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La pandémie pèse même sur le Brexit
International 3 min. 20.04.2020 Cet article est archivé

La pandémie pèse même sur le Brexit

La présidente du FMI, Kristalina Georgieva, réclame des délais raisonnables pour trouver un accord.

La pandémie pèse même sur le Brexit

La présidente du FMI, Kristalina Georgieva, réclame des délais raisonnables pour trouver un accord.
Photo : AFP
International 3 min. 20.04.2020 Cet article est archivé

La pandémie pèse même sur le Brexit

Les négociations entre l'Union européenne et le Royaume-Uni sur leur relation post-Brexit reprennent lundi. Mais la longue interruption pour cause d'épidémie de covid-19 rend incertaine la perspective d'un accord d'ici fin décembre.

(AFP) - Après un premier round de discussions début mars, les négociations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne ont été suspendues depuis six semaines. Mais la date butoir de juin, fixée par Londres pour évaluer les chances d'un accord de sortie de l'UE, se rapproche à grands pas. Le nouveau coronavirus a chamboulé les discussions. 

Il a d'abord frappé le négociateur du Brexit pour l'Union, Michel Barnier - ce qui a obligé l'équipe européenne d'une centaine de personnes à observer une quarantaine - puis touché son homologue britannique David Frost. Sans oublier le Premier ministre britannique, Boris Johnson, aujourd'hui en convalescence, après une hospitalisation en soins intensifs. Malgré une conjoncture percutée par la pandémie, le Royaume-Uni, divorcé de l'UE le 31 janvier, refuse toute prolongation de la période de transition au-delà de fin décembre, ce qui accroît le risque d'un échec pour trouver un cadre à la future relation.


European Commission's Head of Task Force for Relations with Britain Michel Barnier gives a press conference as he reports on the first round of EU-Britain negociations at the EU headquarters in Brussels on March 5, 2020. (Photo by Fran�ois WALSCHAERTS / AFP)
Un projet d'accord post-Brexit «ambitieux»
Le négociateur en chef de l'UE a envoyé ce vendredi aux Etats membres son rapport sur les discussions sur le Brexit. Michel Barnier se montre même optimiste et espère que sa note pourra servir de nouveau contrat commercial entre les Européens et le Royaume-Uni.

 Dans ce cas, les règles de l'OMC avec des droits de douane élevés et des barrières douanières s'appliqueraient entre le Vieux continent et l'ex-Etat membre. La patronne du FMI, Kristalina Georgieva, a plaidé pour une extension, appelant à ne pas «ajouter» à «l'incertitude» créée par la crise sanitaire. 

 Bien que le pays soit sous la menace d'une récession historique, selon l'organisme public OBR, avec une possible chute du PIB de 13% en 2020, Londres est resté sourd à cet appel. 

  Avec le corona, ça va être double choc pour les entreprises 

Les contraintes «techniques» des négociations qui se déroulent par visioconférence et «les répercussions économiques potentielles» d'une absence d'accord «pèsent fortement en faveur d'une extension», d'autant plus qu'un échec conduirait vraisemblablement «au plus dur de tous les Brexit, c'est-à-dire à un "no deal"», souligne Fabian Zuleeg, du European Policy Centre. «En même temps, jusqu'à présent, le Brexit n'a jamais correspondu avec le meilleur choix économique. Cela dépendra beaucoup du prix que Boris Johnson est prêt à payer pour ce qui est considéré au Royaume-Uni comme la souveraineté et l'indépendance» du pays, ajoute cet expert. 

«Le Brexit à la Johnson, c'est déjà un Brexit dur pour secouer l'économie. Avec le corona, ça va être double choc pour les entreprises», s'inquiète une source européenne proche des discussions. Car le choc de la pandémie s'ajoute à un processus déjà difficile où les deux parties n'ont pu que constater leurs désaccords sur la relation future à l'issue du premier round de discussions. 

Une semaine délicate

A commencer par la forme que celle-ci prendrait puisque les Britanniques souhaitent plusieurs accords (relation commerciale, pêche...) alors que l'UE en veut un global, notamment pour peser sur la négociation en avançant sur tous les sujets en même temps. Autre question litigieuse, celle des conditions de concurrence que l'UE veut «transparentes et équitables» pour empêcher qu'une économie dérégulée ne surgisse à sa porte.

La séquence qui s'ouvre lundi après-midi se prolongera toute la semaine. MM. Barnier et Frost devraient faire un point au début des pourparlers - avant que les équipes n'entrent dans le vif des sujets mardi - et à la fin vendredi, selon une source européenne.


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Le négociateur en chef de l'UE a envoyé ce vendredi aux Etats membres son rapport sur les discussions sur le Brexit. Michel Barnier se montre même optimiste et espère que sa note pourra servir de nouveau contrat commercial entre les Européens et le Royaume-Uni.
European Commission's Head of Task Force for Relations with Britain Michel Barnier gives a press conference as he reports on the first round of EU-Britain negociations at the EU headquarters in Brussels on March 5, 2020. (Photo by Fran�ois WALSCHAERTS / AFP)
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European Union chief Brexit negotiator Michel Barnier (R) and the British Prime Minister's Europe adviser David Frost speak at start of the first round of post-Brexit trade deal talks between the EU and the United Kingdom, in Brussels on March 2, 2020. (Photo by Olivier HOSLET / POOL / AFP)
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