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La démocratie fatiguée
International 2 min. 10.02.2022 Cet article est archivé
Chronique de l'élection présidentielle en France

La démocratie fatiguée

Chronique de l'élection présidentielle en France

La démocratie fatiguée

International 2 min. 10.02.2022 Cet article est archivé
Chronique de l'élection présidentielle en France

La démocratie fatiguée

Le regard hebdomadaire de notre chroniqueur Gaston Garré sur l' élection présidentielle en France.

Par Gaston Carré

C’était une première: la «primaire populaire» de la gauche, au terme de laquelle le «peuple» a chargé Christiane Taubira, ministre de la Justice au temps de François Hollande, de porter ses couleurs dans la course à l’Elysée. Rappelons qu’il s’agissait, fin janvier, d'une consultation citoyenne en ligne à laquelle s’étaient inscrites près de 467.000 personnes pour choisir leur propre champion parmi sept coureurs issus des différents camps de gauche, écologiste, socialiste et insoumis. Prenant acte de leur refus de s’entendre sur une candidature unique, seul recours pour une présence au second tour, cet électorat d’un type nouveau a procédé, de sa propre initiative, à cette unification dont Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon notamment ne veulent pas. 

La «primaire populaire» s’avère calamiteuse par ses effets.

La «primaire populaire» s’avère calamiteuse par ses effets: les candidats en lice ayant déclaré ne pas s’incliner devant Taubira, cette gauche qui voulait une candidature unique se retrouve avec une candidate en plus. Mais c’est son principe surtout qui sollicite l’attention: ce vote d’un type inédit est, peut-être, le soubresaut d’une démocratie qui en ses formes traditionnelles semble fatiguée. D’aucuns la disent épuisée, et affirment que les partis politiques même sont obsolètes. Qu’à la démocratie verticale, ou pyramidale, avec ses relais institutionnels, la modernité numérique va substituer une démocratie horizontale, spontanée et interconnectée. 


French far-right Rassemblement National (RN) party presidential candidate Marine Le Pen reacts after her speech during a campaign rally in Reims, eastern France, on February 5, 2022. - French voters go to the polls in April 2022 for a presidential election. (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
Marine Le Pen veut en découdre pour la troisième fois
Elle a une rude concurrence à l'extrême droite. Mais pour son premier meeting, Marine Le Pen s'en est surtout pris à Emmanuel Macron.

Soit. Mais qu’importe la forme, en politique, quand s’efface l’aspiration qui la fonde? Qu’importe le flacon, quand indiffère son contenu? Où est, à deux mois de l’élection présidentielle, ce désir de politique qui fut, de nos voisins, la marque historique? On cherche, et on ne voit guère. 

Ce qu’on voit, c’est un candidat, Eric Zemmour, aux yeux duquel l'obsession identitaire fait figure de programme électoral. 

Une candidate, Valérie Pécresse (LR), qui considère le kärcher comme un instrument de gouvernement, ou une Le Pen prônant une souveraineté d’un autre âge. On voit, en face, une gauche un peu niaise, dont les archaïsmes rhétoriques et idéologiques ont contribué à l’obsolescence générale. On voit, face à cette offre affligeante, des électeurs démobilisés. 


French President Emmanuel Macron delivers a speech at the GE Steam Power System main production site for its nuclear turbine systems in Belfort, eastern France, on February 10, 2022, as part of a visit dedicated to energy policy and the future of the country's atomic industry, which provides around 70 percent of French electricity. - French President Emmanuel Macron is set to throw his support behind a massive nuclear power plant programme during his visit, despite concerns about the cost and complexity of building new reactors. (Photo by Jean-Francois Badias / POOL / AFP)
Macron accélère dans le nucléaire
Emmanuel Macron a annoncé jeudi un vaste plan de relance du nucléaire civil, avec la construction de 6 à 14 réacteurs pour 2050, et l'essor de l'éolien marin, mais un coup de frein sur les éoliennes terrestres.

Une fatigue, oui. Comme si les Français abandonnaient aux ronces une maison commune en ruines. Une maison qui cinq ans encore sera occupée par Emmanuel Macron. Un Macron un peu seul, élu par un électeur sur quatre. Un sur quatre, parmi les Françaises et les Français qui auront bien voulu se rendre aux urnes.

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