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La Grande-Bretagne s'approche de la sortie de l'UE
International 3 min. 29.06.2014 Cet article est archivé
Après la défaite de Cameron contre Juncker

La Grande-Bretagne s'approche de la sortie de l'UE

Jean-Claude Juncker et David Cameron assistant à un sommet de l'UE à Bruxelles, le 28 octobre 2010
Après la défaite de Cameron contre Juncker

La Grande-Bretagne s'approche de la sortie de l'UE

Jean-Claude Juncker et David Cameron assistant à un sommet de l'UE à Bruxelles, le 28 octobre 2010
Photo: Reuters
International 3 min. 29.06.2014 Cet article est archivé
Après la défaite de Cameron contre Juncker

La Grande-Bretagne s'approche de la sortie de l'UE

La bataille perdue de David Cameron contre Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne accroît le risque que les Britanniques décident de sortir de l'UE.

La bataille perdue de David Cameron contre Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne accroît le risque que les Britanniques décident de sortir de l'UE, à moins que leur Premier ministre n'arrive à obtenir des réformes de l'Union, soulignent les experts.

Le dirigeant conservateur, qui s'est engagé s'il était réélu en 2015 à organiser un référendum sur l'appartenance de son pays à l'UE en 2017 après avoir renégocié les termes de cette relation, a reconnu lui-même que la tâche de maintenir son pays dans l'UE était désormais plus compliquée.

Ses opposants politiques se sont empressés de souligner l'"humiliation" subie et son "isolement".

Mais au Royaume-Uni, pays dont le traditionnel euroscepticisme a atteint de nouveaux sommets avec la victoire de l'Ukip europhobe aux élections européennes de mai, les principaux partis étaient unanimes dans leur opposition à Juncker, vu comme trop fédéraliste.

Quelque 43% des électeurs estimaient que David Cameron avait raison d'essayer de bloquer la nomination de l'ex-Premier ministre luxembourgeois, seuls 13% le désavouant, selon un sondage Financial Times/Populus publié cette semaine.

Risque de 'Brexit'

"L'épisode Juncker est clairement une défaite importante pour David Cameron, et sans un remède à cela, il augmente le risque d'un Brexit (contraction de +British exit+, sortie de l'UE)", estime Mats Persson, directeur de l'institut londonien Open Europe.

Les journaux britanniques soulignaient tous samedi ce risque, à l'instar du Times qui avertit en une que "La Grande-Bretagne s'approche de la sortie de l'UE".

"Cependant, c'est loin d'être la fin de l'histoire pour obtenir des réformes européennes d'envergure", tempère Mats Persson.

Selon cet expert, la perception d'un risque accru d'un départ britannique de l'UE pourrait amener les dirigeants européens à se ranger derrière Cameron, qui doit maintenant redoubler d'efforts pour exposer les réformes et le rapatriement de compétences qu'il souhaite.

Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, qui s'est rallié à la candidature de Jean-Claude Juncker après avoir été sur la même ligne que celle de M. Cameron, s'est dit disposé sur la BBC à "faire des efforts supplémentaires" pour répondre aux exigences britanniques.

Le sommet du 16/7: un moment-clé

Un moment clé devrait être le prochain sommet du 16 juillet, où va se décider l'attribution des autres postes européens de premier plan. Le Royaume-Uni pourrait hériter d'un poste-clé, ou un de ses alliés se voir confier un rôle comme la présidence du Conseil européen, actuellement occupée par le Belge Herman Van Rompuy.

La capacité de David Cameron à obtenir des changements avant le référendum dépendra aussi paradoxalement de ses relations avec Juncker, qu'il n'a cessé de critiquer ouvertement.

David Cameron, qui milite pour le maintien de son pays dans une UE réformée, doit obtenir des résultats sur deux points cruciaux, indique Simon Hix, politologue de la London School of Economics (LSE): des réformes concernant le marché unique et des exemptions pour son pays de certaines législations européennes.

Car les Britanniques, s'ils reconnaissent les vertus d'une union économique, sont plus que réticents à la construction d'une Europe politique et à des abandons de souveraineté.

Selon Simon Hix, l'épisode Juncker est un "désastre pour l'avenir de la relation du Royaume-Uni avec l'UE".

"Cela va renforcer les députés conservateurs les plus eurosceptiques, qui vont dire +vous voyez, l'Europe ne peut pas se réformer et notre tentative d'obtenir une nouvelle relation pour le Royaume-Uni va échouer+", explique-t-il.

"Nous devons confronter la réalité et sortir du déni", a estimé le député conservateur eurosceptique Bernard Jenkin. "Il n'y a aucun appétit en Europe pour une réécriture substantielle des traités".

"Si le reste de l'UE continue d'être aussi insensible aux besoins du Royaume-Uni, davantage d'électeurs tireront leurs propres conclusions sur l'attrait de notre appartenance" à l'Union, écrit un autre député conservateur eurosceptique, John Redwood.

Un sondage You Gov publié le 20 juin donnait les partisans d'une sortie de l'UE et ceux d'un maintien à égalité (39%), avec 15% d'indécis.


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