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La pression migratoire s’accentue en Belgique
International 3 min. 03.07.2022
Crise migratoire

La pression migratoire s’accentue en Belgique

La Belgique accumule en effet les condamnations pour ne pas satisfaire à ses devoirs dans le cadre de l’asile des Afghans, des Syriens et de tous ceux qui invoquent le risque de guerre et d'insécurité pour se présenter à ses portes.
Crise migratoire

La pression migratoire s’accentue en Belgique

La Belgique accumule en effet les condamnations pour ne pas satisfaire à ses devoirs dans le cadre de l’asile des Afghans, des Syriens et de tous ceux qui invoquent le risque de guerre et d'insécurité pour se présenter à ses portes.
Photo : dpa
International 3 min. 03.07.2022
Crise migratoire

La pression migratoire s’accentue en Belgique

L’Etat risque de payer d’importantes astreintes s’il ne parvient pas à loger les candidats à l’asile

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - La Belgique vient de se donner une nouvelle secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration en la personne de la chrétienne-démocrate flamande Nicole de Moor. Celle-ci était la cheffe de cabinet du précédent titulaire du poste, Sammy Mahdi, devenu il y a une semaine président du parti CD&V (Christen-Democratisch en Vlaams). Nicole de Moor ne devra donc pas tout reprendre à zéro dans ce qui passe pour l’un des maroquins fédéraux les plus lourds à porter, tant il mêle aux réalités de l’asile et de la migration une charge émotionnelle énorme.


ARCHIV - 25.04.2022, Ukraine, Odessa: Zwei Personen stehen vor dem Zug, der Kriegsflüchtlinge nach Przemysl in Polen transportiert, und verabschieden sich durch ein Fenster. (zu dpa «UNHCR zählt erstmals mehr als 100 Millionen Flüchtlinge weltweit») Foto: -/Ukrinform/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
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Détail savoureux : son prédécesseur a confessé l’appeler «parfois la chaleureuse Margaret Thatcher de Flandre. Elle est forte, mais juste et capable de positionner correctement le parti, également dans les années à venir». Nicole de Moor veut pour sa part «travailler à l’élaboration d’une politique migratoire ferme mais équitable».

Elle a du pain sur la planche. La Belgique accumule en effet les condamnations pour ne pas satisfaire à ses devoirs dans le cadre de l’asile des Afghans, des Syriens et de tous ceux qui invoquent le risque de guerre et d'insécurité pour se présenter à ses portes. Tous les centres sont saturés. Des personnes sont menacées de dormir à la rue si une solution n’est pas rapidement trouvée. L’Etat belge risque ainsi de payer chaque jour des dizaines de milliers d’euros d’astreinte.

Renforcer la prévention

Le logement en hôtel est rejeté par la nouvelle secrétaire d’Etat au motif qu’il pourrait créer un «appel d’air», incitant davantage de migrants à demander l’asile en Belgique. Nicole de Moor lui préfère un camp de tentes, mais pour cela il faut trouver un terrain libre, ce qui semble moins évident qu’il n’y paraît. «Si c'est possible aux Pays-Bas, en Allemagne et même en Pologne, pourquoi ne pourrait-on pas le faire ici ?», estime la chrétienne-démocrate qui rappelle que le système d'accueil est en partie sous pression en raison du nombre élevé de demandeurs d'asile qui ont déjà déposé une requête dans un autre pays européen.  Elle propose, comme l’ont souvent fait ses prédécesseurs, de renforcer les campagnes de prévention dans les pays de transit et de muscler le retour des demandeurs d’asile déboutés. «Les règles sont là, elles sont claires et doivent être respectées», dit-elle.

Nicole de Moor s’est également tournée vers la Défense, laquelle rétorque qu’elle a déjà largement fait sa part en créant quelque 6.000 places d’accueil dans ses structures depuis 2015.


Illustration picture shows the market in Molenbeek during a pilot project for on-the-spot vaccinations at the weekly market in the center of Sint-Jans-Molenbeek - Molenbeek-Saint-Jean, in Brussels, Thursday 06 May 2021. BELGA PHOTO ERIC LALMAND (Photo by ERIC LALMAND / BELGA MAG / Belga via AFP)
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En attendant de trouver une solution, des procédures de recrutement accélérées sont lancées dans les services de l’asile afin de traiter au plus vite l’arriéré et éviter que l’argent des impôts ne serve à payer des astreintes, dixit Nicole de Moor. Le temps d’embauche des nouvelles recrues devrait passer de 6 à 3, voire 2 mois. 35.000 dossiers attendent d’être traités au Commissariat général pour réfugiés et apatrides.

Le marché du travail en surchauffe

 «Tout le monde gagne à un traitement plus rapide des dossiers», souligne Nicole de Moor. «Car aujourd’hui, le marché du travail est en surchauffe. Le gouvernement doit aussi se montrer flexible pour le bon accomplissement de ses tâches essentielles».  La mesure vaut pour le second semestre, puis elle sera évaluée.

Il n’y a donc pas que le secteur privé qui souffre du manque de main-d’œuvre adéquate en Belgique. Une autre structure de l’Etat – l’Office des étrangers – peine à recruter des polyglottes pour accueillir les Ukrainiens. On estime à l’heure actuelle que 80.000 personnes supplémentaires pourraient affluer d’Ukraine vers la Belgique d’ici la fin de l’année.

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