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La droite à la conquête de la Commission de Bruxelles
International 3 min. 07.06.2019

La droite à la conquête de la Commission de Bruxelles

Manfred Weber, candidat pour le PPE à la succession de Jean-Claude Juncker à la Commission.

La droite à la conquête de la Commission de Bruxelles

Manfred Weber, candidat pour le PPE à la succession de Jean-Claude Juncker à la Commission.
Photo: AFP
International 3 min. 07.06.2019

La droite à la conquête de la Commission de Bruxelles

La droite européenne s'est mise en ordre de bataille pour prendre la présidence de la nouvelle commission de Bruxelles et bloquera toute autre candidature, au risque de faire échouer le sommet des nominations de l'UE les 20 et 21 juin.

AFP - Son candidat, le Bavarois Manfred Weber, a été réélu mercredi haut la main à la présidence du groupe PPE (Parti populaire européen, droite) au Parlement européen. Cette position lui permet de mener les négociations avec les autres groupes politiques pour former une coalition.


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Les pourparlers vont commencer le 12 juin sur cinq thématiques: le climat, l'économie et le social, le numérique, les migrations et la défense. L'idée est de proposer pour le 17 juin, avant le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement, un programme de travail pour le mandat de la prochaine commission approuvé par les quatre grands groupes pro-européens du Parlement: PPE, Socialistes, Libéraux et Verts.

Le PPE surpuissant

«Ce ne sera pas facile, car les Verts sont très stricts sur certains sujets», a souligné un représentant du PPE. «Nous allons mesurer dans les prochaines semaines si les professions de foi et les déclarations d'intention des autres groupes se traduisent dans des faits», a confirmé à l'AFP le co-président des Verts, Philippe Lamberts.

Les quatre groupes constituent une majorité confortable au Parlement européen, mais rien ne pourra se faire contre le PPE, la plus importante force avec 179 élus. «Le PPE est uni derrière son candidat au sein du Conseil et au Parlement», soutiennent les dirigeants de la droite.

«Nous sommes le plus important groupe au Parlement, nous avons une majorité au Conseil. Nous demandons la présidence de la Commission. Pour tous les autres postes, nous pouvons négocier», affirment-ils.

«Le PPE ne votera pas pour un autre candidat. Il votera contre tous les autres candidats», assurent ses dirigeants. «Ils sont puissants», reconnaît le représentant d'un grand Etat membre. «Ils sont incontournables pour toute majorité et je vois mal comment les empêcher d'obtenir la présidence de la Commission européenne», a confié à l'AFP un responsable politique européen.

Défaite pour le camp libéral

Manfred Weber, 46 ans, est, selon certains, le talon d'Achille de la famille. La France considère qu'il n'a ni l'envergure ni l'autorité pour succéder à l'ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, 64 ans.


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Les élections en Finlande et au Danemark ont toutefois rééquilibré les rapports de force autour de la table du Conseil. Le camp libéral, seul opposé au système du «spitzenkandidat» (prétendant élu par les familles politiques), perd deux chefs de gouvernement et les sociaux-démocrates en retrouvent deux.

Dans le détail, le PPE compte 8 chefs d'Etat ou de gouvernement en activité, mais le Hongrois Viktor Orban est opposé à Manfred Weber, les sociaux-démocrates passent de 5 à 7 et les libéraux de 9 à 7. Six autres dirigeants n'appartiennent à aucune de ces trois grandes familles.

«Game of Thrones»

Le prochain président de la Commission européenne devra obtenir la majorité qualifiée de 21 des 28 membres au Conseil et au moins 376 voix lors du vote prévu la deuxième quinzaine du mois de juillet au Parlement européen. Six dirigeants de l'UE - 2 PPE, 2 sociaux -démocrates et 2 libéraux - vont chercher un compromis lors d'un dîner vendredi à Bruxelles.

Mais il ne faut pas attendre d'accord sur un nom, ont confié plusieurs responsables européens. Un retrait de Manfred Weber en faveur d'une autre personnalité membre du PPE pourrait débloquer la situation.


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Les tractations pour désigner les nouveaux dirigeants des institutions européennes vont commencer mardi entre les chefs d'Etat et le Parlement européen, engagés dans une lutte de pouvoir à l'issue incertaine.

«Mais les dirigeants du PPE ne sont pas dans cet état d'esprit pour le moment», ont reconnu les représentants de plusieurs Etats membres. Outre la Commission, trois autres postes de pouvoir sont en jeu: les présidences du Parlement, du Conseil et le chef de la diplomatie européenne.

L'extrême droite peut faire pencher la balance

La présidence de la Banque Centrale Européenne (BCE) ne fait pas partie des tractations. La possibilité de convoquer un sommet européen le 30 juin, en cas d'échec du sommet des 20 et 21 juin, était évoquée jeudi au sein des institutions européennes.

«Si aucune majorité stable ne se dégage au Parlement européen, l'extrême droite, qui représente 25% des élus du Parlement mais est pour le moment marginalisée, sera en mesure de faire pencher les majorités, ce qui serait totalement irresponsable», a averti Philippe Lamberts.

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