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La Wallonie élabore son plan de relance
International 3 min. 05.07.2020

La Wallonie élabore son plan de relance

Elio Di Rupo n'a pas de temps à perdre s'il veut voir la Wallonie bénéficier des aides européennes de relance.

La Wallonie élabore son plan de relance

Elio Di Rupo n'a pas de temps à perdre s'il veut voir la Wallonie bénéficier des aides européennes de relance.
Photo : AFP
International 3 min. 05.07.2020

La Wallonie élabore son plan de relance

Max HELLEFF
Max HELLEFF
L'initiative «Get up Wallonia» serait une nouvelle «usine à gaz» à écouter l’opposition au gouvernement du socialiste Elio Di Rupo.

De notre correspondant MAX HELLEFF (Bruxelles) - La Wallonie paie un lourd tribut au coronavirus. Ici comme ailleurs, la pandémie a ruiné bien des efforts. Une hausse de quelque 8% du chômage est ainsi attendue en 2021. Mais la crise du covid-19 aurait en contrepartie rendu caduques les «obsessions d’hier» et remis à l’honneur les «vraies priorités», selon le ministre-président Elio Di Rupo.

Dans les prochains jours, un dernier train de mesures en faveur des entreprises en difficulté sera lancé. Quatre milliards d’euros ont été en outre empruntés pour couvrir les objectifs 2020 programmés par le gouvernement régional, et éponger en partie les conséquences de la crise sanitaire. A la rentrée, les bases d’un plan de relance «ambitieux» nommé Get up Wallonia ! seront posées.

Qu’y trouvera-t-on ? Elio Di Rupo s’est fait poète pour répondre à la question : «L’avenir n’est plus ce qu’il était, a écrit Paul Valéry. L’avenir, ce ne sont plus les méga entreprises qui dominent le monde. L’avenir n’est pas la destruction, jugée inexorable, de notre planète. Cet avenir-là a fait son temps et plus grand monde ne le désire. Le nouvel avenir, c’est d’abord un recentrage sur les besoins fondamentaux des êtres humains.»

Après un détour par l’urgence, la Wallonie revient donc à son dada : le durable. Performances économiques, technologies de pointe, mais aussi respect de l’environnement, mise en avant de l’humain, circuits courts… : ces axes étaient connus, les voilà confirmés par-delà la crise du corona. Samedi, dans divers journaux, le ministre Jean-Luc Crucke s’est ainsi fait l’ambassadeur du ferroutage et du transport de fret propre versus les camions et leur pollution: «Là où on a un aéroport fort, on doit avoir un rail fort, un service public du rail fort», a-t-il plaidé.

C’est toutefois dans la mise en application du plan de relance à venir que le gouvernement wallon est attendu. Mais pour l’instant, on sait juste que trois task forces seront créées (économie, social et santé,  environnement et  territoire). Elles seront composées, de «gens de terrain, de CEO, de représentants syndicaux, d’acteurs du vécu, etc.», et  alimentées par des propositions citoyennes. Le résultat de ces travaux sera soumis à un conseil stratégique composé d’universitaires. Puis le gouvernement tranchera.

Parallèlement, un consultant sera désigné pour analyser les «forces et les faiblesses» de la Wallonie et passer au crible les mesures prises dans d’autres régions d’Europe en proie aux difficultés.


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Cette méthodologie a fait réagir l’opposition qui attendait davantage d’audace : «Ce dossier cumule le retard à l’allumage du lièvre et la lenteur de la tortue de la fable de La Fontaine», a lancé François Desquesnes, le chef du groupe humaniste (CDH) au Parlement wallon.

Une question revient comme une ritournelle : pourquoi passer du temps à analyser les forces et les faiblesses de la Wallonie, alors qu’elles sont connues de tous ? «On ne sait pas tout», a répondu en substance Elio Di Rupo, sans convaincre l’opposition qui craint une nouvelle usine à gaz. Celle-ci rappelle que le temps presse pour la région qui doit s’inscrire au plus vite dans le Green Deal ou dans le plan d’aide de 750 milliards d'euros annoncé par la Commission européenne.

L’Union wallonne des entreprises (UWE) énumère pour sa part une trentaine de mesures urgentes en matière de numérique, d’amélioration des relations entre les entreprises et l’administration ou de mobilisation de l’épargne en faveur de la relance.

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