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La jeunesse défie les autorités belges
International 4 3 min. 05.04.2021 Cet article est archivé

La jeunesse défie les autorités belges

Les récents affrontements à Bruxelles, au bois de la Cambre, ont marqué un pas dans le refus des règles sanitaires.

La jeunesse défie les autorités belges

Les récents affrontements à Bruxelles, au bois de la Cambre, ont marqué un pas dans le refus des règles sanitaires.
Photo : AFP
International 4 3 min. 05.04.2021 Cet article est archivé

La jeunesse défie les autorités belges

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Les fêtes se multiplient au mépris des règles sanitaires, menaçant les objectifs de santé publique du gouvernement De Croo.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Ce week-end, les forces de l’ordre anversoises ont mis fin à une fête clandestine dans un immeuble de la Noorderlaan, non loin d'un commissariat de police. Vingt-trois personnes ont été mises à l’amende pour non-respect des mesures anti-covid. Auparavant, des jeunes avaient été pris en train de faire la fête dans un train au départ de Louvain-la-Neuve. Si elle a condamné les faits, la société de chemin de fer SNCB a toutefois décidé de ne pas entamer de poursuites.


Musee d'Art Moderne, MUDAM, Musee Trois Glands, Musee Drai Eechelen, Foto Lex Kleren
Les Trois Glands à nouveau fermé au public
A compter de ce lundi, le domaine situé au Kirchberg ne sera plus accessible entre 18h et 6h. Une décision motivée par des rassemblements organisés sur place malgré les mesures sanitaires en place.

Ces derniers jours, l’attention du monde politique et des médias s’est portée sur la jeunesse et sa capacité à respecter ou non les règles sanitaires. Les photos montrant des policiers au visage ensanglanté et de jeunes fêtards menottés au bois de la Cambre ont fait le tour des journaux, désignant un nouvel enjeu dans cette crise qui n’en finit pas. L’affrontement s’est trouvé une héroïne en la personne d’une jeune femme percutée de plein fouet par les chevaux de la police lancés au galop. Cette scène violente a fait l’objet d’une vidéo devenue aussitôt virale.

Pour tenter de calmer le jeu, la ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden publie une lettre ouverte dans laquelle elle appelle les jeunes à tenir bon: «Vous êtes jeunes. Vous avez la vie devant vous, le monde à vos pieds (…) Bien sûr, s’il existait un bouton censé résoudre tout d’un seul coup, j’aurais appuyé dessus depuis longtemps». Mais, poursuit la ministre, «je veux vous demander d’y mettre du vôtre une fois de plus. Pour montrer pourquoi vous êtes l’avenir.»

Ce message n’est pas sans en rappeler un autre, lancé cette fois par Alexander De Croo en janvier dernier. Le Premier ministre y demandait aux jeunes de produire un dernier effort pour voir enfin le «bout du tunnel».

Las, entre ces deux appels, la situation sanitaire n’a eu de cesse de se dégrader. Ce lundi de Pâques, 2.921 patients atteints du covid-19 sont hospitalisés sur le territoire belge, selon les données publiées par l’Institut de santé publique Sciensano. 832 malades se trouvent aux soins intensifs, soit une légère hausse par rapport à la veille. Les décès augmentent (+4,1%, soit au total 23.169 à ce jour). Les contaminations diminuent en revanche légèrement.

Ce tableau ne laisse d’autre choix aux autorités que de continuer à imposer le respect des règles sanitaires. Leur objectif reste de ne pas atteindre l'occupation des mille lits en soins intensifs, un cap perçu comme dangereux en termes de gestion de la pandémie. Or le virus se propage aussi chez les jeunes, qui le ramènent dans leur famille.

Mais la jeunesse n’en relève pas moins les contradictions des messages lancés par le politique. Il y a quelques semaines, Alexander De Croo leur demandait ainsi de s’égayer dans la nature au nom de son «plan plein air» - passé depuis aux oubliettes. Quant aux scientifiques, ils confirment la propension du virus à se propager bien davantage en intérieur qu’à l’extérieur.

Mais le risque zéro n’existe pas. En plein air ou non, les contacts entre fêtards imbibés produisent aussi leur lot de contaminations. D’où l’insistance du gouvernement à faire observer les règles à l’entame de ces vacances de Pâques. En face, c’est le ras-le-bol. Pour les jeunes, les derniers mois ont été synonymes de cours en distanciel et souvent de solitude. Toutefois, si la situation sanitaire ne se dégrade pas à nouveau, l’enseignement supérieur pourra reprendre en «code orange» le 19 avril. Ce code signifie que 80% des cours se donneront à distance et 20% seulement en auditoire.

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