Changer d'édition

La lente mais réelle féminisation du Parlement européen
Avec 36% de femmes pour la législature 2014-2019, le Parlement européen fait mieux que la moyenne des parlements nationaux, fixée en 2019 à 27,8%.

La lente mais réelle féminisation du Parlement européen

Crédit: EC - Service audiovisuel
Avec 36% de femmes pour la législature 2014-2019, le Parlement européen fait mieux que la moyenne des parlements nationaux, fixée en 2019 à 27,8%.
International 3 min. 21.05.2019

La lente mais réelle féminisation du Parlement européen

Depuis 1979, le nombre d'eurodéputées a doublé, mais les femmes y restent encore minoritaires, particulièrement aux postes clés.

Les femmes représentent actuellement un tiers (36%) des 751 élus au Parlement européen. Cette part a doublé en quarante ans de législatures. Les femmes ne constituaient que 16% de l'hémicycle en 1979, première élection au suffrage universel direct. Au parlement de Strasbourg, les femmes sont plus nombreuses que dans les assemblées des pays membres de l'Union, où elles ne représentaient en moyenne que 27,9% des députés en 2018, selon les données du Service de recherche du Parlement européen (EPRS). 

À l'échelle mondiale, le Parlement européen dépasse encore plus nettement la moyenne des parlements nationaux, actuellement établie à 24,3% de femmes par l'Union internationale des parlements (IPU). La Finlande (77%), l'Irlande (54,5%) et la Croatie (54,5%) composent le trio de tête des pays ayant la plus grande proportion de femmes parmi leurs eurodéputés. Malte et la Suède atteignent la parité (50%), et l'Espagne en est proche (48,1%). A l'autre bout du spectre, les femmes représentent moins de 20% des eurodéputés hongrois, lituaniens, bulgares, estoniens, chypriotes et roumains. 

En 2019, près d'un tiers (onze) des vingt-huit pays membres imposeront, à des degrés divers, des quotas femmes/hommes dans les listes électorales nationales pour les européennes, dont, pour la première fois, l'Italie, la Grèce et le Luxembourg. En 2014, seuls deux pays, parmi ceux qui appliquaient déjà des quotas, exigeaient la parité: la France, qui comptait 43,2% de femmes parmi ses eurodéputés, et la Belgique, qui n'a envoyé que 33,3% de femmes au Parlement européen. 

Seulement deux présidentes depuis 1979

Les quotas volontaires des partis politiques sont «parfois considérés comme plus efficaces que la 'voie rapide' des quotas légaux, à l'instar de la Suède, du Danemark et des Pays-Bas», constate l'EPRS. Les femmes demeurent minoritaires aux fonctions supérieures du Parlement. Seules deux femmes figurent parmi les 18 présidents qui s'y sont succédé. Figure du féminisme aussi bien que de l'Europe, Simone Veil a été la première à le présider, de 1979 à 1982, suivie par une autre Française, Nicole Fontaine, de 1999 à 2002. Actuellement, les eurodéputées occupent un tiers des sièges du bureau exécutif du Parlement, et président deux des onze groupes politiques. 


Moins d'un tiers des délégations de représentation du Parlement à l'international étaient confiées à des femmes députées en janvier 2018. Les femmes représentent en revanche près de 60% du personnel administratif du Parlement, qui comprend le secrétariat général, ceux des groupes politiques et les assistants parlementaires. Le Parlement européen reste plus féminisé que la Commission, la Banque centrale et le Conseil européen. Jamais occupée par une femme, la présidence de ces trois institutions est renouvelée à l'issue des élections européennes. 

En 2014, une partie des eurodéputés menaçait de retoquer la première formation proposée pour la Commission, qui comprenait quatre femmes commissaires sur vingt-huit. Son président, Jean-Claude Juncker, qui se plaignait lui-même que les États-membres ne lui soumettent pas suffisamment de candidates, a finalement réuni neuf femmes, soit autant que l'exécutif précédent.

Cette année, les partis politiques ont quasiment tous désigné des hommes comme chefs de file («Spitzenkandidaten») en vue de présider la Commission. Seuls trois d'entre eux ont nommé une femme parmi leurs représentants : le Parti vert européen avec l'Allemande Ska Keller, le Parti de la gauche européenne avec la Slovène Violeta Tomic et l'Alliance des démocrates et libéraux avec la Danoise Margrethe Vestager.

Lors du dernier débat entre chefs de file européens, seules deux femmes étaient présentes: l'Allemande Ska Keller et la Danoise Margrehe Vestager.
Lors du dernier débat entre chefs de file européens, seules deux femmes étaient présentes: l'Allemande Ska Keller et la Danoise Margrehe Vestager.
Photo: DPA



Sur le même sujet

Qui sont les 60 candidats pour les européennes?
Le 26 mai, les électeurs luxembourgeois devront élire leurs six représentants au Parlement européen. Un choix qui devra se faire entre 10 partis qui présentent tous, loi sur la parité oblige, autant d'hommes que de femmes. Tour d'horizon exhaustif.
Politik, Wirtschaft, Online, Lokales, Wahlen, Europawahlen, Wahlplakate Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort
Le successeur de Juncker se trouve parmi eux
Dans le cadre des élections européennes, les représentants des six principaux groupes politiques du Parlement européen ont fourbi leurs armes mercredi dans un débat télévisé parfois mouvementé et retransmis dans les 28 pays. Tous espèrent devenir le futur président de la Commission.
(From L) Candidates for the upcoming the European Commission president elections Czech Jan Zahradil of Alliance of Conservatives and Reformists in Europe (ACRE), Spanish Nico Cue of European Left (EL), German Ska Keller of the European Green Party (EGP) Danish Margrethe Vestager of the Alliance of Liberals and Democrats for Europe (ALDE), Dutch Frans Timmermans of the Party of European Socialists (PES) and German Manfred Weber of European People�s Party (EPP) pose ahead of the Eurovision presidential debate at the European Parliament in Brussels, Belgium, on May 15, 2019. (Photo by Aris Oikonomou / AFP)
Tout savoir sur les programmes des européennes
Dix partis participent à la campagne électorale afin de figurer parmi les six représentants luxembourgeois au Parlement européen. Pour permettre aux électeurs de se faire un avis, le «Luxemburger Wort» présente les idées défendues dans six thématiques. Ce vendredi, détail des idées défendues sur l'environnement et le climat.
ARCHIV - 27.04.2019, Sachsen, Dresden: Zahlreiche Europa-Fähnchen sind in einem Eimer am Stand der Pulse of Europe verstaut, während auf dem Neumarkt die Pulse of Europe-Demonstration vor der Europawahl 2019 stattfindet. (zu dpa "Der Kampf ums Geld - «Wer bezahlt Europa?") Foto: Daniel Schäfer/dpa +++ dpa-Bildfunk +++