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Le bien-être animal défie Bruxelles
International 3 min. 17.10.2021
Société

Le bien-être animal défie Bruxelles

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Le bien-être animal défie Bruxelles

Photo : Reuters
International 3 min. 17.10.2021
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Le bien-être animal défie Bruxelles

Max HELLEFF
Max HELLEFF
La capitale belge continue à autoriser l’abattage sans étourdissement en dépit des prescrits européens et contrairement aux pratiques d'autres régions voisines.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - A plusieurs reprises, l’abattage des animaux sans étourdissement est revenu sur la table du politique belge ces dernières années. Pour schématiser, un animal ne peut être abattu s’il n’est pas étourdi en Flandre et en Wallonie. En revanche, Bruxelles et sa région font exception.


21.3. Beringen / Mersch PK Cactus Fleisch Label / Landwirtschaft / Fleisch / Rind  Foto: Guy Jallay
Abattre les animaux oui, mais avec un contrôle plus strict
Pour le Lëtzebuerger Landjugend a Jongbaueren seuls les abattoirs certifiés par l'Union européenne devraient être autorisés à mettre à mort le bétail luxembourgeois. Suite au succès de sa pétition, l'organisation agricole a pu présenter ses arguments aux députés lundi.

Pourquoi? Parce que le bien-être animal est une matière régionale. Sous la pression des défenseurs des animaux, la Flandre et la Wallonie ont fini par passer un cap. Bruxelles, où vivent de nombreux juifs et une communauté arabo-musulmane très importante, a toujours freiné des quatre fers. Toutefois, le parti Défi (social-libéral) qui compose avec d'autres la majorité régionale voudrait en finir avec cette situation.

L’occasion fait le larron. Car la Cour constitutionnelle, la juridiction qui veille au respect des droits fondamentaux et à la bonne répartition des compétences entre l’Etat fédéral et les entités fédérées, vient de confirmer la légalité au regard du droit européen des décrets wallon et flamand imposant un étourdissement préalable lors de l'abattage. 


L'étiquette «bien-être animal» bientôt dans vos rayons
Avant de terminer dans nos assiettes, les animaux d’élevage ont-ils été correctement traités? Un label permettra prochainement de rassurer les consommateurs dans leurs achats.

Le ministre bruxellois au bien-être animal, Bernard Clerfayt (Défi), pose donc la question : «Les démocraties wallonne, flamande et bruxelloise jugent-elles différemment l'équilibre entre le respect du bien-être des animaux et celui des libertés religieuses?». Il voit dans l’arrêt de la Cour constitutionnelle la promotion du bien-être animal et estime que «la possibilité d'un étourdissement réversible lors des abattages rituels ne saurait s'interpréter comme prescrivant de quelle manière un rite religieux doit être accompli».

Le parti Défi est par ailleurs en faveur de l’inscription de la laïcité dans la Constitution. Sans grand succès. La Belgique opte pour une neutralité qui reconnaît et finance certains cultes, mais pratique dans la vie publique une laïcité exclusive. L’autorisation du port du voile dans les administrations fait débat depuis trente ans, sans que la question n’ait jamais été tranchée. 

Au printemps dernier, une décision de justice autorisant une employée de la Stib (la société de transports publics bruxellois) à porter le voile a provoqué une crise au sein du gouvernement régional, où socialistes et écologistes penchent pour des assouplissements des règles actuellement en vigueur.


Die Verantwortung für die Lebensmittelsicherheit liegt zunächst bei den Betrieben.
Moins de contrôles, mais pas moins de sécurité
En raison de la pandémie, les contrôles alimentaires de routine ont été réduits au Luxembourg. Néanmoins, les autorités compétentes considèrent limités, les risques pour la sécurité alimentaire.

Dans certaines communes bruxelloises, le PS, Ecolo, le CDH humaniste et les communistes du PTB tentent également de faire bouger les lignes. Pour leurs opposants, ils ajoutent au communautarisme, nuisent à l’intégration et sont guidés par la chasse aux voix – le «vote communautaire».

Le ministre Clerfayt sort le poil à gratter : «La Cour de justice européenne a indiqué qu'il revenait à chaque État membre de concilier le bien-être animal et la liberté de culte. Reste à savoir maintenant si les parlementaires de la région bruxelloise partagent d'autres valeurs que celles de l'Europe, de la Wallonie et de la Flandre. La démocratie bruxelloise est-elle différente?»

Pour l’heure, socialistes et écologistes qui mènent la danse en région bruxelloise dégagent en touche. Ils argumentent que le dossier de l’abattage sans étourdissement n’est pas repris dans l'accord de majorité qui les lie notamment au parti Défi, que ce qui est visé est le bien-être animal et non les rites religieux, etc. En réalité, la question est extrêmement sensible et pourrait conduire à une nouvelle crise.

Autres préoccupations : celles du secteur de la viande bruxellois qui voit d’un mauvais œil l’obligation de l’étourdissement préalable. L’énorme majorité des animaux abattus aux abattoirs d’Anderlecht le sont sans être étourdis. Des emplois seraient en jeu…

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