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La timide grève des femmes belges
International 8 3 min. 09.03.2019 Cet article est archivé

La timide grève des femmes belges

La timide grève des femmes belges

AFP
International 8 3 min. 09.03.2019 Cet article est archivé

La timide grève des femmes belges

Ce vendredi 8 mars, les femmes de Belgique se sont mobilisées, comme au Luxembourg, pour faire entendre leurs voix. Cette première grève des femmes a rassemblé entre 4.000 et 15.000 personnes à Bruxelles selon les versions.

Par Max Helleff (Bruxelles)

Elles voulaient rendre visible l'importance de leurs tâches quotidiennes. Selon le Collecti.e.f 8 mars, à l'origine de cet appel à la grève en Belgique, au moins 15.000 personnes ont manifesté vendredi à Bruxelles dans le cadre de la première journée de grève des femmes organisée en Belgique.

Selon la police, les manifestant(e)s étaient entre « 3.500 et 4.000 ». Les calculettes ne fonctionnaient visiblement pas à l’unisson. Cette valse des chiffres en dit long sur le caractère polémique de l’événement. 

Il faut toutefois préciser que cette action inspirée de la grève des Espagnoles qui avait rassemblé 6 millions de personnes l’an dernier dans les rues de Madrid était organisée sur le mode de la décentralisation. Les femmes belges étaient invitées à se mobiliser là où elles étaient, chez elles, en rue ou au travail. Difficile dès lors d’annoncer un comptage exact.

Au Carrefour de l’Europe, la manifestation a commencé en mode mineur. Les grévistes réunies devant la Gare centrale n’ont longtemps été que quelques dizaines à battre le pavé.

Et puis en soirée, l’endroit s’est subitement peuplé. Il y avait du mauve partout, la couleur ralliant ces femmes et ces hommes venus réclamer une égalité de droits entre les sexes.

Comme à Luxembourg d'ailleurs, qui a accueilli vendredi après-midi entre 300 et 400 femmes sur la place Guillaume II.

«Rage against Machism» 

«Toutes en grève, Vrouwen in staking», «Décolonisons le corps des femmes», «Le féminisme n’a jamais tué»… sont quelques-uns des slogans que l’on a pu lire sur les calicots hérissant la manifestation, au moment de prendre la direction de la place du Luxembourg.

Une manifestation conduite avec bonhomie, mais appelant sans équivoque à combattre ces fléaux millénaires que sont le sexisme, la maltraitance, le harcèlement sexuel, le paternalisme ou encore l’inégalité des droits.

Des hommes étaient là également pour aider les femmes à «récupérer l’espace public», fiers de prendre leur place dans cette action inédite.

Bruxelles accueille désormais un millier de manifestations par an et pourtant il a fallu attendre ce vendredi 8 mars 2019 pour lire sur les banderoles des slogans tels que «Power to Women», «Women are super Sheroes» ou encore «Rage against Machism».

«Quelque chose s’est produit depuis #Me Too»

Dans la manif, chacune avait sa manière d’exprimer sa liberté: «Aujourd’hui, j’ai dit à mon mari: Je ne cuisine pas, je ne fais pas la vaisselle… Et ce soir, au lit, ça sera grève aussi !», s’amusait Khadia Diallo, la présidente du Gams, le Groupe pour l’abolition des mutilations génitales.

Une seule question était en revanche sur toutes les lèvres dès avant cette journée d'action: les femmes belges se mettraient-elles en grève ? Non pas les membres des syndicats et des associations féministes, mais ces femmes lambda occupées par leur travail et leur vie de famille... 

Optimiste, une membre du Collecti.e.f 8 mars estimait le pari réussi, la manifestation ayant rassemblé selon elle des personnes peu familières des cercles militants et de l’action politique. «Quelque chose s’est produit depuis #Me Too», expliquait pour sa part une jeune fille en vouant aux gémonies tous les machos de la planète.

Un peu partout ailleurs dans le pays, d’autres actions ont eu lieu avec des résultats divers. Rome ne s’est pas faite en un jour…

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