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La mobilisation des «gilets jaunes» en recul

La mobilisation des «gilets jaunes» en recul

Photo: AFP
International 10 2 min. 18.11.2018

La mobilisation des «gilets jaunes» en recul

Des «gilets jaunes» se sont à nouveau rassemblés dimanche en France pour protester contre la hausse des taxes sur le carburant et même s'ils sont bien moins nombreux que la veille, ils ralentissent la circulation sur de nombreux axes routiers.

(AFP) – Des blocages mais surtout des barrages filtrants et des opérations escargot ont été observés dans plusieurs régions de France. Samedi, près de 290.000 personnes avaient manifesté sur 2.034 sites à travers le pays comme à Metz (lisez notre reportage).

«Des mouvements (...) se sont intensifiés sur le réseau Vinci autoroutes et aux abords des accès autoroutiers», a indiqué l'opérateur dans un point de situation en début d'après-midi, appelant les automobilistes à la «prudence». Outre les axes autoroutiers, plusieurs abords de zones commerciales ont été bloqués.

Le groupe Auchan évoque ainsi une vingtaine de sites touchés. «Nous constatons un essoufflement du mouvement (...) Ce sont cependant les éléments les plus motivés, parfois les plus durs qui sont restés mobilisés», a expliqué un porte-parole du groupe qui évoque des «rixes violentes» aux abords de centres commerciaux.


Les gilets jaunes à Metz: "Ce n'est que le début"
Ils étaient nombreux ce samedi à protester à travers le mouvement des "gilets jaunes" dans le Grand Est et notamment à Metz, où une large partie de l'autoroute A31 a été partiellement bloquée durant la journée. Nous étions dans la manifestation, découvrez notre reportage.

Dans le sud-est, les «gilets jaunes» perturbent la circulation dans plusieurs zones, notamment le Var et le Vaucluse. A l'entrée de Cavaillon (Vaucluse), quelques dizaines de gilets jaunes filtraient les voitures dimanche midi, a constaté l'AFP. Les manifestants ont déployé un drapeau français et chanté la Marseillaise.

«On est beaucoup de jeunes parce qu'on ne s'en sort plus. On travaille comme des forcenés et à un moment donné c'est stop. On ne vit plus, on fait de la survie», dénonce Emilie, une commerciale en agence interim âgée de 27 ans. «On veut faire payer l'État pour qu'il comprenne qu'il se mette un peu à notre place, qu'il essaie de comprendre qu'on est en galère», renchérit Damien, un chauffeur livreur de 22 ans.

Dans le Vaucluse, une dizaine de barrages ont été recensés, rendant notamment impossible l'entrée sur l'A7 à Avignon nord et sur l'A7 et l'A9 à Orange et Bollène. Sur l'A6, dans le sens Lyon-Paris, au péage de Limas au niveau de Villefranche-sur-Saône, des manifestants filtrent la circulation, entraînant un embouteillage de plusieurs kilomètres.


«Gilets jaunes»: plus de 400 personnes blessées, dont 14 gravement
Plus de 400 personnes ont été blessées, dont 14 gravement, dans les différents blocages organisés depuis samedi matin par les «gilets jaunes», a annoncé ce dimanche sur RTL le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. En Moselle, un gendarme a été blessé par un projectile.

«Macron desserre l'étau, on étouffe», affirme une banderole dans la banlieue de Nantes, à proximité de la principale zone commerciale de la ville. Environ 150 «gilets jaunes» occupent un rond-point, arrêtent les voitures et demandent aux conducteurs de mettre un gilet jaune pour les laisser passer.

A Caen, les forces de l'ordre sont intervenues dimanche matin pour lever deux points de blocage installés par des manifestants sur le périphérique de la ville. Une intervention motivée par des dégradations commises durant la nuit, avec l'incendie d'un radar et des feux de palettes sur la chaussée.

Un barrage filtrant a été mis en place sur le Pont de Normandie. Dans les Pyrénées orientales, des actions se poursuivent au péage du Boulou sur l'A9, dernier péage avant l'Espagne.

A Eurodisney, en Seine-et-Marne, des «gilets jaunes» ont lancé en milieu de matinée une opération parking gratuit. «Nous on veut prolonger le mouvement aujourd'hui, demain. On est plusieurs à avoir posé une semaine de vacances pour continuer», a déclaré à l'AFP Arnaud, 47 ans, fonctionnaire territorial.