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«La plus grande guerre en Europe depuis 1945», selon Johnson
International 5 min. 20.02.2022 Cet article est archivé
Crise Ukraine-Russie

«La plus grande guerre en Europe depuis 1945», selon Johnson

Kiev et les Etats-Unis accusent la Russie d'avoir déployé 150.000 soldats aux frontières de l'Ukraine.
Crise Ukraine-Russie

«La plus grande guerre en Europe depuis 1945», selon Johnson

Kiev et les Etats-Unis accusent la Russie d'avoir déployé 150.000 soldats aux frontières de l'Ukraine.
Photo: AFP
International 5 min. 20.02.2022 Cet article est archivé
Crise Ukraine-Russie

«La plus grande guerre en Europe depuis 1945», selon Johnson

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a affirmé dimanche que la Russie préparait «ce qui pourrait être la plus grande guerre en Europe depuis 1945», au moment où les Occidentaux craignent plus que jamais une invasion russe en Ukraine.

(AFP) - Les efforts diplomatiques se poursuivent dimanche avec un appel prévu entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine pour tenter d'éviter une guerre majeure en Europe, au moment où les Occidentaux craignent plus que jamais une invasion russe en Ukraine.


12.02.2022, Ukraine, Kiew: Menschen protestieren gegen die russische Aggression während des Marsches für die Ukraine. Russland will in der Krise um die Ukraine weiter mit den USA und der Nato über Sicherheitsgarantien für Moskau verhandeln. Foto: -/Ukrinform/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
La diaspora ukrainienne s'inquiète d'une guerre
Nicolas Zharov, président de l'association LUkraine qui regroupe la diaspora ukrainienne au Luxembourg, observe de près les tensions actuelles entre la Russie et l'Ukraine.

Le président français doit s'entretenir à 10h GMT avec son homologue russe, près de deux semaines après leur rencontre sous les ors du Kremlin. La veille, il a parlé au président ukrainien Volodymyr Zelensky qui lui a «confié de dire à Vladimir Poutine la disponibilité de l'Ukraine à dialoguer». Une discussion qui constitue «les derniers efforts possibles et nécessaires pour éviter un conflit majeur en Ukraine», a souligné l'Elysée.

De son côté, le Premier ministre britannique Boris Johnson a affirmé dimanche que la Russie préparait «ce qui pourrait être la plus grande guerre en Europe depuis 1945». D'après «les renseignements que nous voyons», une invasion russe se ferait non seulement par l'Est, mais également par le Nord, en provenance du Bélarus pour «encercler Kiev», la capitale ukrainienne, «comme Joe Biden l'a expliqué à nombre d'entre nous».



This handout picture released on February 19, 2022 by the press service of the General Staff of the Ukrainian Armed Forces in an unknown location of Ukraine shows Ukrainian soldiers taking part in exercises on February 18, 2022. (Photo by Armed Forces of Ukraine / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / Ukrainian Armed Forces   - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS
Berlin et Paris appellent à quitter l'Ukraine
La France et l'Allemagne recommandent à tous leurs ressortissants de quitter le territoire ukrainien. La compagnie aérienne allemande Lufthansa a par ailleurs indiqué qu'elle suspendait ses vols vers Kiev et Odessa.

Le président américain Joe Biden a pour sa part convoqué le Conseil de sécurité nationale pour une réunion consacrée à la crise dimanche soir. Signe que la voie diplomatique reste ouverte, son secrétaire d'Etat Antony Blinken et son homologue russe Sergueï Lavrov doivent, eux, se rencontrer le jeudi 24 février.

Kiev et les Etats-Unis accusent la Russie d'avoir déployé 150.000 soldats aux frontières de l'Ukraine, Washington répétant que Moscou peut lancer une attaque «à tout moment» sur son voisin pro-occidental et cherche un casus belli.

«Tous les signes indiquent que la Russie prévoit une attaque complète», a abondé samedi Jens Stoltenberg, le chef de l'Otan, que Kiev souhaite rejoindre.

Réunion de crise à Washington

L'appel Macron-Poutine intervient alors que les tirs sur le front dans l'Est ukrainien ont connu une flambée spectaculaire ces derniers jours, les observateurs de l'OSCE signalant plus de 1.500 violations du cessez-le-feu entre jeudi et vendredi, un record cette année.

Au même moment, les armées de Moscou et Minsk sont censées terminer dimanche des manoeuvres militaires communes au Bélarus, voisin de l'Ukraine, des exercices débutés le 10 février et qui ont renforcé l'inquiétude des Occidentaux. Samedi, l'armée russe a également procédé, sous la supervision personnelle de Vladimir Poutine, à des tests de missiles pouvant porter des charges nucléaires.


European Council President Charles Michel speaks in a debate on European security and Russia�s military threat against Ukraine, during a plenary session at the European Parliament in Strasbourg, eastern France, on February 16, 2022. - The European Union on February 16 urged Russia to take "concrete" steps to ease tensions around Ukraine, as Moscow said it was pulling back more forces from the border. (Photo by FREDERICK FLORIN / AFP)
L'UE appelle la Russie à la désescalade
Alors que l'Ukraine célèbre ce mercredi une journée de l'unité, l'Union européenne appelle la Russie à mettre en œuvre des mesures concrètes pour apaiser les tensions avec l'Ukraine.

«Nous ne pouvons pas éternellement offrir un rameau d'olivier alors que la Russie effectue des tests de missiles et continue d'amasser des troupes» à la frontière ukrainienne, a réagi dimanche le président du Conseil européen Charles Michel.

Le Kremlin nie toute intention d'attaquer l'Ukraine, que Moscou veut faire revenir dans sa sphère d'influence. Mais la Russie conditionne la désescalade à des «garanties» pour sa sécurité, comme le retrait d'Europe de l'Est de l'infrastructure militaire de l'Otan et l'assurance que l'Ukraine n'adhèrera jamais à l'Alliance atlantique, des demandes inacceptables pour les Occidentaux.

Tirs soutenus sur le front

Sur le front, dans l'est de l'Ukraine, les combats redoublent. Kiev et les séparatistes soutenus par Moscou s'accusent mutuellement d'envenimer ce conflit qui a fait plus de 14.000 morts depuis 2014.

Renforçant l'inquiétude, les séparatistes prorusses ont annoncé samedi une «mobilisation générale» des hommes en état de combattre, après avoir ordonné l'évacuation de civils vers la Russie voisine, qui a affirmé dimanche en avoir accueilli plus de 40.000.


A local resident of the Ukrainian-controlled village of Stanytsia Luhanska, Luhansk region, walks among debris after the shelling by Russia-Backed separatists on February 18, 2022. - Eastern Ukraine was experiencing new shelling on February 18, 2022, the Ukrainian army and pro-Russian separatists accusing each other of using heavy weapons, an upsurge in violence that feeds fears of Russian invasion. (Photo by Aleksey Filippov / AFP)
Nouvelles attaques, un mort, accusations mutuelles
Les forces armées ukrainiennes et les séparatistes prorusses se sont mutuellement accusés samedi de violations graves du cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine, où les dernières attaques ont fait au moins un mort, alimentant les craintes d'une invasion russe.

Dans la nuit de samedi à dimanche, ils ont à nouveau accusé l'armée ukrainienne de dizaines de tirs violant le cessez-le-feu, au mortier et à l'obusier, et assurent que l'Ukraine prépare une attaque, ce que Kiev dément catégoriquement.

Les milices de la «république» séparatiste de Lougansk ont assuré avoir repoussé une attaque de militaires ukrainiens dimanche à l'aube, lors de laquelle, selon cette source, deux civils ont été tués. Une annonce qualifiée de «désinformation absolue» par Kiev.

«Nous soulignons que l'Ukraine ne prévoit pas d'offensive dans le Donbass», a assuré samedi soir le chef de l’ état-major ukrainien, Valeri Zalujny, dans un communiqué sur Facebook, accusant Moscou de «tuer des civils» pour avoir un prétexte d'intervenir comme «forces de maintien de la paix».


TOPSHOT - An Ukrainian soldier stands guard near debris after the reported shelling of a kindergarten in the settlement of Stanytsia Luhanska, Ukraine, on February 17, 2022. - U.S. Defence Secretary Lloyd Austin warned on February 17, 2022, of a provocation by Moscow to justify military intervention in Ukraine after "disturbing" reports of mutual accusations of bombing between the Ukrainian military and pro-Russian separatists. (Photo by Aris Messinis / AFP)
Craintes d'une intervention russe en Ukraine
Les craintes d'une intervention militaire russe en Ukraine se sont encore accentuées vendredi avec la multiplication des heurts entre séparatistes prorusses et forces ukrainiennes, un scénario de «provocations» selon les Etats-Unis.

Depuis près de trois mois, Washington n'a cessé de sonner l'alerte sur les préparatifs d'une offensive russe en Ukraine. Joe Biden s'était dit vendredi, pour la première fois, «convaincu» que Vladimir Poutine avait décidé d'envahir l'Ukraine «dans les prochains jours», et que la multiplication actuelle des heurts sur la ligne de front dans l'est du pays visait à créer une «fausse justification» pour lancer l'offensive.

Samedi, le président ukrainien avait exhorté les Occidentaux à cesser leur politique «d'apaisement» vis-à-vis de Moscou et à augmenter leur aide militaire à Kiev, «bouclier de l'Europe».

De son côté,  le Bélarus a annoncé dimanche que les exercices militaires conjoints avec la Russie menés sur son territoire, qui devaient se terminer ce 20 février, se poursuivraient en raison de l'aggravation des tensions en Ukraine voisine. «Compte tenu de la hausse de l'activité militaire près des frontières (...) et de l'aggravation de la situation dans le Donbass, les présidents du Bélarus et de la Russie ont décidé de poursuivre l'inspection des forces», a indiqué dimanche le ministère bélarusse de la Défense sur son compte Telegram.


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01.03.2022, Ukraine, Charkiw: Nach einem Raketeneinschlag vor dem Gebäude der regionalen Verwaltung in Charkiw auf dem Svobody-Platz (Freiheitsplatz) halten sich die Menschen am Zelt der Freiwilligen "Alle für den Sieg" auf. Foto: --/Ukrinform/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Le Kremlin a jugé lundi «prématuré» un sommet entre Vladimir Poutine et Joe Biden, douchant les espoirs suscités par l'annonce de la veille sur une telle rencontre pour désamorcer le danger d'une invasion russe de l'Ukraine.
(FILES) In this file photo taken on June 16, 2021 US President Joe Biden (R) and Russian President Vladimir Putin arrive for a US-Russia summit at Villa La Grange in Geneva. - US President Joe Biden has agreed in principle to a meeting with his Russian counterpart Vladimir Putin so long as Moscow does not invade Ukraine, the White House confirmed on February 20, 2022 after it was first announced by France. (Photo by SAUL LOEB / POOL / AFP)
Les craintes d'une intervention militaire russe en Ukraine se sont encore accentuées vendredi avec la multiplication des heurts entre séparatistes prorusses et forces ukrainiennes, un scénario de «provocations» selon les Etats-Unis.
TOPSHOT - An Ukrainian soldier stands guard near debris after the reported shelling of a kindergarten in the settlement of Stanytsia Luhanska, Ukraine, on February 17, 2022. - U.S. Defence Secretary Lloyd Austin warned on February 17, 2022, of a provocation by Moscow to justify military intervention in Ukraine after "disturbing" reports of mutual accusations of bombing between the Ukrainian military and pro-Russian separatists. (Photo by Aris Messinis / AFP)