gravitationnel», est pourtant très sérieux: neuf degrés, 54 minutes, sept secondes Est et 49 degrés, 50 minutes et 37 secondes Nord - soit à quelques centaines de mètres de la poignée de maisons qu'est Gadheim dans cette région viticole du sud de l'Allemagne.   

«Mon fils a trouvé les coordonnées et m'a envoyé une photo sur Whatsapp», raconte Karin Kessler, coiffée d'un bonnet et emmitouflée dans une épaisse écharpe de laine pour braver le froid bavarois. «Je zoome et je lui réponds: "Ah mais c'est chez notre voisin !" Et il me répond "Mais non, c'est chez nous sur le champ"», s'exclame-t-elle.                

Depuis, la municipalité et l'école bavaroise de l'aménagement paysager ont créé un jardinet autour du désormais fameux point, même si l'incertitude sur la date du Brexit a duré des mois. «Parfois je me suis demandé si les Britanniques n'avaient pas autre chose à faire que le Brexit. Et tant de gens ont manifesté pour rester que l'issue était réellement ouverte», confie encore Mme Kessler.

Légèrement incliné, un mât rouge et blanc fiché dans un rocher, qui matérialise le nouveau centre de l'UE, pointe dans la direction de Westerngrund, autre village à quelque 60 kilomètres de là, ex-coeur de l'Union détrôné par Gadheim. 

Pour la maire Brigitte Heim, observer la tergiversation britannique pendant des mois était «angoissant», mais les habitants ont toujours considéré leur notoriété géographique comme «un cadeau pour une période limitée». Et peut-être que «si les Ecossais arrivent à se libérer, le centre pourrait revenir», plaisante-t-elle.   

Une chose est certaine: le coeur de l'UE n'est que de passage à Gadheim, qui perdra probablement son statut un jour. «J'espère que ce sera parce qu'un nouveau pays a rejoint l'UE, et non pour un départ», veut croire Jürgen Götz, bourgmestre de Veitshöchheim, une commune proche de Gadheim, trop petite pour avoir un maire dédié.