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La tricherie estudiantine mise à l’examen
International 3 min. 06.07.2020

La tricherie estudiantine mise à l’examen

Pour éviter la fraude, les universités ont eu recours à davantage d'examens oraux.

La tricherie estudiantine mise à l’examen

Pour éviter la fraude, les universités ont eu recours à davantage d'examens oraux.
Photo: Shutterstock
International 3 min. 06.07.2020

La tricherie estudiantine mise à l’examen

L'enseignement supérieur francophone belge a peut-être eu tort de parier sur l'honnêteté des étudiants. En partie du moins.

 De notre correspondant Max Helleff (Bruxelles) -  Début juin, des étudiants de l’ULiège ont été soupçonnés par leurs professeurs de profiter du confinement et des examens à distance pour tricher. La vice-rectrice Anne-Sophie Nyssen a continué malgré tout à plaider contre les «logiciels anti-triche» et pour la «confiance» en l’étudiant. «Malheureusement, certains enseignants ont des suspicions de triche», déplorait-elle.

A l’UCLouvain, c’est une autre méthode qui a été employée. Il fut beaucoup question de «logiciels anti-triche» chargés de surveiller les étudiants pendant les examens. L’université préfère quant à elle évoquer le recours à «cinq logiciels et plateformes pour faire passer les examens à distance, dont certains sont dotés d’une possibilité de contrôle à distance, possibilité qui est activée ou non, au choix du ou de la professeur(e)».

Deux approches différentes, mais au bout du compte une interrogation: qui a eu raison? Les universités qui ont parié sur la probité de l’étudiant (ULB, ULiège…) comme l'Uni à Luxembourg? Ou celles qui ont organisé une surveillance plus ou moins systématique (UCLouvain, Ihecs…)?

La chaîne publique RTBF a recueilli une série de témoignages qui apportent leur réponse.  L’un d’eux est livré par «Thomas qui n’est pas un tricheur invétéré» et «a juste le sentiment d’avoir fait comme tout le monde». Thomas explique qu’avec ses condisciples, «on passait d’un ordinateur à l’autre, pour remplir les questionnaires. On pouvait revenir en arrière, le temps par question n’était pas limité. On faisait des photos, qu’on envoyait aussi à deux potes restés chez eux. On a tous eu 16/20.»


Pas d’œil électronique pour surveiller les étudiants
Pour l'heure, l'Université de Luxembourg renonce à exiger qu'un logiciel de surveillance accompagne les élèves devant passer leurs examens de fin d'année à la maison.

Un professeur évoque pour sa part une «épidémie de cystites» parmi ses étudiants, quittant à répétition leur clavier pour aller aux toilettes. Un étudiant en médecine vétérinaire raconte comment son père, «vété» lui aussi, l’a aidé durant ses examens. D’autres ont échangé des réponses durant les épreuves à distance via des groupes Whatsapp ou Messenger. 

Des parents ont offert des sommes d’argent à des profs du secondaire pour qu’ils passent l’examen à la place de leur enfant, etc. En revanche, rapporte la RTBF, Lucas n’a pas eu l’occasion de recourir à ces méthodes: son université avait opté pour une plate-forme «anti-fraude» et organisait beaucoup d'examens oraux. Difficile, voire impossible ici de tricher…

Il y a bien eu des mises en garde, comme en fac de kiné à l’ULB où un courrier de rappel à l’ordre a été envoyé. Mais plus d’une haute école s’est aperçue en cours de route que parier sur l’honnêteté avait ses limites, sans pour autant faire marche arrière… A priori, l’ampleur de la tricherie pourrait être discernée dans l’amélioration de la moyenne des étudiants en sortie de délibération. 

Un coup de sonde à l’UNamur révèle que le taux de réussite en premier bac a grimpé de 6 points cette année par rapport à 2019 (37,8% contre 31% l’année précédente). Une différence que les autorités académiques jugent « significative». Ici, toutefois, on estime que l’appel à la bienveillance lancé au corps enseignant durant la crise sanitaire a été entendu et que «les étudiants ont plus travaillé que d’habitude».

Ce dernier facteur plaide pour ceux qui estiment que l’année académique écoulée n’a aucunement été bradée. A l’écart des distractions de la vie estudiantine, une partie des étudiants semble s’être bien accommodée de l’enseignement à distance propice à une meilleure concentration. Tout ne s’explique donc pas par la tricherie. La réputation des universités et de leurs étudiants en dépend.

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