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La vie privée des Belges mieux protégée
International 3 min. 12.11.2021
Sécurité informatique

La vie privée des Belges mieux protégée

L'accès aux 17 millions de données de santé contenues dans l'appli belge "Helena" a été suspendu après des "fuites".
Sécurité informatique

La vie privée des Belges mieux protégée

L'accès aux 17 millions de données de santé contenues dans l'appli belge "Helena" a été suspendu après des "fuites".
Photo : dpa
International 3 min. 12.11.2021
Sécurité informatique

La vie privée des Belges mieux protégée

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Un chantier législatif doit baliser l’accès aux données des citoyens mises à mal par la gestion de la pandémie.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Il est beaucoup question de la protection de la vie privée en Belgique depuis le début de la pandémie. Dernier épisode en date : le dépôt d’une plainte auprès de l’Autorité de protection des données par une coopérative de médecins. Cette dernière a fait valoir qu’une plateforme nommée «Helena» permettait d’accéder à des données de santé et de pension sans que le patient ne doive formellement certifier son identité ni son lien thérapeutique avec le soignant. Des personnes non autorisées pourraient ainsi avoir accès à ces données, par exemple dans un cadre commercial.


A visitor takes a photograph with a mobile phone of the Manneken Pis dressed-up with a costume paying a tribute to the upcoming Cop26 in Glasgow, on October 27, 2021, in central Brussels. (Photo by Fran�ois WALSCHAERTS / AFP)
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«17 millions de documents sont concernés. C'est énorme !», a lancé à la Chambre la députée humaniste Catherine Fonck. Un message adressé au secrétaire d’Etat à la Digitalisation Mathieu Michel. «L’application Helena a été homologuée par les autorités belges, notamment par vos services. Ce qui se passe ici est gravissime. Comment pouvez-vous expliquer que les autorités, vos services notamment, mais aussi ceux de la Santé, aient laissé faire ?»… L’accès à Helena a été immédiatement désactivé. 

Quelques semaines plus tard, le même secrétaire d’Etat présente en commission justice de la Chambre la vaste réflexion que ses services ont lancée sur la protection de la vie privée. Elle part d’un constat : «Le citoyen ne sait pas toujours ce que l’Etat fait de ses données», énonce Mathieu Michel, en pointant les lacunes et le manque de précisions des lois actuelles en la matière.

Un chantier «structurel et titanesque»  

Parmi les exemples cités, «un texte de loi spécifique sur les données médicales qui n’est pas en cohérence avec la loi sur la vie privée». Ce flou favoriserait les abus. Le secrétaire d’Etat promet dès lors de sécuriser les données médicales, notamment pour mieux encadrer la recherche. «Oui, dit-il, on va permettre l’innovation, oui avec des données personnelles, mais avec un niveau de rigueur et de sécurité tel qu’il lui donne une vraie plus-value, comme un label. Les données sont à la base de la prospérité, mais il ne faut pas le faire n’importe comment».

A suivre le secrétaire d’Etat, la protection des données privées des Belges est un chantier «structurel et titanesque». Il dépasserait la nécessité d’éviter la répétition des dysfonctionnements qui ont valu à la Belgique une procédure d’infraction de la part de la Commission européenne pour manquements au règlement général sur la protection des données. L'indépendance des autorités belges chargées de la protection des données est ici jugée sujette à caution.

La réforme qui est enclenchée doit apporter davantage de transparence dans l’accès aux données, resserrer le cadre juridique autour de leur utilisation et responsabiliser les acteurs.

«Le texte recommande aussi de prévoir un cadre pour l’application des règles de protection de la vie privée dans des situations spéciales telles qu’une pandémie, une intervention en cas de crise et une catastrophe humanitaire », fait observer Le Soir. «Un point qui risque de crisper certains observateurs qui y décèlent déjà une sorte de chèque en blanc.»


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«C'est précisément l’inverse», rétorque Mathieu Michel qui prend l’exemple du covid safe ticket, ce pass sanitaire qui sert de sésame aux personnes vaccinées contre le coronavirus dans l’horeca ou les clubs de fitness. Pour ses détracteurs, il constitue un fichage médical à destination sociale. Une discrimination. «Je veux juste que lorsque l’on active cela, on ne soit pas comme des cow-boys dans un no man’s land», assène Mathieu Michel qui promet ainsi de veiller au grain. Même exceptionnelle, dit-il en substance, une situation doit avoir un début et une fin dans sa gestion.

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