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La parole est au roi Philippe
International 3 min. 17.08.2020 Cet article est archivé

La parole est au roi Philippe

Toute la Belgique politique est suspendue ce lundi à la réponse du roi Philippe face à l'échec des préformateurs Bart De Wever et Paul Magnette

La parole est au roi Philippe

Toute la Belgique politique est suspendue ce lundi à la réponse du roi Philippe face à l'échec des préformateurs Bart De Wever et Paul Magnette
Photo: AFP
International 3 min. 17.08.2020 Cet article est archivé

La parole est au roi Philippe

Max HELLEFF
Max HELLEFF
La réaction du souverain belge est particulièrement attendue ce lundi face à l'échec patent des négociations gouvernementales. La classe politique retient son souffle.

De notre correspondant, Max Hellef (Bruxelles) - Quelle attitude le roi Philippe observera-t-il ce lundi face à Paul Magnette et à Bart De Wever, les deux «missionnaires» qui viendront au Palais rendre compte de leur échec? C'est la question politique du jour. La réponse pourrait se traduire par un agacement public du souverain, selon certains médias.

Après avoir fait lanterner les deux préformateurs pendant trois jours, il pourrait cette fois leur «faire la tête». Le mécontentement royal mettrait une pression supplémentaire sur les partis incapables de former un nouveau gouvernement alors que le pays fait face à la «plus grave crise depuis la Seconde Guerre mondiale».


(From L) N-VA chairman Bart De Wever, King Philippe of Belgium and PS chairman Paul Magnette leave after a meeting with the King at the Royal Palace in Brussels, on July 31, 2020, regarding the formation of a new government after the federal elections of 26 May 2019. (Photo by NICOLAS MAETERLINCK / BELGA / AFP) / Belgium OUT
Semaine cruciale pour le duo Magnette-De Wever
Les négociations devraient s’intensifier pour tenter de convaincre les libéraux ou les verts de rejoindre la future coalition gouvernementale.

En fin de semaine dernière, le socialiste francophone Paul Magnette et le nationaliste flamand Bart De Wever ont jeté l'éponge. Les deux hommes qui avaient reçu du roi la mission de «préformer» la future coalition gouvernementale ont estimé qu’ils ne pouvaient réussir dans les conditions actuelles. Jusque-là, leurs chances d'aboutir semblaient pourtant grandes. Il ne leur restait qu'à trouver le partenaire nécessaire à la constitution d'une majorité à la Chambre. Les libéraux ou les Verts? Qu'importe, l'affaire semblait dans la poche. Mais le 13 août, les Verts et les libéraux – flamands comme francophones – ont sorti un communiqué commun dans lequel ils affirment leur opposition au projet mis à la négociation par les deux missionnaires.

Les deux familles politiques y font valoir que si elles «s'engagent pleinement à la recherche d'un gouvernement de plein exercice avec une majorité parlementaire», elles refusent en revanche de «prendre part à une surenchère qui les dresse l'une contre l'autre afin de déterminer qui peut rejoindre le prochain gouvernement». Elles s'inquiètent aussi des propositions faites par De Wever et Magnette en ce qui concerne le volet institutionnel: «Leur schéma conduit à rendre les institutions plus complexes et moins lisibles: un modèle qui n'est pas le nôtre...»

L'origine de l'échec

L'institutionnel, une fois de plus, serait donc à l'origine de cet échec. Selon certaines fuites, les négociations menées par Paul Magnette et Bart De Wever devaient porter sur la régionalisation du marché du travail, de la justice et de la police, de la mobilité, de la santé ou encore de la protection civile… Le très complexe mikado institutionnel belge aurait ainsi été remis sur le métier, plusieurs compétences étant à nouveau réparties entre le fédéral, les Régions et les Communautés. Cette septième réforme de l'Etat aurait permis aux Flamands, aux Bruxellois, aux Wallons et aux germanophones de reprendre à leur compte un rôle jusque-là attribué à l'État central.

Cinq partis étaient prêts à tenter l'aventure, rappelons-le. La N-VA de Bart De Wever, le PS de Paul Magnette ainsi que son pendant flamand le SP.A, ce trio étant rejoint par les chrétiens-démocrates flamands (CD&V) et par les humanistes francophones (CDH). Soit une minorité de 69 sièges sur 150 à la Chambre, que ne viendront donc pas renforcer les libéraux ou les Verts. L'échec est cuisant. Particulièrement pour Paul Magnette et Bart De Wever qui ont mis leur crédit personnel dans la balance en s'essayant à une alliance contre nature.


Belgian Socialist Party (PS) chairman Paul Magnette talks to journalists after a meeting of the party on February 2020, in Brussels. (Photo by THIERRY ROGE / BELGA / AFP) / Belgium OUT
Le PS de Paul Magnette serait prêt à négocier
La perspective de nouvelles élections s’éloignant, les socialistes n’auraient d’autre choix que de composer avec la N-VA de Bart De Wever.

Plusieurs alternatives déjà évoquées par le passé ont en conséquence repris des couleurs ces derniers jours. Le gouvernement minoritaire de Sophie Wilmès pourrait être rejoint momentanément par d'autres partis. Des coalitions précédemment testées pourraient être tentées à nouveau. Sans oublier bien sûr le retour éventuel aux urnes. 

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