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La stratégie belge pour le déconfinement
International 3 min. 07.04.2020 Cet article est archivé

La stratégie belge pour le déconfinement

La police belge multiplie les contrôles pour vérifier le respect des règles de confinement.

La stratégie belge pour le déconfinement

La police belge multiplie les contrôles pour vérifier le respect des règles de confinement.
Photo : AFP
International 3 min. 07.04.2020 Cet article est archivé

La stratégie belge pour le déconfinement

Max HELLEFF
Max HELLEFF
La Belgique a désigné un groupe d’experts pour réfléchir à sa sortie de quarantaine. Aucun scénario ne sera simple à réaliser dans le pays de 11,5 millions d'habitants.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - La Belgique semble en passe de réussir son pari face au coronavirus. Depuis plusieurs jours, la courbe des hospitalisations s’infléchit, même si le nombre de morts (1.632 contre 41 au Luxembourg) ne cesse d’augmenter. Les virologues expliquent toutefois que la multiplication des décès est dans l’ordre des choses au vu de l’épidémie que traverse le pays. L’essentiel, répètent-ils en boucle, c’est que les services des soins intensifs des hôpitaux ne soient pas saturés. Actuellement, un peu plus d’un lit sur deux y est occupé.

Ces statistiques permettent tout doucement de songer au déconfinement. La Première ministre Sophie Wilmès a créé pour ce faire un comité composé de personnes venues du monde scientifique, économique et social. Ce Groupe d’experts en charge de l’exit stratégique (Gees) aura pour mission d’élaborer une vision  «afin de guider la période d’assouplissement des mesures prises dans le cadre de la lutte contre le coronavirus» et de «fournir des analyses et des recommandations».


Lokales, Centre Medical Avancé, Luxexpo The Box, Coronavirus, Covid-19, Foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
Sortie de crise... Quelqu'un a parlé de sortie?
Pas de doute, l'impatience guette au terme de cette troisième semaine de confinement. Mais, vendredi soir, le Premier ministre a douché tous les espoirs: l'heure n'est pas à la levée des restrictions de déplacements. Et quand sonnera l'heure de la sortie, cela se fera pas à pas.

Ce Gees sera dirigé par Erika Vlieghe, la responsable du service des maladies infectieuses de l’hôpital universitaire d’Anvers. A côté d’elle siégeront des virologues et des épidémiologistes devenus autant de stars nationales depuis qu’ils interviennent dans les médias.

Du côté économique, on trouve le gouverneur de la Banque nationale Pierre Wunsch et Johnny Thijs, l’administrateur et le président d’Electrabel. La présence de ce dernier laisse penser que le recours prolongé au nucléaire pourrait s’inviter dans les discussions sur la Belgique de l’après-confinement.

«Je crois beaucoup en l’intelligence collective, a déclaré la Première ministre. Nous savons que la gestion de la période de transition vers un retour à la normale sera déterminante pour éviter une recrudescence de l’épidémie. Nous prenons aussi cela très au sérieux.» Au Grand-Duché, le chef du gouvernement Xavier Bettel (DP) pense surtout à insister sur les mesures de confinement à respecter maintenant, plutôt que de laisser miroiter l'espoir d'une levée des contraintes.

Quelle sera la trame du déconfinement? La question est partout. Une certitude : en raison des différentes évolutions de la pandémie au plan national et mondial, il paraît impossible que la sortie de quarantaine se fasse en une fois. Le travail du groupe d’experts consistera donc à soupeser différents scénarios et à retenir celui qui permettra une reprise des activités sans provoquer une nouvelle vague d’infection.

Pour la fin des vacances?

Pour cela, il faudrait organiser des tests à grande échelle parmi la population. Or, même si la capacité de tests est promise depuis le week-end dernier à augmenter, des mois seraient nécessaires  pour dire qui peut sortir de confinement et qui doit y rester. Des techniques de «traçage» – avec ce qu’elles supposent d’irruption dans la vie privée – pourraient aider à éviter un retour de flamme de l’épidémie. Certaines sources avancent un commencement de sortie du confinement le 19 avril prochain, jour de la fin des vacances de Pâques. Mais rien ne vient les confirmer.

Une crainte émerge toutefois dans la presse : celle de rater l'opportunité de basculer vers «un autre monde» et d’aller au contraire vers une nouvelle fracture reposant cette fois sur le virus. Les porteurs du covid-19 demeureraient reclus alors que les personnes saines pourraient retrouver leur vie d’avant. «Le redémarrage de la machine économique, la liberté de circulation et la réunion des familles sont autant de raisons légitimes d’en finir rapidement avec le confinement. Mais à condition que la Belgique qui sortira de sa léthargie ne soit pas moins juste et moins équilibrée qu’elle ne l’était avant l’épidémie de Covid-19», écrit Le Soir.

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