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La cybercriminalité tourne au fléau en Belgique
International 3 min. 09.08.2022
Sécurité

La cybercriminalité tourne au fléau en Belgique

Les policiers encouragent désormais au dépôt de plaintes. Trop d'arnaques sont couvertes par le silence des victimes.
Sécurité

La cybercriminalité tourne au fléau en Belgique

Les policiers encouragent désormais au dépôt de plaintes. Trop d'arnaques sont couvertes par le silence des victimes.
Photo: dpa
International 3 min. 09.08.2022
Sécurité

La cybercriminalité tourne au fléau en Belgique

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Les statistiques alarmantes rapportées durant les confinements sont confirmées par les dernières données.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Chaque époque engendre sa criminalité et le covid n'a pas démenti la règle en faisant le nid du banditisme 2.0. L'an dernier, à la même époque, les chiffres de la cybercriminalité crevaient tous les plafonds en Belgique. Aujourd'hui, selon les dernières données de la police fédérale, cette tendance est largement confirmée.


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Quelque 47.560 infractions en matière de criminalité informatique ont été enregistrées en 2021 (+ 6,9 % par rapport à 2020, mais +26,6% entre 2019 et 2020).

Les faits les plus courants concernent le blocage d'un ordinateur avec un logiciel malveillant, la propagation de virus, le hacking et le phishing (qui vise à obtenir les données personnelles d'un utilisateur par la ruse). Le phishing est qualifié de «norme fréquente de criminalité informatique».

La fraude sur internet (liée aux achats en ligne, à l'identité, à l'amitié,...) est, elle aussi, en hausse, mais légère (+3,7 %).

Sans surprise, ce sont les nouvelles pratiques liées à l'informatique et leur intensité qui engendrent la cybercriminalité. Durant les confinements, une grande partie des Belges ont passé des milliers d'heures sur leur clavier. Certains d'entre eux ont manqué de vigilance et ont ouvert la porte à toute une série d'arnaques en ligne. Le rapport de cause à effet est flagrant.

Une police en retard

«L'avenir est digital, y compris pour la criminalité. La tendance de ces dernières années se poursuit: les criminels utilisent de plus en plus internet pour se livrer à leurs activités criminelles», fait valoir la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden. «La police n'est toutefois pas à la traîne. Ces prochaines années, nous allons continuer d'investir dans les technologies de l'information et de la communication, et recruter des profils spécialisés


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La ministre pratique la méthode Coué. Car dans les faits, la police est bien en retard sur les cybercriminels qui jouent la plupart du temps la partie à distance et ne peuvent être arrêtés sans une intense collaboration internationale. Encore faut-il ne pas avoir affaire à des États voyous, qui tirent accessoirement parti des pratiques délictueuses exercées sur leur sol.

Et puis, il y a le problème des moyens et des hommes. La police peine à recruter les bons profils, ceux qui auront les qualités pour remonter tout au bout de l'internet afin d'y démasquer les pirates.

Les violences sexuelles en nette hausse

Les policiers encouragent désormais au dépôt de plaintes. Trop d'arnaques sont couvertes par le silence des victimes, soit par honte, soit parce qu'elles ont elles-mêmes espéré un moment retirer un bénéfice de la manipulation. Or, une plainte déposée peut être suivie d'une enquête qui préservera les traces informatiques et permettra peut-être de remonter à la source de la fraude. «On voit le résultat, car dès la prise de plainte, les victimes savent quelles informations sont indispensables, c'est du temps gagné», explique Olivier Bogaert, le chef du service policier spécialisé en cybercriminalité.  En outre, un service recourant à des «scruteurs» du dark web s'intéresse plus particulièrement au revenge porn (la publication de vidéos ou photos à caractère pornographique dans le but de causer du tort à la personne qui y figure) avec pour conséquence une augmentation du nombre de dossiers traités.

La cybercriminalité prend le pas sur d'autres formes de crime. C'est ainsi que les cambriolages à l'ancienne poursuivent la diminution amorcée dès le début de la pandémie. En revanche, les autorités judiciaires mettent l'accent sur les violences sexuelles en nette hausse, décrites comme «une autre pandémie». Celles-ci n'ont eu de cesse d'augmenter au cours des dernières années, ce que reflète l'augmentation sensible des plaintes.

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