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Le bourgmestre de Neufchâteau accusé de fraude électorale
International 2 min. 25.03.2019 Cet article est archivé

Le bourgmestre de Neufchâteau accusé de fraude électorale

Le bourgmestre de Neufchâteau accusé de fraude électorale

Photo: Belga
International 2 min. 25.03.2019 Cet article est archivé

Le bourgmestre de Neufchâteau accusé de fraude électorale

La Wallonie tient son nouveau scandale politique. Vingt-et-une personnes sont en effet inculpées pour avoir utilisé à Neufchâteau de fausses procurations lors des élections communales du 14 octobre dernier.

Par Max Helleff, à Bruxelles

Selon le parquet du Luxembourg qui a ouvert l'instruction judiciaire, il y a manifestement eu tricherie. Des procurations destinées au vote ont été émises au nom de résidents d'un home de personnes âgées («le Clos du seigneur»), qui ne pouvaient participer physiquement au scrutin communal. Ces procurations auraient surtout été utilisées dans le but d'apporter des suffrages à la liste «Agir ensemble», la liste tirée par le CDH Dimitri Fourny.

Jeudi soir, une courte conférence de presse avait donné lieu à une sortie surréaliste du bourgmestre de Neufchâteau revenu de vacances. «Il me revient par mon avocat que je suis dans la liste (des inculpés). Mais je ne dispose à ce stade d'aucun élément supplémentaire officiel (… ) J'entends dès lors défendre mon honneur dans les jours et dans les semaines à venir (…) Je ne suis pas un malfaiteur», avait affirmé Dimitri Fourny. Le bourgmestre entend continuer à gérer sa ville, en attendant peut-être qu'un nouveau scrutin communal soit organisé.

Les charges qui ont été retenues sont faux, usage de faux, abus de confiance et association de malfaiteurs.

Pour le Centre démocrate humaniste, l'affaire prend l'allure d'une catastrophe à deux mois des élections du 26 mai. L'électorat du parti centriste, héritier du grand parti social-chrétien qui fit la pluie et le beau temps dans la Belgique de l'après-guerre, n'en finit plus de s'éroder. Le Luxembourg belge était jusqu'à présent la dernière province où il restait en force.

A Bruxelles, le même CDH est menacé de ne pas atteindre le seuil d'éligibilité des 5 pour cent des voix et de devoir quitter le parlement régional. Pour tenter de sauver les meubles, il a remis en selle l'ancienne vice-Première ministre et ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet. Celle-ci est sortie de sa réserve alors qu'elle reste toujours inculpée de «prise illégale d'intérêt». Elle est soupçonnée d'avoir engagé de nouveaux collaborateurs en son cabinet pour les utiliser lors de sa campagne électorale, en 2014. L'affaire n'est pas close.

Une aubaine pour les autres partis

Le scandale qui frappe aujourd'hui le CDH est évidemment du pain bénit pour les autres partis, à commencer par les verts d'Ecolo et par les communistes du Parti du Travail de Belgique.

A Neufchâteau, le libéral Yves Evrard à l'origine de l'action contre le CDH se frotte les mains. «C'est une affaire grave. Les règles électorales doivent être respectées à un moment où le fossé se creuse entre le citoyen et la politique», répète-t-il.

Le risque d'un effondrement

Le CDH accumule les déboires. Cette semaine, le gouvernement wallon où il régnait en maître avec les libéraux a perdu sa majorité au parlement régional. Résultat: une série de dossiers importants (travail, économie, environnement…) n'aboutiront pas en cette fin de législature, privant les partis au pouvoir d'un actif à présenter à l'électeur.

En janvier dernier, le Namurois Maxime Prévot avait succédé au Bastognard Benoît Lutgen à la tête du parti. Il devait le redynamiser. Aujourd'hui, le Centre démocrate humaniste est au contraire groggy. S'il chute le 26 mai prochain, c'est tout le centre de l'échiquier politique francophone belge qui s'effondrera.