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La France ferme sa plus vieille centrale nucléaire
International 2 min. 19.02.2020 Cet article est archivé

La France ferme sa plus vieille centrale nucléaire

Fessenheim avait été mise en service en 1977; neuf ans avant Cattenom.

La France ferme sa plus vieille centrale nucléaire

Fessenheim avait été mise en service en 1977; neuf ans avant Cattenom.
Photo : AFP
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La France ferme sa plus vieille centrale nucléaire

Le réacteur n°1 du site de Fessenheim, en Alsace, doit être définitivement arrêté samedi. Première étape sur le long chemin du démantèlement de la doyenne des installations nucléaires françaises.

(pj avec AFP) Mise en service en 1977, la centrale nucléaire de Fessenheim aura connu six présidents de la République, de Valéry Giscard d'Estaing à Emmanuel Macron, en passant par François Hollande. C'est ce dernier qui, dès 2011, avait annoncé la fin de l'exploitation du site alsacien. Près d'une décennie après cette promesse, le réacteur n°1 va cesser toute activité samedi; le réacteur n°2 faisant de même le 30 juin prochain.

Ces dates ont été entérinées mercredi, avec la parution au Journal officiel d'un décret qui «abroge l'autorisation d'exploiter la centrale nucléaire de Fessenheim dont EDF est titulaire».

La France compte le 2ème parc mondial de centrales nucléaires, juste derrière les Etats-Unis.
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Illustration

Bâtie à la frontière entre France et Allemagne, non loin de la Suisse, la centrale de Fessenheim était devenue le symbole de tous les dangers de l'atome pour les antinucléaires des trois pays. Ces derniers n'ont cessé de pointer, outre le vieillissement qui complexifiait le remplacement de certaines pièces, une situation en contrebas du grand canal d'Alsace et dans une région à la sismicité avérée.

Dans un paysage français où les centrales nucléaires assurent 70% de la production d'énergie - la plus forte proportion au monde - douze autres réacteurs, sur les 58 que compte la France, doivent être arrêtés d'ici 2035. Une mesure qui n'entraînera pas de fermeture de centrale complète, comme à Fessenheim. 2035, c'est justement la date choisie de prolongement d'activité de la centrale nucléaire de Cattenom.


Kernkraftwerk Cattenom - Photo : Pierre Matgé
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L'annonce en a été faite en ce début 2020, non sans soulever la colère du ministre de l'Energie luxembourgeois, Claude Turmes (Déi Gréng). Celui-ci compte rappeler à ses voisins français que même si Paris dispose de la souveraineté nationale pour mener à bien sa politique énergétique, le pays doit se plier à certaines règles de consultations transfrontalières. «Il s'agit de respecter la convention Espoo et une directive européenne sur l'évaluation des incidences», indique-t-on au ministère.

Ainsi, Cattenom par son utilisation de l'atome, ses rejets aériens ou son usage des eaux de la Moselle constitue une source de modification de l'environnement des territoires et habitants autour de ses quatre réacteurs. La loi Espoo a déjà été employée en Ukraine pour que la mise en service d'une installation à risque soit soumise à consultation, le Luxembourg estime qu'il devrait en être de même dans le cas du site de production électrique lorrain.

L'exemple belge

A l'été 2019, l'arrêt de la Cour européenne de justice concernant la centrale nucléaire de Doel, va également dans ce sens. Les magistrats, en poste au Kirchberg, avaient estimé que les exploitants des installations n'avaient pas respecté l'obligation de soumettre leur dossier de prolongation de l'activité aux voisins néerlandais et luxembourgeois. «Le but n'est pas de stopper le fonctionnement de Cattenom, mais d'avoir toutes les informations possibles. C'est un gain de transparence», insiste le ministère de l'Energie du Grand-Duché.


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ARCHIV - 26.02.2016, Belgien, Doel: Hinter der Windmühle von Doel bei Antwerpen steigt Dampf aus dem Kernkraftwerk Doel. (zu dpa «EuGH urteilt über Laufzeitverlängerung belgischer Atommeiler») Foto: Oliver Berg/dpa +++ dpa-Bildfunk +++